Éditions
Duebner, Marci Antonini commenlarii, Paris, 1840, avec trad. latine, Hibl. Didot, dans le vol. des Theophrasti characleres ; Stich, Marci Antonini commentarii, Leipzig, 1882, Bibl. Teubner.
A consulter :
Martha, Moralistes, ouv. cité plus haut; Barthélémy Saint- Hiiaire, notice, en tête de sa traduction des Pensées.
t1 n •îH.iiÉVifÉih.
rement stoïcienne. Ce stoïcisme de Marc-Aurèle, comm»' celui d'Épictète, est une foi profonde et même ardente, (|ui a pénétré l'âme Jusque dans ses dernières racines. Jamais homme n'a cru plus fortement à des idées enseignées, et jamais homme non plus n'a fait un effo.it plus sincère, plus constant, plus scrupuleux pour mettre toute sa vie morale en conformité parfaite avec sa croyance.
Ce petit volume, aujourd'hui divisé en douze livres, semble avoir été écrit par l'empereur, au jour le jour, dan> les dernières années de sa vie, entre 166 et 174 approximativement. Assailli alors par bie des soucis et des tristesses, aux prises avec des difficultés et des peines de plusieur> sortes, quelquefois à Rome, quehjuefois au-delà du Danuli.'. eu pays barbare, le noble prince aimait à se recueillir, à se mettre en face de lui-même, à interroger délicatemeni sa conscience. Les pages (|u'il écrivait ainsi dans lasolitud»' forment une longue méditation entrecoupée sur le devoir, sur les affections humaines, sur les conditions de la vie. On y découvre sous chaque mot un homme simple et bon, ic connaissant de tout le bien qu'on a pu lui faire, étranger i toute vanité et à toute rancune, indulgent aux autn-s. sévère à lui-même, par-dessus tout confiant dans Tordir du monde qui est pour lui la providence stoïcienne. Commt' histoire d'une âme, son livre est dramatique; comme docu ment sur une des grandes philosophies de ranti(|uilé,il esi précieux; comme source de réflexions et de force moral» . il a une valeur de premier ordre. Quant à la forme, ce sont de simples notes, à peine rédigées. Mais ces notes ont leur mérite, même au point de vue littéraire. L'émotion, I sincérité s'y font sentir partout; souvent la concision éneigique, le trait, l'image vive; parfois une certaine grandeur, qui, sans doute, est plus dans les idées que dans le style, mais qui, néanmoins, se communique au style et le relève.
LA RENAISSANCE HELLÉMQlE
9. L'histoire. — Arrien et Appien '. — Nous retrouverons plus loin dans ce chapitre la philosophie, quand nous parlerons du Néoplatonisme. Laissons-la de côté po:ir le moment, car c'est dans l'historiographie (ju'il convient de continuer à étudier la renaissance du ii'- siècle. Non pas que ce temps ait produit de grands historiens. Ni Arrien ni Appien ne méritent ce titre: ils n'ont rien apporté ni l'un ni l'autre de vraiment neuf dans un genre ancien. Toutefois, en un rang secondaire, ils sont certainement supérieurs à leurs devanciers immédiats, à un Diodore, à un Denys d'Haï icarnasse, parle sens de la politique, par la connaissance pratique des affaires et par l'intelligence des événements; comme écrivains, tous deux figurent honorablement, avec des qualités diverses, entre ceux dont le mérite est surtout fait du respect d'une bonne tradition.
Arrien était un Grec bithynien de Nicomédie. Issu d'une famille provinciale, riche et considéré, il appliqua son esprit sérieux àdiverses études. C'était une nature docile, sincère, courageuse, sans originalité marquée. Jeune, il fut disciple d'Épictète, l'admira profondément et rédigea, en recueillant ses souvenirs, les deux livres qui ont perpétué l'enseignement du philosophe. Mais sa vocation était autre. 11 servit dans les armées impériales, et, peu à peu, s'y éleva aux honneurs. Après avoir parcouru, dans divers grades, une partie de l'Empire (probablement les provinces du Danube, la Gaule, la Numidie), il fut remarqué et favo-