‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 185 sur 264 · Properce, I, 1 : Callimachi mantt et Co sacra Phiktm · texte numérisé non relu

Properce, I, 1 : Callimachi mantt et Co sacra Phiktm

LA POÉSIE ALEXANDRINE

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quelques tragédies et divers poèmes mal connus, puis deux recueils d'élégies, intitulés Apollon et les Muses. Un fragment de V Apollon est une prophétie où le dieu raconte par avance les tragiques amours d'Anthée et de la femme de Phobios : c'est l'œuvre d'un versificateur habile et curieux plutôt que d'un poète vraiment ému.

En somme, tous ces poètes se ressemblent : versificateurs ingénieux, beaux esprits un peu frivoles, pour qui l'amour n'est qu'un prétexte à étaler leur érudition mythologique. L'élégie alexandrine ne semble pas avoir produit de poète vraiment supérieur qui ait su tirer, de ce genre assez faux, les éléments de beauté qu'il recelait peut-être, mais qui ne pouvaient se dégager que sous la main d'un homme de génie ^

3. Asclépiade de Samos et répigramme ; Léonidas de Tarante. — A côté de Philétas, et au-dessus des poètes dont nous venons de parler, se place Asclépiade de Samos, leur contemporain^. Il avait composé des œuvres de différentes sortes, et notamment des poèmes lyriques qui étaient probablement des chansons amoureuses imitées des poètes de Lesbos. Le vers asclépiade lui doit son nom : il ne l'avait pas inventé, car ce mètre se rencontre déjà chez les Lesbiens, mais il en avait sans doute renouvelé et rajeuni l'emploi. Ces poèmes lyriques sont perdus. C'est surtout d'ailleurs comme auteur d'épigrammes (|u'Asclépiade de Samos fut célèbre de son vivant et que nous pouvons encore l'apprécier. Sa réputation n'était pas imméritée. Les dix-huit épigrammes qui nous ont été conservées sous son nom dans V Anthologie palatine^ et dont deux ou trois seulement sont suspectes, nous le font bien connaître. La plupart sont de charmantes confidences, où le poète nous dit ses souffrances amoureuses, la grâce de l'objet aimé, les qualités d'un poète lu et relu. La mythologie y tient

1. Cf. F. Plessis, Étude» mr Properce (Paris, 1884), p. 265 et suiv. '2. Fragments dans V Anthologie de Jacobs, 1. 1, p. 144 et suiv.

LA POÉSIE ALEXANDRINE

peu de place. Les souvenirs littéraires y ont de la grâce et de la nouveauté. Ce qui en fait surtout le mérite original, c'est la finesse spirituelle du tour, Télégance vive de l'image, le soin délicat du style, la netteté scrupuleuse du rythme et de la versification. Les anciens épigrammatistes, et Simonide lui-même, avaient plus d'abandon, plus de négligence parfois, avec plus de grandeur aussi. Asclépiade est un raffiné. Son art est un peu menu, mais d'une exquise élégance, qui a certainement donné à Théocrite d'utiles leçons. Voici une épigramme où il se souvient d'Alcée et de Théognis, mais en mêlant à ses souvenirs des impressions vraiment personnelles; une traduction ne saurait rendre, d'ailleurs, l'élégance du tour et de l'expression :

Bois, Asclépiade. Pourquoi ces larmes? quel malheur t'arrive? Tu n'es pas le seul dont l'àpre Cypris ait fait sa proie; tu n'es pas le seul qu'aient abattu les flèches du cruel Éros. Pourquoi t'enfouir vivant dans la poussière? Buvons le vin pur de Bacchos : l'aurore commence à poindre. Si la lampe s'est éteinte, veux-tu attendre son réveil? Buvons gaiement. Encore quelques jours, malheureux, nous aurons la grande nuit pour nous reposer '.

Simmias, Posidippc, Hédylos, dont l'Anthologie nous a aussi conservé quelques épigrammes, ne sont, à côté d'Asclépiado ou immédiatement après lui, que des poètes d'un talent aimable. — Quelques femmes firent aussi des épigrammes. Une, entre autres, la Péloponésienne Anyté, de Tégée, en a laissé de charmantes, surtout dans le genre des épitaphes*. — Léonidasde Tarente est quelque chose de plus qu'un agréable poète •*. Contemporain de Théocrite, un peu plus jeune peut-être, Léonidas, né à Tarente, mena une vie errante et pauvre. Il se consolait de ses misères en écrivant des épigrammes et en songeant à sa renommée future. Sa confiance n'était pas téméraire : les Muses, en

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