Cf. H. Weil, Bévue des Études grecques, 1896, p
3. Édition princeps de Kenyon, Londres, 1891 ; édition de Grusius (Bibl. Teubner, 1892) et de Bûcheler fBonn, 1892, avec Irad. latine). — Trad. françaises de Dalmeyda (Hachette, 1893) et de Histelhueber (Delagrave, 1893).
das (ou Hérondas), né peut-être à Syracuse, est un contemporain des premiers Ptolémées. Il écrit en vers choliambiques et en dialecte ionien. Le vers choliambique, ou iambique «boiteux » (appelé aussi scazon), était tombé en désuétude depuis Hipponax d'Éphèse. Le choix qu'en fit Hérodas était à la fois d'un érudit et d'un artiste : il y avait une fine convenance entre la nature du mètre et le réalisme de son inspiration. Quant au choix du dialecte, il résultait naturellement de l'origine ionienne du mètre. GrAce à Hérodas, nous savons maintenant à merveille ce qu'était un mime grec. C'est une petite scène dramatique, destinée à la lecture, où deux ou trois personnages au plus causent familièrement devant nous. Les personnages d'Hérodas sont de petites bourgeoises, un marchand d'esclaves, un maître d'école, un cordonnier à la mode, etc. Le poète nous les montre dans le train Journalier de leur existence ordinaire : c'est une heure de leur vie qui se déroule sous nos yeux, avec ses soucis vulgaires, ses amusements, ses petites [lassions, son caquetage familier. Le réalisme d'Hérodas prend pour champ d'observation toute la vie moyenne; il ne met dans ses peintures ni àpreté satirique ni complaisance ; il est sobre et impersonnel ; il esivrai. Il ne recherche ni ne fuit la grossièreté : il la rencontre parfois sur sa route, et il la note d'un trait rapide, sans insister. L'humanité qu'il met en scène est de tous les temps par ses instincts essentiels; mais elle est surtout caractérisée d'une manière très particulière et très amusante par la forme que prennent ces instincts à une certaine date et dans un certain milieu, qui est bien le milieu grec et alexandrin du ni« siècle. En somme, Hérodas est un fort agréable écrivain, très peu poète, quoiqu'il ait écrit en vers, mais spirituellement observateur et vrai.
5. Théocrite et l'idylle. — La pure poésie s'associe au réalisme dans les œuvres de Théocrite, le créateur et le maître de l'idylle, le plus grand poète de cette
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période, le seul qui soit encore, à certains égards, un classique *.
Théocrite naquit probablement à Syracuse, dans les dernières années du iv« siècle. Une partie de sa jeunesse se passa à Gos, où il connut Philétas et son groupe, Asclépiade de Samos, Âratos, le médecin Nicias de Milet. 11 habita certainement aussi la Grande-Grèce. Un peu avant 270, il adressait à Hiéron de Syracuse une sorte d'épître (idylle XVI) pour lui demander sa protection. N'ayant pas réussi'du côté de Hiéron, il se tourna vers Philadelplie, qui lui fut sans doute plus favorable, car un certain nombre de ses poèmes semblent avoir été composés à Alexandrie. La date de sa mort n'est pas mieux connue que celle de sa naissance.
Nous possédons, sous le nom de Théocrite, outre un certain nombre d'épigrammes, trente poèmes, cju'on appelle des « Idylles » (eîByXXioc). Le mot eîojXXiov, qui ne remonte pas à Théocrite lui-même, signifie simplement u petite pièce^». Gomme les pièces « bucoliques » dominaient dans ce recueil et y tenaient la première place, le terme d' « idylle » a fini par prendre, chez les modernes, le sens de poème pastoral^; mais ce sens ne s'applique pas à