Polybe, Yl
HISTOIRE DK LA LITTÉRATIRE CRECOUR
écarte tous ces vains ornements avec la mc^me résolution que les discours. Il raconte avec précision et abondance ; il note les temps avec soin, tout en raillant parfois (à tort) les supputations minutieuses de Timée ; il décrit h's pays avec ampleur; il étudie longuement les institutions ; enlinil disserte avec abondance, non seulement dans ses préfaces, selon 1 usaife du temps, mais aussi au cours même de son exposition, cbacjue fois qu'il croit avoir à éclaircirquelque idée ou quebjue fait important.
5. L'art de Polybe. — Malheureusement, l'art, chez Polybe, n'est pas à la hauteur de la science Le style est frant hement mauvais, et la composition, quoique très supérieure au style, présente de «^'raves défauts.
Le vice essentiel du style de !»olybe ne vient pas d'une négligence qui sernil «'xcus.ihjr (liez un homme d'action et (jui pourrait êlie une .i;ràce. il s'appliijue à bien écrire; mais il ne sait pas ce (|ur' c'est que de bien écriif. Sou vocabulaiie, em[)runlé à la langue courante des gens in>truils de sou temps, est surchargé de termes abstraits et techni(iues. Au lieu tle les éviter, il semble s'y complaire. Il aime ce jargon inutile, prétentieux et encombrant. Chose plus grave, il abonde en termes vagues, inexpressils, en épithètes «lui conviennent à ton! parce qu'elles ne s'appliquent pioprement à rien; par exemple, cet adjectif rjXoT/-zr[; (conaûliTahle. sérieux,, dont il fait un si étrange abus; ou encore ce -poc-.pr.aivo; {fius(lit\, qu'il emploie à tout |»r«»[>os. Sa phrase est longue et prolixe, non par hasard, mais par goût. Il vise à rauq)leur, au nombre oratoire. Il croit y arriver en mettant deux mots où un seul suflirait, et en tiaînantsa période à tiavers une demi-page. Il évite d'ailleurs l'hiatus, en bon élève d'Isocrate, et ce souci semble puéril au milieu d»» tant de graves défauts.
Sa composition vaut mieux. .Son ferme esprit sait expliquer les choses avec précision et mar(|uer exactement l'enchaînement des faits. Ses narrations son claires, sinon
POLYBE ET LES DERMERS ALEXaNDRI.NS