‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 184 sur 264 · Théocrite, VII · texte numérisé non relu

Théocrite, VII

comme un des demi-dieux de la poésie élégiaque*. Il semble, en effet, qu'il ait ouvert plusieurs des voies nouvelles où la poésie alexandrine allait s'engager à sa suite. Son Hermès et sa Déméter étaient sans doute des épopées familières et romanesques, qui annonçaient VHécalé de Callimaque ; ses épigrammes frayaient la route à Asclépiade de Samos; ses élégies, entin, par le mélange des confidences amoureuses et de la mythologie, transformaient la vieille élégie traditionnelle et la mettaient nu goût du jour.

L'élégie amoureuse et mythologi(|ue, ainsi fixée tout d'abord dans ses traits essentiels, convenait à merveille à Tespritdu temps et fut adoptée aussitôt par de nombreux poètes. Les principaux sont Hermésianax de Colophon, Phanoclès, Alexandre d'Étolie. — Hermésianax, disciple de Philétas, avait composé un poème épique intitulé Ilepaixà, dont nous ne savons à peu près rien, et trois livres d'élégies intitulés Léontium, du nom de sa maîtresse. Un long fragment du in« livre nous fait assez bien connaître sa manière, érudite et frivole. L'idée du morceau est que tous les poètes sont amoureux. Celle thèse est démontrée par une pédantesque et interminable énumération des plus célèbres amours attribuées à des poètes, sans aucune critique d'ailleurs, et dans une langue plus laborieuse que vraiment élégante. — Phanoclès, vers le même temps, avait composé un poème élégiaque intitulé les Amours ou les Beaux éphèbes { 'Ep^uteç ^ xaXot). Il y racontait, lui aussi, d'antiques légendes. Un fragment de vingt-huit vers, sur la mort d'Orphée, montre le même goût d'érudition superficielle, allié à quelque grâce mélancolique. — Alexandre d'Étolie fut probablement aussi un disciple de Philétas. Grammairien et poète, il fut attaché à la Bibliothèque d'Alexandrie, où il s'occupa de réunir et de classer les poètes tragiques. Il composa lui-même

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