‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 230 sur 264 · Œuvres, éd. V. Cousin, 6 vol., Paris, 1820-1827 et · texte numérisé non relu

Œuvres, éd. V. Cousin, 6 vol., Paris, 1820-1827 et

En achevant le Néoplatonisme, en l'enfermant dans d.s cadres rigoureux, Proclos le rendit désormais inerte ««f incapable de vivre; il en fit une scolastique. Aussi l'écolt', après lui, ne fait-elle que languir Jusqu'à sa complète disparition. Au vi« siècle, nous ne trouvons plus guère, à Athènes comme à Alexandrie, que des commentateurs ou des intPiprètes. Les plus connus sont Damaskios, auteur des Doutes et solutions, Simplicius, à qui nous devons, entre autres ouvrages, un commentaire sur le Manuel d'Epictète, En ))21>, un édit de Justinien ferme l'école d'Athènes. Les philosophas proscrits se retirent en Perse. Ils rentrent, il est vrai, p«Mi après, et la tradition se continue encore entre leurs mains pendant près d'un siècle, mais elle se continue de plus m plus obscurément. Les classes élevées de la société sont rapidement gagnées au christianisme. Une philosophie non chrétienne est devenue impossible dans le monde grec. Ce qui reste du Néoplatonisme s'infiltre et se perd dans la théologie byzantine.

6. La poésie des derniers siècles. — Qaintus de Smyrne. — Nonnos et son école. — L'Anthologie. — Avant de quitter la littérature païenne, il nous reste à dire quehjues mots de la po«*sie, qui, durant ces derniers siècles, vit à côté de la sophistique, s'alimente aux nH^nes sources, et disparaît enfin avec elle.

Deux genres seulement manifestent encore quelque^ vitalité après le n« siècle, l'épopée et la poésie lyrique.

L'épopée de ces derniers temps est purement œuvre d'école : elle vit de souvenir et d'imitation. Ln poète lV»rl mal connu, Quintus de Smyrne, qu'on rapporte par conj» « ture au iv« siècle, nous a laissé un poème héroïque intitulé la Suite d'Homère (Ta |xcO' *'0[jL7)pov)<. H y raconte, d'après l^s cycliques et les mythographes, les événements qui suivirent

1. Éd. Lehrs, Paris, 1839, Bibl. Didot, dans le même vol. qu'Hésiode ; Zimmermann, Leipzig, Bibl. Teubner.

la mort d'Hector jusqu'à la prise de Troie et au départ des Grecs. Son épopée est sage, correcte, bien ordonnée et bien versifiée, mais sans aucune originalité poétique. — Un peu après parut un homme très supérieur, Nonnos, de Panopolis, en Egypte, qui fut presque, au début du v« siècle, un fondateur d'école. Il semble avoir habité Alexandrie. C'est là probablement qu'il composa, vers les débuts du règne de Constantin, une immense épopée mythologique en 48 chants, les Dionysiaques*. Déjà, au m* siècle, la légende de Bacchus avait été mise en poème épique par un autre Grec d'Egypte, Sotérichos d'Oasis, dans ses Bassariques. Nonnos, esprit ambitieux et hyperbolique, en reprenant son sujet, lui prêta une étendue démesurée, qu'il semble avoir prise pour un signe de force et de grandeur. Le motif central, c'est l'expédition fabuleuse de Bacchus contre les Indiens. Autour de ce thème se groupent des épisodes sans nombre. Cette masse de poésie, qui semble aujourd'hui décourageante aux lecteurs les plus intrépides, dénote, chez son auteur, un curieux mélange de qualités rares et de défauts frappants. Nonnos a une réelle force d'invention, une imagination quelquefois vigoureuse, un sens remarquable de la sonorité des vers. Il gâte ces dons de nature par la déclamation bruyante, l'enflure puérile, le mauvais goût. Son style, emphatique et boursouflé, est singulièrement obscur. Sa versification, enchaînée à des règles créées par lui, a quelque chose de monotone et d'apprêté. Devenu chrétien plus tard, Nonnos composa une Paraphrase en vers de l'Évangile selon saint Jean. Ce n'est guère qu'un travail de versification.

Tel qu'il était, Nonnos fit écofe. La réforme qu'il avait introduite dans la versification s'imposa autour de lui. Son influence est sensible chez presque tous les poètes qui l'ont suivi. Nommons ici, sans insister autrement, les principaux

Page 1