‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 215 sur 264 · éditions · texte numérisé non relu

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.€lius Aristide : Dindorf, 3 vol. in-8», Leipzig, 1829; Bruno Keil, ^lii Aristidis quœ supersunt omnia, 2 vol., Berlin, 1898. — Maxime de Tyr : Duebner, Paris, 1840, Bibl. Didot, dans le vol, des Theophrasti characteres.

LA RENAISSANCE HELLÉNIQUE

Aristide n'était pas un improvisateur, comme la plupart de ses contemporains. Il n'improvisait que rarement, lorsqu'il ne pouvait s'en dispenser. En général, sesdiscours, soigneusement médités, ont été rédigés à loisir. Malgn'' cela, son art n'est pas réellement différent de celui <|ui était alors en faveur. Il en a les qualités, mais aussi les graves défauts. Aristide fait preuve d'un esprit singulièrement ingénieux dans l'invention des arguments, il abonde en ressources de toute sorte, il sait raisonner, il connail l'histoire et il en profite, il possède l'art de faire valoir des exemples. En outre, son style, formé sur les bons modèles, est en général pur et souple, quelquefois même fort et brillant. Le vice fondamental qui gâte tout cela, c'est la frivolité. L'orateur ne parle pas sous l'empire d'une conviction ou d'une passion, ni parce qu'il a quelque chose à dire; il parle pour se faire valoir. L'éloquence ainsi conruo est un jeu de la vanité, qui rebute bien vite le le» teur.

Maxime de Tyr est l'auteur de quarante et une dissertations ou causeries sur des sujets philosophiques (AiaXiçii: . Tout ce que nous savons de lui, c'est qu'il vivait sous Commode. Sa philosophie était un platonisme mélangé d'él<' ments divers; mais, en fait, elle ne lui servait guère qu» de prétexte à étaler les grdces frivoles de son esprit. I.i SiâXeÇi;, fort à la mode parmi les sophistes, était proprement une conférence, où l'orateur parlait en son propre nom ; on l'opposait à la [leXé-rT), où il faisait parler un personnui^i historique. Dans ses causeries, Maxime traite surtout ilsujets moraux, il joue au moraliste et au prédicatmi ; quelquefois, il touche aux questions religieuses. Mais, (hquoi qu'il parle, ses développements restent uniformément vagues et superficiels dans leur élégance banale. Son style, d'une coquetterie laborieuse, rappelle la manière de Goigiaspar ses affectations de symétrie.

14. Lucien '. — Sa vie et ses écrits. — Son rôle et son talent. — Le seul nom vraiment grand que nous rencontrions alors, sinon dans le domaine propre de la sophistique, du moins dans son voisinage, est celui de Lucien. Celui-ci, bien différent de ces vains parleurs, est à la fois un remueur d'idées et un créateur de formes. S'il procède de la sophistique par son éducation et par certaines de ses habitudes d'écrivain, il s'en dégage par la vigueur native de son esprit et par l'indépendance de son caractère. Pamphlétaire, moraliste, conteur, dialecticien, il a une puissance intime qu'on ne trouve en ce temps chez aucun

autre.

Né à Samosate, dans la Syrie du Nord, vers l'an 125 de notre ère, il parla d'abord syrien; ses parents étaient d'humbles gens qui le destinaient à un métier manuel. On le mit en apprentissage chez un sculpteur, qui était son oncle. Mais sa libre nature se révolta. 11 obtint qu'on le fit étudier. 11 fréquenta donc les écoles, d'abord sans doute dans son pays, puis en lonie, en vue de devenir maître de rhétorique et avocat. Peut-être plaida-t-il quelque temps àAntioche vers 150 ; mais, en somme, une fois sorti des écoles, il semble avoir mené surtout la vie de sophiste voyageur. Il donna des conférences de ville en ville, en Grèce, en Macédoine, en Italie, puis se fixa quelque temps dans une des villes demi grecques de la Gaule méridionale,

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