‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 158 sur 264 · Philippe · texte numérisé non relu

Philippe

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circonstances, plutôt qu'avec des différences bien tranchées du moins si l'on niet à part quelques œuvres de sa jeunesse' qui ne sont encore que des essais. Dans cette premirie période, en effet, qui va de 390 environ à 380, il entrepien.l de traiter à sa façon le Tcaî^viov, le jeu d'esprit, si cher aux sophistes. 11 compose Téloge iVHélène et celui de Busim, en essayant de mettre dans ces paradoxes plus de sérieux que ne faisaient ses prédécesseurs. La tentative ne pouvait aboutir qu'à de médiocres résultats. Les deux exhortations composées pour Nicoclès, roi de Cypre, appartiennent à la même période de transition, et sont aussi des ouvrages dv second ordre.

La série des grandes œuvres s'ouvre, en 380, par le Panegyrique. Isocrate le lut aux fêtes olympiques. Il y célèbre Athènes, pour laquelle il demande l'hégémonie contre les Perses. C'est un de ses plus beaux discours. — Le Plataique composé sans doute peu après la prise de Platée par les Thébains en 373, a la forme d'un discours judiciaire: l'oniteur raconte aux Athéniens les misères subies et prouv.

I injustice des vainqueurs. - Viennent ensuite, entre 35.. et 350, deux discours qui sont censés des discours délibératifs. C'est le discours Sur la Paix, où il expose ses vu.^ sur l'empire maritime d'Athènes, puis VAréopagitique, où

II traite de la constitution intérieure d'Athènes. - I)an^ VArchidamos, il suppose que le roi Spartiate de ce nom expose devant le Sénat de Lacédémone la nécessité de n, pas s'humilier devant Thèbes victorieuse. - Dans YAntulosh il feint de se défendre en justice contre un certain Lysi' machos (qui lui avait réellement intenté un procès au suj.i d'une triérarchie), et il présente au public athénien un tableau complet de sa vie (354). - En 346, il écrit le Philippe, où il exhorte le roi de Macédoine à devenir le chef des Grecs contre les barbares. - En 339, enfin, il écrit le Panathénaïque, où il revient encore, comme dans le Panégyrique, à l'éloge d'Athènes. Il y déclare avec insistance

L*ÉLOQUENCE AtTlQtË

qu'il ne vise plus à cet éclat de l'éloquence qu'il avait recherché autrefois, mais il est difficile de voir en quoi ses prétentions à la simplicité sont justifiées.

8. Isocrate théoricien de l'éducation'. — L'éloquence ainsi entendue n'avait pas seulement pour objet, dans la pensée d'Isocrate, la composition de ces beaux discours: elle était en outre un moyen d'éducation. Tous les esprits réfléchis, depuis le milieu du v« siècle, comprenaient la nécessité d'ajouter à l'enseignement élémentaire, qui se donnait aux enfants dans les écoles proprement dites, une instruction plus élevée, qui convînt à déjeunes hommes et les préparât directement à devenir des citoyens. Sophistes et philosophes essayaient de résoudre le problème, chacun à sa manière. La rhétorique purement pratique des successeurs de Corax et de Tisias, féristique, la lecture des poètes, les discours sur des sujets divers, la dialectique des Socratiques formaient autant de méthodes entre lesquelles se partageait la faveur publique. Dans un discours Contre les Sophistes, Isocrate, tout au début de sa carrière pédagogique, partit en guerre contre les méthodes de ses rivaux et exposa sa propre théorie. Le discours est malheureusement mutilé, mais si Ton y ajoute les indications répandues par Isocrate dans ses autres œuvres, on voit qu'il avait un système très réfléchi, très arrêté, et en grande

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