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Pour Denys d'Halicarnasse. voir plus loin. Pour Strabon. Casaubon, Paris, t620; C. Mùller et F. Duebner, Strabonis geoffraphia, avec trad. latine et 15 caries, Paris, 18.*)8, Bibl. Didot; Meineke, Strabonis Geof/raphiu, 3 vol., Leipzig, 1853, Bibl. Teubner. Fragments historiques, dans C. Miiller, Fraym. historicor. grœcor.^ t. 111, Bibl. Didot.
A consulter :
Marcel Dubois, Examen de la Oéograptiie de Strabon, Paris,
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famille anciennement connue et riche, il fréquenta dans sa jeunesse des écoles célèbres et embrassa la philosophie stoïcienne. Son instinct d'historien et de géographe le poussa à visiter une grande partie de l'Empire. Au reste, s'il aimait à voir, il semble qu'il ait aimé encore davantage à lire. Polybe et Posidonios ont été ses véritables maîtres. Tous ses loisirs furent absorbés par ses tiavaux. En dehors de ses voyages, il paraît avoir résidé soit à Home, soit dans son pays. Après avoir vu tout le règne d'Auguste et une partie de celui de Tibère, il mourut probablement peu avant l'an 25 de notre ère.
Son premier ouvrage, intitulé Études historiques ('laxopixà uTCouvrlixaTa), s'est perdu. Composé dans la première partie du règne d'Auguste, il compienait quarante-sept livres. Sauf une introduction qui résumait les faits antérieurs, le récit commençait à la date où Polybe s'était arrêté, c'est-à-dire à la destruction de Carthage en 146, et, à partir de là, se développait Jusiiu'à la fondation de l'Empire. Les fragments subsistants ne nous permettent pas de nous faire une idée précise des caractères de l'ouvrage. Il semble que Strabon, visant à tirer de l'histoire des leçons plutôt qu'à en offrir un tableau détaillé, s'était attaché surtout aux grandes choses, en négligeant les détails. C'est du moins ce qu'il affirme dans sa Géographie (\, p. 13). Ce point de vue large, ^levé, philosophique, il le devait sans doute à la fois à Polybe, son maître, et à rintluence du temps.
Uuoi qu'il en soit, sa réputation repose aujourd'hui sur un second ouvrage, la Géographie ou Études géographiques (no)Ypa«pixa^, qui nous a été conservé presque en entier.
Par le dessein fondamental, cet ouvrage, composé dans les premières années du règne de Tibère, ressemblait au premier ; il en différait par le cadre et par la [proportion des éléments dont il était fait. Bien qu'il y eut en effet, dans l'un comme dans l'autre, de l'histoire et de la géographie, intimement mêlées, l'histoire dominait dans le premier, la
géographie dans le second. S'adressanl toujours au même public, il devait employer la même méthode : laisser de côté tout ce qui n'intéressait que les spécialistes, négliger les détails minimes, choisir et condenser, dans un exposé clair et rapide, ce que tous les hommes bien élevés avaient besoin de savoir, surtout ceux qui participaient aux affaires publiques. Donc, peu de géographie mathématique, seulement ce qu'il en fallait pour établir quelques notions indispensables ; en revanrhe, une assez large part de géographie physique, alin de faire compnMulre la conformation des régions et leurs aptitudes spéciales à la vie des peuples ; enfin, beaucoup de géogiaphio politique, consistant à distribuer, dans le cadre ainsi tracé, les races humaines, et à expliquer d'où [»rocédait leur état présent en rappelant ce qu'elles avaient fait des terres et des mers dont elles avaient pris possession. C'était là, en somme, une géographie philosophique et humaine, qui tendait à se rapprocher de l'histoire, tout en gardant son domaine à elle. Nous ne voyons pas que personne, dans l'antiquité, l'ait conçue aussi nettement que Strabon.
L'ouvrage comprend dix-sept livres. Tout y révèle un esprit juste, rélléchi, maître de son sujet. L'auteur vise à offrir un ensemble complet, mais il proportionne ses développements à l'intérêt (jue chaciue région lui paraît avoir pour ses lecteurs. La Méditerranée est à ses yeux le centre du monde. L'Italie, la (;rèce, l'Asie Mineure sont les régions où il s'arrête le plus longtemps. Il a mis à profit, pour les faire connaître, tout ce qui avait été écrit d'essenti<d sur les sujets qu'il traitait, depuis Homère, qu'il aime à citer, jusqu'aux auteurs de son temps. D'ailleurs, il l'a fait en critique, et nullement en compilateur. Même en face des maîtres delà science, des Éralosthène, des Hipparque, des Polybe, des Posidonios, dont il utilise volontiers les recherches, il garde son indépendance et son droit de contrôle. Partout, et jusque dans ses erreurs, se manifestent
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chez lui le goût de l'exactitude et la fermeté du jugemenL Dans l'ensemble, ses informations sont à peu près les meilleures qu'on pût alors recueillir.
Comme œuvre littéraire, la Géographie a aussi une réelle valeur, sans (|u'on puisse néanmoins la considérer vraiment comme une œuvre d'art. Les qualités qu'on y remarque sont des qualités moyennes. Ni vivacité, ni couleur, ni grâce, ni éloquence, ni grandeur, ni charme d'imagination. Un exposé nourri, bien conduit, correct et clair, mais toujours sévère, parfois juscju'à la sécheresse; peu de descriptions, et, en revanche, trop de nomenclature. L'auteur ne se révèle guère que dans le clioix des détails, dans la méthode, et plus encore dans les réflexions, toujours un peu courtes, mais justes et intéressantes, qui éclairent les parties principales de son œuvre. Ce qui n'est que pittoresque lui ilcluippe. Aussi son livre a beau nous intéresser par les renseignements dont il est plein, il ne réussit jamais à nous capTîvêfT Nous y trouvons la matière d'une œuvre littéraire; celte œuvre elle-même n'a pas été faite. Ajoutons (|ue le style n'a rien non plus d'original. C'est la langue du temps, sans mauvais goût, mais sans grâce, claire et saine dans les exposés, médiocre dans les réllexions, lourde et quelquefois obscure dans les discussions ; au demeurant, incolore et en quelque sorte indifférente, nullement créée pour le sujet, ni délicatement adaptée à ses besoins, monotone et froide, sans caractère, par consé(|uent sans beauté.
ï.a réputation de Strabon paraît avoir été lente à s'établir. Mais celte injustice fut amplement réparée dans la suite. Son ouvrage, qui offrait un tableau si complet du monde au début de l'Empire, méritait de devenir classique, et il le devint en effet. Pour les Grecs des derniers siècles, Strabon fut « le géographe » par excellence, ô vgeoYpaçoç ; il est resté, pour la postérité, le représentant distingué d'une certaine conception composite de la géo-
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graphie, qui a n^pris fortune de nos jours on se modifiant •d'ailleurs sensiblement.
A ccMVî de Strabon, il n'y a pas lieu d'énumc'rer ici tous les gt''ographes et historiens secondaires du même temps dont les noms sont connus. Seul, peut-être, Nicolas de Damas doit être mentionna, parce que son œuvre historique manifestait vivement la tendance encycloprdique déjà notée chez Diodore etcaractérisli(|ue du temps'. C'était un Syrien, orateur et philosophe, «|ui vécut surtout à la cour d'Hérode le Grand et de ses fils, dont il servit tour ;» tour les intérêts. Il naquit en 64 et mourut sans doute dans les premières années de notre ère. Auguste le connut et le patronna. Sa principale œuvre était son Histoire nnirerselle, en cent quarante-quatre livres, qui s'étendait depuis les origines de l'humanité jusqu'au temps d'Auguste. Composée à la demande d'Ilérode, elle rép«>ndait bien au goiV d'un siècle qui aimait les grands répertoires de faits, faciles à lire ou à consulter. A en juger par les fragments assez étendus qui en subsistent, elle parait n'avoir eu d'ailleurs ni valeur criticiue ni originalité littéraire. Outre cette histoire, Nicolas de Damas avait encore composé une Vie (V Auguste et une Autobiographie, dont il nous reste des fragments assez importants, un Recueil de traits 'le mœurs, réduit aujourd'hui à une série d'extraits, enlin «livers écrits philosophiques.
Dans le voisinage de l'histoire, l'érudition, plus curieuse des détails (|u intelligente des événements, eut aussi gi-and succès parmi la société gréco-romaine du temps d'Auguste, de Tibère et de Néron. On peut riter, entre ses représ(;ntants, d'abord le roi de Mauritanie Juba II (de 50 avant Jésus-Christ à 20 après Jésus-Christ environ;, auteur de Recherches sur rhistoire romaine, de Notes sur l'histoire du théâtre, et de divers autres ouvrages; puis, le Crée Alexandrin Apion, bruyant personnage, qui enseignait à Rome
1. Fragments dans C. Mûller, Fragmenta hhtoricor. i/rreor., Bibl. Didol.
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sous Tibère et sous Claude, et qui est surtout connu par un projet d'Histoire des peuples (laTopîa xai' iôvo;) ; il en écrivit au moins une section importante, les Égyptiaques (AÎYu;:tiaxà), qui abondait en imputations injurieuses contre les Juifs et fut réfutée par Joseph ; enlin, la savante Pamphila, contemporaine de Néron, et auteur d'un recueil de Notes historiques ('Xr,o]xW^^ai'aL bTopixâ), souvent cité. Tout cela, il faut l'avouer, ne compte guère dans la littérature.
6. L'histoire juive sous les Flaviens. — Flavius Joseph '. — En dehors et à côté de cette série d'historiens, qui, tous, plus ou moins, considèrent le monde du point de vue romain et s'intéressent au passé sans distinction de peuples, il faut réserver une place à un écrivain de la fin du I" siècle, lequel, né Juif, n'a voulu voir dans le genre humain que sa propre race et s'est appliqué uniquement à la faire connaître.
^ 11 y avait alors près de deux cents ans que l'histoire du peuple juif avait commencé d'entrer dans le cercle des connaissances helléni«iues, à mesure que le judaïsme luimême se propageait. Toutefois, aucun grand ouvrage d'ensemble ne l'avait encore mise, comme un tout, à la portée des Grecs instruits et curieux. La guerre furieuse qui éclata en Judée sous Néron donna aux questions judaïques un intérêt beaucoup plus vif; et quand le général qui avait commencé cette guerre, Vespasien, fut devenu empereur, (juand son fils Titus y eut mis fin, en 70, j)ar la prise de Jérusalem, il arriva que l'histoire des Juifs se trouva liée jusfiu'à un certain point à celle de la dynastie. Le moment favorable fit surgir l'homme qui devait en profiter.
Né à Jérusalem en l'an 37 après Jésus-Christ, Flavius Joseph, élevé dans les écoles juives, fut mêlé de bonne