Fragm. hittoric. yrrc. t. II, p
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mémoires, des chroni<|ues et des éphémérides, devait attirer aussi la curiosité des historiens proprement dits. C'était une belle matière, mais dangereuse par sa beauté même, pour des écrivains plus j»énélrés de rhétorique que d'esprit scientifique, et (jui s'adressaient à des lecteurs désireux d'être éblouis. Elle fut écrite par un grand nombre d'historiens, dont un petit nombre seulement méritent une mention '. — C'est d'abord Aristobule, qui avait accompagné rexj)édition, et qui entreprit de la raconter dans ses vieux jours. Arrien le loue, comme ayant été, avec Ptolémée, le plus véridiiiue des narrateurs de la campagne. Le peu de fragments (lui nous restent de lui donnent l'idée d'un bon esprit, ennemi du merveilleux, et même du théâtral. — Charés de Mitylène, chambellan d'Alexandre, avait été initié par ses fonctions à la vir quotidienne de la Cour. Son ouvrage, en dix livres au moins, s'étendait volontiers sur cet ordre de choses, et il semble avoir pris pour modèle, dans ses récits, l'aimable facilité d'Hérodote. — Onésicrite, disciple du philosophe Diogène, fit aussi partie de l'expédition ; il alla aux Indes et fut pilote en chef de la flotte de Néarque. Il passait dans ranti(juité pour un hûbleur. Un de ses fragments, où il raconte un prétendu entretien (|u'il aurait eu avec des « gymnosophistes » indiens, c'est-à-dire avec des fakirs, est à coup sûr d'un homme d'esprit, et même d'un observateur clairvoyant. — Callisthène,le neveu d'Aristote, qu'Alexandre fit périr comme conspirateur, avaitcommencédécrire l'histoire d'Alexandre. Il laissaitaussi desHellcniques. Chose curieuse, ce prétendu conspirateur était, en histoire, un flatteur et un rhéteur. On lui attribua plus tard une Vie d^ Alexandre que nous avons encore, mais qui n'est pas de lui, et qui n'est d'ailleurs qu'un tissu d'absurdités. D'autres historiens d'Alexandre, Clitarque, Anaximènede Lampsaque, Hégésias de Magnésie
\. Cf. C. Millier (Didot), Fragments des historiens d'Alexandre, à la suite de ÏArrien de la collection.
LA RHÉTORIQUE ET l'ÉRUDITION APRÈS ALEXANDRE 629
(le rhéteur cité plus haut), méritent à peine une mention.
Après l'histoire d'Alexandre, on raconta celle de ses successeurs, les u diadoques », et celle de Pyrrhus, roi d'Épire. Le plus connu des historiens de ce groupe est Hiéronyme de Cardie, dont VHistoire des Uimloques et VHisttnre des Kpigones (comprenant celle de Pyrrhus) paraissent avoir été la principale source de Diodore et de Plutarque pour les événements de ce tem[»s. Sa réputation d'écrivain était médiocre.
D'autres historiens avaient raconté l'histoire de l'Italie depuis les origines jus(|u'à la première guerre punique. Nous ne savons d'eux que leurs noms et quelques détails insignifiants. Les [»lus connus sont Philinos et Sosylos.
L'histoire de la Grèce proprement dite, avec celle de la Sicile »iui en est inséparable, avait pi'ovo(iué des ouvrages [dus importants *. Les principaux écrivains de ce groupe sont : DiylKw d'Athènes, auteur d'une Histoire de la Grèce et de la Sicile, en vingt-sept livres, (jui faisait suite à l'ouvrage d'Ephore, et qui, d'ailleurs, nous est à peu près inconnue ; — Démocharès, neveu de Démosthène, orateur lui aussi, et qui avait écrit, en orateur plus qu'en historien, une histoire d'Athènes dans la période contemporaine ; — Douris de Samos, «lui vivait à la même époque, et (jui avait composé, outre des opuscules variés, deux grands ouvrages histori(iues : une Histoire de la Grèce et de la Macédoine, en vingt-huit ou trente livres, et une Histoire dWrjathocle qui complétait ce grand ensemble; Douris semble avoir été un homme de bon jugement, exempt de passion politique, ami du style simple, curieux d'anecdotes piquantes ou
expressives ;— Phylarquc, ctmtemporain d'Aratos de Sicyone (deuxième moitié du n« siècle), auteur d'un grand ouvrage en vingt-huit livres, sur les soixante-dix années environ qui séparent le début du règne de Pyrrhus et la mort de Ptolémée Evergète; historien partial peut-être en politique