‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 182 sur 264 · Plutarque, Crassus · texte numérisé non relu

Plutarque, Crassus

LA RHÉTORIQUE ET l'ÉRUDITION APRÈS ALEXANDRE 641

Aristide de Milet. Mais tout cela n'a laissé aucune trace distincte.

9. Littérature judéo-grecque et littérature apocryphe. — Notons enfin, en terminant cette revue de la prose dans les deux premiers siècles alexandrins, un dernier groupe intéressant, celui des écrivains judéo-grecs. Une colonie juive importante s'était établie à Alexandrie, dès la fondation de la ville. Ces Juifs prospérèrent et devinrent fort nombreux. Tout en gardant leurs traditions, ils finirent par s'helléniser peu à peu, et beaucoup d'entre eux ne parlaient plus que le grec. De là, d'une part, des traductions en grec des livres sacrés, à l'usage de ceux qui n'entendaient plus l'hébreu, et, d'autre part, des livres écrits en grec par des Juifs (jui essayaient de faire connaître leur loi aux Gentils. La bible dite «des Septante» appartient au premier de ces deux genres d'ouvrages. Nous n'avons d'ailleurs qu'à la signaler; car, ni par le fond, ni par la forme, elle ne relève de la littérature grecque proprement dite. Au second genre d'ouvrages judéo-grecs appartenaient ceux d'un certain Aristobule, i\u\ vivait à Alexandrie dans la première moitié du second siècle, et qui avait composé en grec une Explication de la loi de Moïse, destinée à démontrer aux païens l'origine juive de leur philosophie. Mentionnons encore, sans y insister, la part considérable prise par les Juifs hellénisants dans la fabrication de cette foule d'apocryphes, pseudo-Orphée, pseudo-Phocylide, pseudo-Hécatée, vers sibyllins, »|ui vont se multipliant dans cette période, et qui tous ont pour objet de mettre des idées juives sous le patronage des grands noms de la littérature païenne. L'Orient et la Grèce se touchent et se pénètrent à Alexandrie plus que partout ailleurs. Le pur génie grec en est altéré; mais l'influence de ce mélange sur la suite de l'histoire devait être assez considérable pour qu'il vaille la peine d'en signaler les origines.

LA POÉSIE ALEXANDKINE

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