f'yropédie, VI
• Blbliogrraphle :
Kditions générales : de Stullbaum (10 vol., Leip/ig. Teubner]* avec prolégomènes et commentaires en latin, plusieurs fois réimprimée de 1837 à 1877; de Hirtzig-Schneider (Bibl. Didot); de G.-F. Hermann (Bibl. Teubner); de M. Schanz (Leipzig?, Tauchnitz, 1875 et années suiv.), importante pour la critique du texte. — Éditions particulières nombreuses; à mentionner particulièrement celle de la République, par Jowett et Lewis
LA PHILOSOPHIE ATTIQUE
des œuvres lyriques, des tragédies. En même temps, il cherchait une culture scientifique supérieure auprès du philosophe Gratyle, disciple d'Heraclite. Mais, dès Tûge de vingt ans, il rencontra Socrate, auquel il s'attacha aussilùt sans partage. Cette première rencontre dut avoir lieu vers 408. Il eut donc huit ou neuf ans à jouir des entretiens de l'incomparable causeur. Nul doute qu'il ne lui ait donné durant cette période la plus grande partie de son temps. La vie politique ne pouvait l'attirer. Diogène Laërce dit qu il avait la voix faible ; il manquait donc de la première qualité physique de l'orateur. Mais surtout son Ame d'idéaliste était la moins propre qui se pût voir aux besognes contingentes et parfois grossières de la réalité. Au moment de la mort de Socrate, Platon était malade : il ne put assister aux derniers moments de son maître*. Le séjour d'Athènes devenait intolérable, sinon dangereux, pour tous les sociatiques, qui se dispersèrent. Platon se rendit d'abord à Mégare. auprès d'Euclide. Puis, pendant les dix ou douze années suivantes, il fit de grands voyages : à Cyrène, en Italie, en Egypte. L'influence de ces voyages sur sa pensée fut considérable. A Cyrène, il vit le mathématicien Théodore, (pii figure dans le Théétète ; en Italie, les pythagoriciens Philolaos, Archylas, Timée ; en Egypte, il sentit le mystère d'une civilisation très antique et très religieuse. Socralr, à qui Athènes suffisait, n'aurait pas eu même l'idée de e ■> voyages : Platon y trouva quelques-uns des éléments ess» n-
Campbell, Oxford, 1894, et celle du Phédon, par Couvn iir, Paris, 1893.
Trad. françaises de Cousin, de Chauvet et Saisset.
A consulter :
Chaignet, la Vie et les Écrits de Platon, Paris, 1871 ; tir, te. Plato and the other companîons of Sacrales, Londres, 181"); Ch. Huit, la Vie et VŒuvre de Platon, Paris, 1893; A. Fouillée, la Philosophie de Platon, Paris, 1869 (2* éd., très augmentée, 1888).
i. PhédoH, p. 59, B.
tiels qu'il devait faire entrer dans la riche CL'nplexité de sa philosophie. Il avait environ quarante ans lorsqu'il fut appelé en Sicile pour la première fois par Denys l'Ancien, tyran de Syracuse, à l'instigation de Dion, beau-frère de Denys. L'honnête Dion, ami des pythagoriciens de la (irande-Grèce, comptait sur Platon pour rendre la vertu aimable au tyran. Mais l'aventure finit par une brouille ^ Platon rentra dans Athènes et se mit à enseigner dans le gymnase de l'Académie. Socrate causait partout, au hasard de ses promenades. Platon prit l'habitude de rencontrer ses disciples et ses amis tous les jours au même endroit: l'enseignement de la philosophie commençait à s'organiser. L Académie était d'ailleurs une réunion d'amis plutôt qu'une école proprement dite : on causait, on discutait avec le maître très librement ; des festins philosophiques d'une sage frugalité donnaient de temps en temps au maître et aux disciples l'occasion de mettre en scène le Banquet^. Les disciples vinrent en grand nombre. Cet enseignement ne paraît avoir été interrompu, durant les quarante dernières années de la vie de Platon, que par deux autres voyages qu'il fit encore en Sicile, en 367 et en 361. Denys le Jeune avait succédé à Denys l'Ancien en 368; Dion, toujours plein de bonnes intentions, ne pouvait se consoler de son échec précédent; la seconde et la troisième tentatives ne réussirent pas mieux que la première. Platon mourut en 347. H ne s'était pas marié. Ses biens finirent par revenir à son neveu et disciple Speusippe, qui, à son tour, légua cette fortune à ses disciples et fit ainsi de la maison de Platon la résidence définitive de l'École.
La collection platonicienne comprend quarante-deux dialogues et treize lettres, outre un certain nombre de détinitions détachées. Ne parlons pas des Définitions, simple
1- Suivant la légende, Platon aurait même été vend'u comme esclave et n'aurait recouvré la liberté que grâce à l'amitié d'un Gyrénéen, qui le racheta.