I. Édition
Lchrs. Paris, 1842, Bibl. Didot. dans le vol. des Poetae didani' i: scolies, par Bussemaker, dans la même collection, vol :^ Scholia in Theocritum.
Uutherford, Londres, 1883, avec plusieurs dissertations cl im commentaire; Crusius, Leipzig, 18%; editio minor, 189". i''l^l- Teubncr.
LA RENAISSANCE HELLÉNIQUE
anciennes et courantes, celles que la tradition attribuait à Ésope et qui circulaient partout; quehjues-unes, en petit nombre, ont été inventées par lui, à l'imitation des premières. Babrius n'a ni beaucoup d'imagination, ni une sensibilité vive, ni un tour d'esprit original. Son mérite est celui d'un conteur de talent moyen. Versificateur assez habile, il s'est servi du trimètre iambique, appelé choliambe (boiteux), qui est caractérisé par un trochée ou un spondée au sixième pied ; ce mMre, très voisin de la prose, était bien approprié au genre qu'il traitait. Le recueil de Babrius fut de bonne heure admis dans les écoles. 11 y est resté par l'effet de la tradition, et en raison de sa natuie, qui en fait un livre pour les enfants.
18. Le roman '. — A côté de la poésie, signalons, comme une production secondaire de la sophistique, le roman; mais n'y insistons pas non plus. Le plus grand intérêt du roman grec, c'est qu'il a marqué le début d'un genre appelé aux plus brillantes destinées. Par lui-même, il n'a qu'une valeur fort médiocre.
Ce qui le constitue proprement, c'est le récit développé d'une aventure d'amour. Par ses origines lointaines, il se rattache à l'essor que prit dans la période alexandrine la peinture des sentiments amoureux. Il dérive de l'élégie, de l'idylle, de certaines scènes d'épopée, des contes dits milésrens, et de ces récits innombrables insérés alors dans l'histoire et la mythologie pour y introduire les sentiments à la mode. Mais il procède surtout, et bien plus directement, des exercices d'école, de ces sujets inventés par la
Hirschig, Scriplores erolici, Paris, 1856, Bibl. Didot; Hercher, Scriplores erotici, 2 vol., Leipzig, 1856, Bibl. Teubner; J. Bekker, Heliodorus, Leipzig, 1855, même collection.
A consulter :
Ctiassang, Hisl. du roman et de ses rapports avec Vhistoire dans Vanliq. (jrecque et latine Paris, 1862: E. Rohde, Der griechische Roman und seine Vorlœufer, Leipzig, 1816.
fantaisie subtile des rhéteurs, ((ui créaient des situations à leur gré, séductions, attaques de pirates et de brigands enlèvements, séparations et reconnaissances, pour en tir» r des matières de discours. C'est dans ces exercices, en elfri, que l'esprit grec a contracté le goût des aventures invraisemblables, des accidents multipliés et compli(|ués, îles concours et des conllits de circonstances les plus étrangos; c'est là aussi qu'il a pris l'habitude de traiter les sentiments comme des thèmes oratoires et qu'il a constitiif. par conséquent, les lieux communs de l'amplification romanesque. Voilà avec quels éléments, amours d'éléci<', conventions d'école, goût des péripéties, s'est constitué !•• fond du roman grec. Ces origines rendent raison de sa faiblesse native et de sa pauvreté. N'étant pas sorti de l'obseivation, il a manqué de réalité. 11 a eu, du drame, certains caractères extérieurs, le mouvement, les surprises, et il on a de bonne heure reçu le nom (5pa{jLa, 8pa{xaTixov). Mais ce qui donne au drame sa force, à savoir une action naturelle résultant des caractères, est précisément aussi ce qui lui a le plus manqué.
Les premiers essais de romans qui nous soient connus semblent dater du i*"*" siècle de notre ère. Vers le mèmr temps, un certain Anton ius Diogène composa les MerveHh'> d'au'delà de Thuléy en vingt-quatre livres, dont nous w possédons plus que le sommaire. C'était une composition fort incohérente, où des aventures merveilleuses se déroulaient à l'intini à travers le monde entier et au delà. Nous ne connaissons également que par un compte rendu k> Babyloniques^ roman composé, entre 1 66 et 1 80, par un Syrien hellénisé, Jamblichos ; nous voyons du moins que la psychologie y tenait plus de place et la géographie beaucoui> moins. On rapporte au ni* siècle, sans arguments plu'^ décisifs d'ailleurs, les Récits épkésiens de Xénophon d'Kphèse, qui sont venus jusqu'à nous. Ce roman a pour sujet !• amours du bel Habrocomès d'Éphèse et de la jeune Anthéia,
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ou plutôt les aventures qui les séparent aussitôt après leur mariage et qui ne prennent fin qu'avec le récit luimême. On y trouve sinon des portraits complets, du moins certaines esquisses assez nettes. Mais Tauteur n'a qu'à un faible degré le don de la vie. Son récit, léger, rapide, d'un tour assez élégant, est superficiel jusqu'à la sécheresse.
L'œuvre la plus considérable qu'ait produite en ce genre l'imagination grecque est celle d'Héliodore, intitulée les Éthiopiques ou Théagène et Chariclèe. L'auteur était un Grec de Phénicie, qu'on a voulu identifier à tort avec un évêque thessalien du même nom. Il semble avoir vécu au ni** siècle. Par le fond, ce roman ne diffère pas des précédents. Ce sont des aventures de même nature, c'est-à-dire aussi invraisemblables et aussi compliquées. Mais il a un mérite de composition qui lui est propre ; et, de plus, beaucoup des personnages qu'il met en scène ne manquent ni de vie ni de relief.
A ces noms, joignons encore ceux d'Achille Tatios pour ses Aventures de Leucippe et de Clitophon, et de Chariton de I^ampsaque pour son roman de Chœréas et de Callirrhoé. Tous deux paraissent être par leur date en dehors de la période comprise dans ce chapitre ; ils appartiennent probablement au w ou au v« siècle, peut-être au vi« ; mais ils se rattachent aux œuvres qui viennent d'être citées par une imitation, d'ailleurs fade et prétentieuse. Ces productions, extrêmement médiocres, sont les dernières manifestations du roman grec avant la période byzantine.
Une mention spéciale est due à la pastorale de Longus, intitulée Daphnis et Chloé. L'auteur était un sophiste grec, dont l'Age est inconnu; on ne peut que le placer d'une manière indéterminée entre le ii* et le v« siècle. Le grand mérite de Longus, c'est que, chez lui, le roman devient une peinture de mœurs et de sentiments, presque dénuée d'événements et enfermée dans un même lieu. Ses deux
héros sont deux enfants, un jeune garçon et une jeun»^ flUe, qui grandissent, pour ainsi dire, sous les yeux du lecteur, et en qui se développe un amour qui peu à peu prend conscience de lui-même. Les quelques avenlurcs inventées par l'auteur sont banales. Mais les descriplioii> rustiques sont gracieuses et l'élude des sentiments esl faite avec finesse. Il est regrettable que le mérite de liruvi»' soit gâté par une fausse ingénuité et par un certain libertinage d'imagination.
10. La rhétorique et la grammaire. — Avant de quillti la sophistique du ii*" et du iii<' siècle, il faut encore dii<' quelques mots, mais quelques mots seulement, des travaux de philologie, qui peuvent en être considérés comme un accompagnement ou une dépendance.
La grammaire était le premier degré de l'éducation d'alors, le premier acheminement vers la rhétorique. Quelques-uns des maîtres qui l'enseignaient dans les écoles la cultivaient aussi, en dehors, comme une branche intéressante du savoir. Parmi ces théoriciens, il faut nomm» r d'abord, au [i'' siècle, Apollonios, surnommé Dyscole^ qui peut être considéré comme l'un des organisateurs de l;i syntaxe; puis, son fils, Hérodien, qui continua ses travaux •. Tout près d'eux se placent les lexicographes. Quelques-uns s'occupaient surtout des mots, dont ils établissaient ou contestaient la légitimité; la plupart de ceuxlà étaient des atticistes^ c'est-à-dire des gardiens plus ou moins intransigeants du vocabulaire dont s'étaient servis les écrivains attiques du v* ou du iv" siècle. D'autres étaieui plutôt des antiquaires, pour qui les mots représentaient des faits à expliquer ou des allusions à éclaircir. D'autres encore associaient jusqu'à un certain point les deux ten-
1. Les œuvres d'Apollonios et celles d'IIérodien n'ont et'' publiées jusqu'ici que séparément.
A consulter :
É- Egger, Apollonius Dyscole, Paris, 1854.
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dances, ce qui rend très difficile de les classer d'après ces indications. Citons donc, sans autre distinction, l'atticiste Phrynichos', contemporain de Marc-Aurèle, auteur d'un dictionnaire perdu qui s'appelait Préparation à la sophistique et d'un Choix de mots attiques ('ÀTTixiaTrîç) que nous possédons; Julius Pollux^, un des maîtres de l'empereur Commode, qui composa, sous le titre d'Onomasticon^ un ampie recueil, encore subsistant, assez confus d'ailleurs, mais plein de renseignements sur l'antiquité ; enfin Harpocration, probablement son contemporain, auteur d'un précieux Lej:/çMc (les Dix Orateurs, que nous possédons 3. Une place spéciale doit être faite dans ce groupe au Crée égyptien Athénée, de Naucratis, qui vivait au commencement du ni* siècle. Il nous a laissé, sous le titre de Banquet des Sophistes ^y une véritable encyclopédie en forme de dialogue; ouvrage sans aucune valeur littéraire, mais mine inépuisable de détails relatifs aux hommes et aux choses de l'époque classique.
La théorie de la rhétorique se maintenait aussi, dans le même temps, sans se perfectionner d'ailleurs beaucoup. On ne peut nommer ici que ses représentants les moins obscurs 5; Hermogène de Tarse, contemporain de Marc- Aurèle, dont il nous reste un certain nombre de traités, constituant ensemble un véritable cours de rhétorique; Apsinès de Cadara, qui vécut au ni« siècle; Ménandre de