Fragments dans G. Mûiler (Didot), ouvrage cité plus haut
extrêmement abondante et variée. Il est indispensable, pour s'y leconnaitre, de classer les noms et les œuvres en quelques groupes très généraux.
Voici d'abord des ouvrages qui sont à peine des histoires, mais qui tHaient fort utiles : ce sont des recueils de matériaux. Aristotp avait donné par son exemple une vive impulsion à ce genre d'écrits. Au iir et au ii^ siècle, ils se multiplient à Tinfini. Le Macédonien Craléros, fils du général d'Alexandre, compose un Hccucil des dcciets du peuple athénien. L'historien Pliilochoros [yiihUe un liecucil d'inscriptions attiques. On écrit des traités Sur les Jeux, Sur les Sacri/ices, Sur les FHes; des « mélanges », des» notes », etc., sur mille sujets particuliers. Di'îmétrios de Skepsis, au commencement du II* siècle, compose un grand ouvrage en trente livres intitulé Cataloçjue des Troyens, mine inépuisable de renseignements sur les anliquités de la ïroade.
D'autres écrits, plus voisinsde l'histoire narrative, ne sont guère littéraires encore : ce sont les chroniques, journaux, éphémérid»îs de lo aie sorte, égalcmcnl fort nombreux : Éphvméridrs dWicxaadre (Ba^iÀsioi ïzr^'J.lyZlt), journal olliciel de la campagne, rédigé par deux témoins, Lumrno de Cardie et Diodote d'Krythrée; quelque chose comme les «Mémoires dr Dangeau -) de l'épopée macédonienne; — Ktapcs d'Ale.randre, de BtHonel DiognèLe; /iV/zp^js (/\4.n?V, dAmynlas, — Chronoloifie (Xpo/fov àvaysa rj de Sosibios; — Chrouoifraphie {Uiy. ypovoypa^iwv), du grand géographe Kiatosthène, ouvrage oii des vues théoriques importanles paiais.sent avoir tenu la première place; — cluoniipies Ijcales très nombreuses, au premier rang desquelles il faut placer les Atthiles ou Chroniques athéniennes, qui se rattachaient à la vieille tradition d'Hellanicos; il y eut des auteurs d'A^fhklc$ pendant tout le iv-* siècie; à la lin du iV <'t au début du nr, les plus célèbres sont Ph lochoros, devin de son méùer, très érudit, mais peu critique, et Istios élève de Callimaque, dont l'ouvrage, en seize livres, était une
LA RHÉTORIQUE ET l'ÉRDDITIOX APRÈS ALEXANDRE 627
source très riche d'informations*. D'autres écrivains s'occupaient de faire connaître à la Grèce les peuples barbares. Les Chroniques de Chaldée (XaÀSaixa) et les Chroniques dlùjjjpte (Afvjnr'.axâ) passaient pour être l'œuvre du Chaldéen Bérose, prêtre de Bel, et de ri'!:gyptien Manéthon, prêtre du temple de Sébennyte, qui auraient vécu vers la finduiv^ siècle; en réalité, c'était probablement l'œuvre de deux Orientaux hellénis.'S, de la lin du ii« siècle avant l'ère chrétienne-.
La biographie politique apparaît avec l'ouvrage d'Idoménée de Lampsaque, disciple d'Epicure,SMr /es Dé//iaf7o/;Mes athéniens, l'une des sources principales du pseudo-Plutarque dans les Vies des dix orateurs: source d'ailleurs assez trouble, semble-t-il.
Vers le même temps, le philosophe péripaléticien Dicéarque, célèbre surtout comme géographe, essayait de présentei-, <lans sa Vie de la Grèce {Bio; 'EXXago:), un tableau d'ensemble des mœurs grec.jues, tableau souvent loué par les anciens, et, dans son traité Sur les Lois de Sparte, une image analogue de la vie Spartiate-*.
Nous arrivons enlin à l'histoire traditionnelle, celle qui raconte dans leur ensemble les grands événements de la vie des peuples. Ici encore, dans l'abondance des écrits, il est nécessaire de distinguer les principaux » cycles », pour ainsi dire, entre lesquels se putage l'activité des historiens. Le plus célèbre de ces historiens, Timée de Tauroménium, est d'ailleurs le seul chez qui nous chercherons à déterminer avec quelque précision les traits essentiels de cet art historique.
L'expédition d'Alexandre, qui avait déjà suscité des
1. FraRinents dans C. Millier (Didot;, Fragm. histor. yrrcorum, t. I, p. 371 et siiiv.
2. Fnigtn. historié, yrircorunu t. II, p. 405-610. Cf. E. Havet Aîéin tii-e »m les écrit i qui porttint les no ns de lié ro.se et de Manétkon ' Pans (Hachette), I87;l.