Anthol. Palat., VII
LA POÉSIE ALEXANDRÏNE
des chansons satiri(iues en un mètre qui s'appela ensuite sotadique. Ce mètre est formé de pieds ioniques. Sotadès parait avoir eu du talent, mais le peu qui nous reste de ses œuvres est d'une «grossièreté intraduisible. Une de ses chansons, où il avait attaqué Philadelphe, fut cause de sa mort : le roi d'Egypte le fit saisir par un de ses amiraux et jeter à la mer, cousu dans un sac.
En même temps, le Tarentin Rhinton, fils d'un potier, faisait entrer dans la littérature la verve bouffonne et populaire de ses compatriotes de la Grande-Grèce. Athénée, dans un curieux passage*, énumère tous les genres de farce où se complaisait l'imagination de ces populations vives et gaies. Rhinton s'en inspira. Dans ses» hilarotragédies», intitulées iiérac/ès, Amphitryon^ Ip/tiyén/e, etc., les héros de la tragédie classique devenaient des personnages d'opérette. Il eut du succès, mais ses cruvres ont péri presque entièrement.
Le mime, qui avait été, dès le v« siècle, si goûté à Syracuse, grâce à Sophron et à Xénarque, reprit alors, sous l'influence de cet esprit réaliste, une nouvelle vie. — C'est peut-être à ce genre du mimequ'il/aut rattacher un curieux fragment retrouvé récemment sur un papyrus égyptien =*, et qui contient les plaintes d'une amante délaissée ; c'est un monologue écrit dans le dialecte commun, probablement en prose rythmée, et dramatique en ce sens qu'il comporte un changement de lieu : l'amante est arrivée peu à peu devant la porte de l'amant, et peut-être à la fin faisait-elle écouter sa plainte. Le morceau est intéressant. — Les sept mimes d'Hérodas, récemment retrouvés aussi, sont un monument littéraire beaucoup plus importante Héro-