‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 216 sur 264 · Éditions · texte numérisé non relu

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Hemsterhuys et Reitz, 4 vol. in-4% Amsterdam et Trêves, 1143-1746, avec scolies, notes et trad. latine; G. Dindorf, Paris, 1840. avec trad. latine, Bibl. Didot; Fritzsche, Rostock, 1860- 1«74; Jacobitz, 3 vol., Leipzig, 1871-1874. Bibl. Teubner; Sommerbrodt, Lucianus, en cours de publication.

 consulter :

K.-G. Jacob, CharacterisLik Luklans von Samosala, Hambourg, 1832; notices de Fritzsche, dans Tédition signalée; M. Croiset, Essai sur la vie et les œuvres de Lucien, Paris, 1882; S. Chabert, VAtticisme de Lucien, Paris, 1897; Rabasté, Qiiid comicis debuent Lucianus. Paris, 1856.

en qualité de professeur de rhétorique. Vers 160, ou pou après, il revint en Orient, rentra même à Samosate, et enfin, en 165, vint s'établir à Athènes avec tous les siens. Il paraît y avoir vécu une vingtaine d'années, entre Km et 185, approximativement. Dégoûté des mensonges de lu rhétorique, il renonce alors avec éclat aux tribunaux comme à la sophistique proprement dite, mais non aux causeries où il excellait. Son originalité s'affirme hautement. II se fait pamphlétaire et satirique de professiou. Il compose des dialogues, des libelles, des récits moqueurs : il les lit devant des auditoires choisis et \v> publie ensuite. (;race à son esprit, à sa hardiesse, an scandale même de ses criti(|ues, à son scepticisme imp» i tinent et frondeur, il devient un personnage dans Ath.Mirs. Cela dure un certain nombre d'années. Puis, son succ.-s sans doute commence à s'épuisor. Pour le rajeunir, il s. remet à voyager. Enfin, déjà vieux, il entre, comme beaucoup de sophistes, dans l'administration impériale, en so faisant attribuer de hautes fonctions judiciaires en Égypl.-. Nous le perdons de vue à partir de ce temps; ce qui donii. lieu de supposer qu'il mourut dans ces fonctions, probablement vers la fin du règne de Commode, c'est-à-dire pru avant 192. Les légendes répandues sur sa mort n'offrent aucun caractère d'authenticité.

La collection de ses u-uvres, telle qu'elle est parvenu' jusqu'à nous, comprend quatre-vingt-deux écrits; sur <■ nombre, une trentaine environ paraissent lui avoir él. attribués à tort. II en reste donc une cinquantaine qu'on peut considérer comme authentiques. Ce sont tous d.s ouvrages «-ourts, pamphlets, dialogues, dissertations, récit-, dont l'idée a été suggérée à l'auteur soit par divers événements ou incidents du jour, soit par ses lectures, soit par des entretiens avec quelques amis. II n'y a pas, dans touie la collection, une seule composition étendue, qui ait él. préparée longuement. Par je seul aspect de son œuvr< .

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Lucien se révèle donc comme une sorte de journaliste militant et fantaisiste, en un temps où le journalisme proprement dit n'existait pas.

Les plus remarquables de ces écrits semblent dater de sa maturité. Citons la jolie satire Sur la Manière (récrire l'histoire, composée probablement en lonie peu avant 165; [Hermotime, où l'auteur, ilgé de quarante ans, fait profession de scepticisme en matière de philosophie; puis, la Double accusation, les Sectes à rencau, le Prcheur, premiers pamphlets retentissants de la période athénienne ; ensuite, tout un groupe de petits chefs-d'œuvre où domine l'intention morale, les Diahujues des morts, VArrivée aux Enfers (KaTa;:Xoj;), Vd^ëcmmancie, \eCharon, les Lettres saturnales, le Cj/nique, le ro^,le Timon, les Vieux, le Banquet ;d'du\ves où la satire est surtout dirigée contre la mythologie et les «royances du temps, les Dialogues des dieur et \e^ Dialogues marins, VIcaromènippe, VAmi du mensonge, les Fêtes de Crouos, Promcthée, V Assemblée des dieux, Zeus tragédien, Zeus à court de raisons (Zsù; lKV(//j[j.iyo;) ; et, dans un genre plus siH'cial, le Parasite, \r Lexiphane, le Pseudidogiste, où il se mo«iue des rhéteurs et des grammairiens pédants. Entre les dissertations, il faut surtout mentionner le Timarque, Contre un Ignorant Collectionneur de livres, le Maître de rhétorique. Sur ceux qui se font salarier. Parmi les récits satiri(iues, la lettre Sur la Mort de Pérégrinus, où il raconte, en se moquant, le suicide du cynique Pérégrinus, qui se jeta volontairement dans les flammes aux jeux olympiques, probablement en 165; V Histoire vraie, parodie des inventions fantaisistes, communes aux poètes, aux voyageurs, à beaucoup d'historiens même et de géographes; V Alexandre, esquisse satirique d'une biographie de l'imposteur Alexandre d'Abonouteichos, qui avait fondé, au temps de Marc-Aurèle, un oracle dans le Pont ; VAne, où il raconte .plaisamment, d'après un certain Lucius de Patras, la métamorphose d'un homme en âne et ses aventures.

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Dans la diversité capricieuse et passablement incoh-'rente de ces écrits, un homme se révèle, dont il faut délinir brièvement le caractère, le rôle et le talent.

Captivé par la sophistique dans sa jeunesse, Lucien a éir* d'abord un rhéteur comme les autres. Dans ce métier, il ;i aiguisé son esprit, acquis la finesse et l'élégance du langage, la souplesse de la dialectique, une étincelante variété d'idées, de connaissances, d'images. Mais il a aussi d«'vfloppé en lui-même une certaine frivolité foncière, trup capable de se contenter, en fait de vérité, de ce qui sullisaitàjouer un rôle. Vers quarante ans, sa nature vivo, clairvoyante, sincère, s'est révoltée. Celte rupture lui a fait une place à part entre ses contemporains. Elle dénotait en lui une loyauté et une hardiesse qui sont grandement à son honneur. Ainsi engagé, il soutint ses attaques courageusement et avec infiniment d'esprit, sans se laisser troubler par les inimitiés nombreuses qu'il suscitait. Il s'était posé en défenseur de la vérité, et il menait son entreprise de grand cœur. Mais, pour défendre la vérité, il faut la poss»'der, ou, tout au moins, la chercher d'un effort sérieux. Lucien n'aimait ni l'étude ni les longues réflexions. Ias intuitions rapides lui convenaient mieux ; et, ce qu'il apercevait ainsi, il l'affirmait. Il y avait donc bien de la légèreté et une certaine dose d'infatuation chez cet ennemi du mensonge; il y avait même au fond une conception étroit»de la vérité, puisqu'il la ramenait aune certaine évidenc< . qui risquait souvent de n'être qu'apparente. Lui-mènimanquait de doctrine. En morale, demi-épicurien, demicynique, son idéal se réduisait à vivre sagement, à j^e défendre des illusions, à ne s'attacher très fortement ii rien, à ne s'asservir à personne ; doctrine négative et par conséquent incomplète, condamnée, dans l'application, à demeurer médiocre et inféconde. Comme représentant de la pensée libre, il a eu le mérite de faire éclater le ridicule, le scandale, la puérilité des mythes qui servaieni

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de fond à la religion gréco-romaine. Mais personne n'a pris moins de soin de distinguer le sentiment religieux, inné à l'homme, de ses aberrations temporaires, et d'en réserver les applications possibles à d'autres objets. Son incrédulité n'est même pas fondée sur la science, qu'il ignore et qu'il dédaigne ; elle provient surtout d'une résistance instinctive de son bon sens aux mensonges et aux chimères. Quant à ses arguments, il les emprunte purement et simplement à un épicurisme courant et superficiel. A tous les points de vue, il y a donc en lui quelque chose d'insuffisant. C'est un homme d'initiative et de bonne foi, mais téméraire, qui se contente de demi-vérités, auxquelles il prête d'ailleurs une séduction vive et une apparence momentanée d'évidence.

Plus homme d'action que penseur, à proprement parler, il est supérieur comme écrivain. Le fond de son talent, c'est l'esprit, au sens moderne du mot, c'est-à-dire le don des aperçus vifs, des trouvailles plaisantes, des traits satiriques, l'ne pensée singulièrement nette et prompte, un regard clairvoyant, aiguisé, mobile, une invention pleine d'une délicieuse fantaisie, une dialectique ingénieuse, toujours prête, singulièrement habile aux suggestions imprévues. Son imagination, excitée par une humeur moqueuse, aime à créer joyeusement, en dehors de la vraisemblance stricte, et pourtant avec un sens vif de la réalité, même quand elle la travestit. Ce qui manque à son talent, c'est un peu de sensibilité. Rien ne charme comme la bonté sous l'ironie, la sympathie sous la satire. Il y a quelque sécheresse dans

celle de Lucien.

Son style est un curieux mélange d'imitation et de spontanéité. Mais, en somme, il procède plus des classiques que du grec parlé autour de lui. Dès sa jeunesse, il avait commencé à lire les auteurs qu'on étudiait dans les écoles, poètes et prosateurs, et, pendant toute sa vie, il n'a cessé de les relire. Il en a la mémoire pleine. Grâce à une remarquable

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facilité d'assimilation, il est devenu dans leur commerce un véritable atticjue, non pas un attique exclusif, pédant .1 intolérant, comme quelques-uns de ses cont»'mporniiis,iiiai> un attique comme les hommes distinj^ués de rancieim. Athènes, qui ne dédaiiïnaientrien de ce qui était t;rec. Voil.i d'où il tire pres(iue tout son vocabulaire. Quant au tour, mi manière d'écrire rappelle surtout celle de la comédj.' moyenne et nouvelle, probablement aussi celle d'aufeuiperdus, tels quo Rion le Boryslhénite ou Ménippe de (iadara. Au reste, dans l'imitation, inconsciente ou non, sapcrsonn.ilité éclate partout. Ce vocabulaire, qu'il doit à ses aut»Hn>, il le manie avec une prestesse charmante ; il a, en s'en suivant, une souplesse et une richesse verbales des plus rares. La tinesse est un des caractères les plus frappants de s,i langue. Elle n'a chez lui rien de laborieux ni de cheich»-. Elle s'allie le mieux du monde à la vervt», à la nialico, .1 l'entrain et au mouvement, à toutes les qualités vivauh's < 1 brillantes. Elle n'exclut pas même la force, au besoin. S;l phrase, très habilement conduite, savante dans sa structuiv. est pourtant libre et souple. Il y a dans toute son alluiv une maîtrise qu'on ne trouve au même degré chez aucun écrivain du temps.

15. Ses créations littéraires. — riràce à ces dons éminenl>. Lucien a été, presque seul, un créateur, dans un siècle où le génie grec ne créait plus guère. Il y a dans la littératurplusieurs genres qui relèvent de lui principalement.

D'abord le dialogue satirique. Sans doute il ne l'a pi^créé de toutes pièces. Comme il l'a reconnu lui-même, il en doit l'idée et l'exemple en partie aux Socratiques, surtoui à Platon, en partie aux poètes comiques, beaucoup aussi à Ménippe. Mais il est certain qu'en mêlant à sa manière ses emprunts, en y ajoutant son esprit, il en a fait quehiu» chose de nouveau, qui est resté comme sa propriété. (1* genre, d'ailleurs, n'est pas le moins du monde enchaîné à une formule unique. Quelques-uns de ses dialogues, très

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courts, ne nous mettent sous les yeux qu'une seule situation, indiquée dès les premiers mots : tels sont, par exemple, ses célèbres Dialogues des Morts. D'autres, plus développés, sont de petits drames, qui comportent une sorte d'action; c'est le type qu'il semble avoir préféré et (jui réalise tout ce dont le genre éUiit capable ; citons, entre autres, les Sectes à l'encan, le Pêcheur, la Double Accusation, etc.; action fort légère, naturellement. Bien rarement, on y trouve quelque ébauche de péripéties; le plus souvent, tout se réduit à de simples incidents. Incidents ou péripéties sont proportionnés à l'importance dudrame,qui,en lui-même, n'est presque rien. Surprise, drôlerie, rapidité, voilà son mérite. Il y a toutefois quelque vraisemblance dans cette fantaisie, quelque raison dans ces caprices ; mais, bien entendu, il n'y en a pas plus qu'il ne faut. L'action pour Lucien est simplement un moyen de mettre vivement en scène ses personnages et de les faire parler. Ceux-ci sont des êtres sans consistance, pour qui toute psychologie étudiée serait trop lourde. La plupart n'ont qu'une esquisse de caractère, un trait saillant, qui est la donnée de leur vie dramatique. Ménippe et Diogène sont des cyniques parmi les morts, comme ils l'éUient parmi les vivants ; Timon est un misanthrope bourru ; Micylle, un pauvre naïf, plein de désirs, et, avec cela, un honnête homme. Les personnages allégoriques eux-mêmes vivent de cette vie très simple. D'ailleurs, il faut bien comprendre que de telles conceptions laissent à leur auteur toute sorte de libertés. Sans cesse, il oubliera le personnage qu'il fait parler, soit pour plaisanter, soit pour moraliser en son propre nom. Cela même est une grAce de plus dans ces œuvres de raillerie étincelante, où la raison ne plait qu'à condition de se dissimuler.

Le pamphlet lui a dû presque autant. C'est chez lui tantôt un récit moqueur, tantôt une argumentation, tantôt une instruction ironique. Si la littérature grecque n'avait subi

des pertes qui nous empêcheront à tout jamais de la bion connaître, on y trouverait, cela est certain, des modèles de toutes ces formes de raillerie. Mais Lucien les a rajeunies, et il y a excellé. Si sa fantaisie y est moins inventive, moi us libre et moins hardie que dans les dialogues, elle s'y Inmve pourront mélangée partout à la verve satirique, aux observations piquantes, aux vues ingénieuses, à largumenlalioii pressante, et c'est ce mélange qui semble bien avoir été le trait distinctif de sa manière. Hien de [>lus varié que le tissu de ces amusantes compositions. Que la trame en soit narrative ou dialectique, il y fait serpenter toute une broderie merveilleuse d'anecdotes, de bons mots, de citations, de souvenirs classiques, qui, sans effacer le dessin principal, l'égaient en mille manières. D'autres ont eu, autant <|u<' lui, le don de l'ironie; quelques-uns l'ont surpassé par la force de l'argumentation; personne peut-être ne l'a égalé par cette variété éblouissante, au milieu de laquelle il s»' joue avec tant de grûce et de prestesse.

Le récit fantastique, dont il nous a laissé un mod* !»■ exquis dans son Histoire vraie, semble lui appartenir plus en propre. L'original qu'il a si joliment su conlrefain-, c'étaient les narrations paradoxales des voyageurs; depuis celles d'Ulysse dans V Odyssée jusqu'à celles d'Iamboulos relatives à la grande mer. Mais, pour déclarer dès la première ligne qu'on allait mentir, et pour amuser ensuile son lecteur pendant deux livres avec ces mensonges avoués, il fallait vraiment tout son esprit. D'autant qu'il n'y a là aucune thèse, aucune satire continue. Rien qu'une série prodigieuse d'inventions, plaisantes ou burlesques, qui su succèdent avec la plus étonnante variété. Le don de créer des formes et des mouvements, le talent de décrire ou plutôt de faire voir, l'imagination pittoresque, la verve intari>sable, la hardiesse dans l'absurde en font une u*uvre exli.iordinaire. Entre toutes les créations de Lucien, c'est une de celles qui ont eu la fortune la plus brillante : Rabelais

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et Swift s'en sont inspirés, sans parler d'autres imitateurs moins illustres.

On voit assez par tout ce qui précède à quel point l'œuvre de Lucien, bien qu'elle se rattache à la sophistique contemporaine, la dépasse en tout sens. La mode dont il avait prolilé a pu disparaître sans lui faire de tort : il est resté, comme un des grands représentants du bon sens satirique, comme un des maîtres, toujours admirés, de la raillerie.

18. Alciphron. — Les Philostrate. — Élien. — Quelques autres disciples plus ou moins directs de la sophistique, mais ceux-ci dociles et respectueux, ne peuvent être complètement passés sous silence.

Alciphron \ probablement un peu plus jeune que Lucien, avec qui il semble avoir été en relations, est connu par un recueil de Lettres. La lettre fictive était un des exercices en faveur dans les écoles de rhétorique d'alors. Alciphron n'a fait que perfectionner ce genre scolaire. Ses lettres, censées écrites par des gens de toute sorte et de toute classe, pêcheurs, paysans, parasites, courtisanes, nous mettent sous les yeux, dans de brefjj récits, des situaticms analogues à celles qu'avait représentées autrefois la comédie. Parmi ces correspondants fictifs, figure Ménandre lui-même, et tous ces petits drames se passent de son temps. Atticiste, au meilleur sens du mot, Alciphron aime à se transporter dans l'Athènes épicurienne du iv<= siècle, dont il peint, avec grâce et esprit, l'élégance, les mœurs faciles, la vie brillante et dissipée, sans oublier d'ailleurs ni la misère des pauvres gens ni la ladrerie des avares. Très inférieur à Lucien, il a pourtant quelque chose de son aisance, de sa finesse, de son enjouement, sans l'égaler ni par la fantaisie, ni par le trait, ni surtout par la valeur des idées.

Un peu après Alciphron, se placent deux hommes de même nom et de même famille, l'oncle et le neveu, Philos-

1. Hergler, Alciphronis epistolie, Leipzi};, 1715; Seiler, Leipzig, 1853: Hercher, dans les Epiêtoloyrapfti grxci, Paris, 1873, Bibl. Didol.

trate l'Athénien ei Philostrale de Lemnos, tous deux sophistes de profession, souvent confondus l'un avpr l'autre ^

l^hilostrate l'Athénien doit sa notoriété à deux ouvrai:»'> surtout, qui sont la Vie d' Apollonius de Thyanc et les Vies des Sophistes. — Dans le premier, il s'est fait le biographe d'un célèbre thaumaturge pythagoricien, qui avait vécu au i*"" siècle de notre ère. L'ouvrage, fade et prétentieux, ««si surtout curieux comme document de la crédulité du temps. n fut composé à la demande de l'impératrice Julia, femme deSeptime-Sévère, par conséquent avant l'année 217, où elle mourut. — Les Vies des Sophistes sont un recueil de notices, qui ne forment pas ensemble une histoire de la sophistique, tant s'en faut, mais qui en donnent quelque 'uU'c Une série de portraits oratoires nous y sont présentés ave. une admiration sans critique, sous une forme emphali(ju< et fastidieuse. Ce qui leur donne quelque prix, c'est (ju»' l'auteur les a composés avec des recueils de lettres, avec des traditions d'école, avec des discours alors subsistants enfin avec des souvenirs personnels. Nous avons, du m»'ni' auteur, un Traité de gymnastique et des Lettres^ sur lesquels il n'y a pas lieu d'insistei .

Philostrate de Lemnos nous a laissé un dialogue intituN- VHéro'ique, et un recueil qu'on appelle les Tableaux (Etxovî: . — VUéroïquemei en scène un vigneron d'Éléonte, qui raconl»' à un voyageur des apparitions de héros homériques dont il est favorisé et les entretiens qu'il a quotidiennement aveces personnages. Le mysticisme rêveur du in« siècle s y mêle à des témoignages de quelque valeur sur les vieillelégendes. — Les Tableaux sont plus connus. L'auteur y décrit et y explique soixante-quatre tableaux, qui se trouvaient, dit-il, à Naples, dans un portique. Ces tableaux, réels ou

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