‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 146 sur 264 · Krnest Ilavel, Onginea du christianisme, \. I, p · texte numérisé non relu

Krnest Ilavel, Onginea du christianisme, \. I, p

LA PHILOSOIMIIR ATTIQUE

cette maison du philosophe devint la propriété de son neveu Speusippe, qui la légua ensuite à ses successeurs. L'« Académie» forma une école organisée, qui choisissait son chef, son « scolarque ». Speusippe fut le premier. Vinrent ensuite Xénocrate, Polémon et Cratès. C'est ce qu'on appelle 1' « ancienne Académie » par opposition à la «moyenne» et à la «nouvelle», que nous retrouverons dans un autre chapitre. L'ancienne Académie ne tient, ni dans l'histoire de la philosophie, ni dans celle de la littérature, une place considérable. Comme philosophes, les successeurs de Platon s'inspirent du maître, mais en abandonnant peu à peu certaines parties de la doctrine et en faisant des emprunts aux écoles voisines, notamment à Aristote. Comme écrivains, ils ont plus d'élégance que de génie; leurs œuvres, d'ailleurs, ont péri presque tout entières ^ Speusippe avait été l'élève d'Isocrate avant d'être celui de Platon ; il écrivit surtout des dialogues; quelques rares fragments donnent l'idée d'une facilité assez gracieuse. Il remplaçait la définition platonicienne par la description, et substituait aux Idées de son maître, en nombre illimité, les dix Idées fondamentales de Pythagore, qui ne sont que des catégories (fini et infini, pairet impair, etc.). Xénocrate n'écrivit même plus de dialogues : il composait des traités, à la manière d'Aristote, et écrivit quelques poèmes. L'influence de Pythagore est très sensible dans ses fragments, d'ailleurs fort courts. Polémon et Cratès, dont nous ne connaissons aucun ouvrage, paraissent avoir été surtout des prédicateurs de morale. Tel est aussi le caractère de Crantor, élève de Polémon, qui avait composé d'assez nombreux écrits en vers et en prose. Son traité Sur le deuil (IleplnévOou;) était une sorte de consolation ou d'exhortation qui fut très célèbre : aureolus et ad verbum ediscendus libellus, disait Cicéron. Horace cite Crantor, à côté du stoïcien Chrysippe, comme un des maîtres reconnus de la morale.

1. Cf. Mullach (Bibl. Didot). Fragm. philosophorum grxcorum, t. III.

LA PHILOSOPHIE ATTlQUË

Ses fragments nous laissent deviner chez lui, comme ch« z Speusippe, un ingénieux mélange de rhétorique isociatique et de philosophie platonicienne. Tout cela, en somme, est assez pâle. Le véritable successeur de Platon, son seul rival, c'est un disciple indépendant, un peu héréliqur même, Arislote.

14. Aristote; sa vie ; immensité de son œuvre *. — Ari>tote naquit en 38*, à Slagire, colonie d'Andros et de Chalcis, située sur la c<Ue Macédonienne. Son i»ère, Niconiîicpie, était médecin du roi de Macédoine Amyntas IL En 367, à r«ige de dix-sept ans, Arislote vint à Athènes pour y compléter son éducation. Son père était mort à cette date cl lui avait laissé une fortune indépendante. Aristote suivit sans doute d'abord les leçons disocrate. Platon était alors en Sicile, d'où il ne revint qu'en 36r». Dès «lu'il fut rentré dans Athènes, Aristote s'attacha à lui et fut son disciplependant dix-huit ans (on sait (|ue Platon mourut en 347 . Malgré l'indépendance de sa pensée, son admiration pour Platon fut vive et même fervente. Il a parlé de son maîtn'

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