Blbliogrraphle
Éditions de Schutz (Bibl. Teubner) ; de Weidner (Berlin, Weidmann) ; de Gwaskin (Londres, 1890 ; avec un bon commentaire). — Trad. de Stiévenart, dans le même volume que Démosthène (Paris, 4842).
A oonsulter :
Castets, £fcAtn« Tora/eur, Paritv 1812. . .
arrêter aussi longtemps. Sa nature intellecluolle el moral.' est foncièrement m.'-diocre, et c'est seulement la viitiiosiir brillante de sa parole qui a fait son importance historique et litt^'iaire.
Eschine, nr à Athènes en 390, était de condition modeslr. Son père, Atrom»Hos, fut successivement athlète, sold.it mercenaire, maître d'école. Sa mère était TsXîatpta, c'est-,idire qu'elle pratiquait des initiations religieuses. Sans prendre au pied de la lettre tous les récits de Démosthèn.à ce sujet, il est certain que ni l'enfance d'Eschine ni si jeunesse ne l'avaient préparé à jouer un rôle politique. Lui-même, pour vivre, se lit d'abord greffier de ceitains magistrats inférieurs, puis acteur. L'amitié d'Aristophoii d'Azénia, probablement, le fit nommer greffier de l'assemblée du peuple. Il s'attacha ensuite à Eubule, chef du parti de la paix. Vers 350, il se maria, et ce mariage paraît avoir arrangé encore sfs affaires : les frères de sa femme étaient dans une situation considérée. C'est seulement en 348 (ju'il semble avoir débuté comme orateur, il était alors parmi les adversaiies de Philippe. Mais il changea vite d'opinion, et ne cessa plus de combattre la politicjue de Démosthèii. avec une extrême violence. En 346, il fit partie de l'ambassade de Philostrate, chargée de négocier la paix, et c'est ii ce sujet qu'il fut traduit en accusation par Démosthèn» en 343. Une majorité de trente voix l'acquitta. En 339, il était pylagore au conseil des Amphictyons : une molioii d'Eschine, coupable ou maladroite, donna à Philippe un prétexte d'intervenir comme vengeur du dieu de Delphe>; d'où la prise d'Élatée et la guerre qui aboutit à Chéronér. Après Ghéronée, Ctésiphon ayant proposé de décerner à Démosthène une couronne d'or au théâtre, Eschine accusa Ctésiphon d'illégalité. Le procès vint devant les jugf> en 330. Eschine n'obtint pas la cinquième partie des suffrages : il préféra un exil volontaire à la forte amende qu'il aurait dû payer. 11 se retira en Asie Mineure, peut-être aussi
L*ÉLOQUENCE ATTIQL'E
à Rhodes, et fit le métier de sophiste, c'est-à-dire qu'il donnait des séances oratoires. Une anecdote célèbre, mais peu digne de foi, le montre enseignant la rhétorique et lisant un jour devant ses élèves les deux discours du procès de la couronne, celui de Démosthène et le sien; à ce point du récit, les formes de la légende varient : suivant les uns, comme ses disciples s'étonnaient que son discours n'eût pas triomphé de celui de Démosthène, il aurait dit : «C'est que vous n'avez pas entendu le monstre lui-même (xô Or^pîov) »; suivant les autres, l'admiration des disciples pour le discours de son rival aurait gagné Eschine lui-même, qui se serait écrié : «Que serait-ce si vous aviez entendu le monstre lui-même * ! »
Eschine fut-il, à proprement parler, un traître, comme Démosthène le répète à satiété? Ce qui n'est pas douteux, c'est qu'il reçut de Philippe des biens territoriaux en Béotie ♦•t en Macédoine. Ce qui résulte aussi de se« propres discours, c'est (ju'il niait ses relations avec Philippe au moment même oùilétaitl'hôted'Alexandre^. Tout cela est équivoque et suspect. Ce qu'on peut dire de plus fort peut-être à sa décharge, c'est que la médiocrité de son esprit politique a pu l'aveugler sur la portée de certains de ses actes. Il se vante, par exemple, en 330, avec une inconscience étrange, du rôle qu'il a joué en 339 au conseil des Amphictyons3, et u'a pas l'air de se douter encore qu'il ait été la cause de la fimeste guerre de 338. Dans toute son éloquence, il est impossible de saisir une idée politique sérieuse, une notion juste des choses contemporaines. Eschine est un parvenu, un esprit frivole, très fier d'être arrivé, lui si humble par SCS origines, ta un rang élevé dans le parti des aristocrates et des riches. Il est vaniteux comme un homme de lettres et un cabotin. Il est heuieux d'avoir une belle voix, une