‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 155 sur 264 · De Orat., II,'»4 ; Cf. Brutui, 3î, et Orator · texte numérisé non relu

De Orat., II,'»4 ; Cf. Brutui, 3î, et Orator

tiques les plus compétents, au lieu que, des ouvrages en. serves, un seul discours, le Démonicos, et une lettre (la IX^), semblent justement suspects. Nous connaissons donc Isocrate très suffisamment.

Nous ne nous arrêterons pas à ses Lettres, qui présenliiii exactement les mêmes caractères que ses discours d'apparat, dans un cadre plus restreint.

Les plaidoyers non plus, quel qu'en soit le mérilo, n.sauraient retenir longtemps notre attention. Ils assemblent à ceux de Lysias par un air d'honnêteté, de candeur, de vérité ; par la pureté de l'atticisme et la propri.i,'. du langage. On y trouve, en outre, un goût des idées gf^n.rales et du lieu commun, puis une attention à la liaison des idées, qui sont des traits bien isocratiques. Cependant l'orateur, dans ces plaidoyers, n'est pas tout à fait luimême : d'abord parce que le genre l'en empêche, ensuit.' parce qu'il en est à ses débuts et qu'il se cherche encorr. Il y a parfois, entre ces divers plaidoyers, des différcncs de manières qui surprennent. Et ces difTérences ne tiennent pas seulement à la diversité des sujets : il est visil.l. qu'Isocrate n'a pas encore d'idées bien arrêtées sur le sl\ l--. Il hésite entre Gorgias et Lysias, sans que l'on puisse saisir dans ces changements une évolution régulière. L' s plaidoyers sont des œuvres distinguées, mais ce (|ui a donné à Isocrate la place considérable qu'il occupe dans l'histoire de la prose grecque, ce sont ses discours d'ap|Mrat et son enseignement, dans lesquels il a fait œuvre de novateur vraiment original.

7. Les discours d'Isocrate ; la période. — Depuis C. gias, la sophistique avait fait effort pour créer une ('!->quence épidictique qui fût capable de charmer les délie:: . Aux yeux d'Isocrate, elle avait échoué, tantôt par la médi. crité des sujets, qui n'étaient que de frivoles jeux d'esprit ou de laborieux paradoxes, tantôt par les fausses beautés àun style où manquait la vérité. Isocrate a nettement

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l'éloquence attique

conscience du but à atteindre. Son objet est double : d'abord, donner à l'éloquence un fond sérieux, en faire, comme il le dit sans cesse, une « philosophie », car il n'a pas été inutilement l'ami de Socrate, et, suivant une autre de ses expressions, composer des discours qui fussent, par le fond, « panhelléniques et politiques»; ensuite, donner à cette éloquence sérieuse une beauté de forme capable de causer au lecteur un plaisir analogue à celui que font naître les beaux vers^ Voilà son programme. Comment l'a-t-il réalisé?

Et d'abord, quelles sont les idées qui forment sa « philosophie » ? Ce sont souvent des idées morales proprement dites. Dans le nombre, il en est de belles, toutes pénétrées d une noble sagesse, à la fois très grecque et très humaine. Ce n'est pourtant pas là qu'il est le plus original ; pour ce qui concerne la morale privée, il s'en tient aux idées communes, qu'il considère comme les meilleures. Il n'y touche d'ailleurs qu'incidemment. Sa grande affaire, c'est la politique ; celle-ci, toute pénétrée de morale, inspire la plupart de ses discours ; l'œuvre à laquelle il a consacré sa vie, c'est une œuvre de prédication politique. Sa thèse peut se résumer d'un mot : union de la Grèce contre les Barbares. Idée généreuse et simple, mêlée de beaucoup d'illusions, soutenue par lui, d'un bout à l'autre de sa longue carrière, avec autant de sincérité convaincue que d'optimisme parfois chimérique. Quel que soit le sujet qu'il traite, Isocrate a toujours en vue cette idée fondamentale : c'est elle qui est l'àme de sa politique, c'est elle qui en explique et en relie tous les détails. Le principe de cette théorie est avant tout dans la haute image qu'il se fait de la Grèce, considérée comme la patrie de toute culture intellectuelle et de toute civilisation. Il a dit magnifiquement quelque part que ce qui fait qu'on est Grec , c'est

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