‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 232 sur 264 · Abel, Orphica, Leipzig, 1885, Bibl. Schenkl · texte numérisé non relu

Abel, Orphica, Leipzig, 1885, Bibl. Schenkl

d'être signalé. VHymne à Némésis de Mésomédés, affranchi d'Adrien, et les deux hymnes de Denys d'Alexandrie, poète inconnu, adressés à la Muse Calliope et à Apollon n'ont de place que dans l'histoire de la musique. L'épigramme et la chanson, au contraire, ont produit des œuvres qui ne sont pas sans valeur. Il y eut certainement en tout temps des épigrammatistes agréables et spirituels, dans cette société éprise du bien dire. Vers la fin de l'hellénisme, nous en trouvons plus que jamais. A la cour d'Arcadius, et surtout un siècle plus tard, dans celle d'Anaslase, de Justin, de Justinien, nous les voyons en faveur. Agathias, nommé plus haut comme historien, Makédonios, Paul le Silentiaire, beaucoup d'autres encore, se distinguèrent entre les beaux esprits du VI'' siècle. Un choix de leurs œuvres figure aujourd'hui dans V Anthologie dite Palatine. On appelle ainsi un recueil d'épigrammes dont le manuscrit unique a autrefois appartenu à la bibliothèque palatine d'Heidelberg. Le noyau en fut constitué au x*' siècle par Constantin Képhalas, et complété au xiv« par le moine Phinude. Celte anthologie engloba d'autres recueils antérieurs de même nature, la Couronne de Méleagro, celle de Philippe, une collection de Straton, le C.vc/e d'Agalhias, etc. ; elle les a conservés jusqu'à nous. Sous sa forme actuelle, c'est donc un choix de courts morceaux, où nous pouvons étudier une des formes de la littérature mondaine dans l'antiquité.

Le recueil des poèmes dits Anacréontiques^ nous en fait connaître une autre. Nous avons là de brèves chansons qui ont dû être composées pour de joyeuses réunions, carelles célèbrent en général le vin et l'amour. Leur titre vient de ce qu'elles procèdent d'Anacréon par l'esprit et, en quelque mesure, par la forme. La collection qu'elles forment s'est grossie à diverses époques. Dans son ensemble, elle représente toute la période de l'Empire jusqu'au moyen âge byzantin.

1. Bergk, Poelap lyrici grœci, t. III. Cf. ci-dessus, p. 177.

7. La littérature chrétienne. — Son essor au iv^ siècle. — Les diverses productions de l'espHlgrec que nousavon> passées en revue jusqu'ici, dans la première partie do <•.• chapitre, nous ont toutes laissé voir les marques d'un»' extrême décadence. Il semblerait, si on les considérait seules, qu'à partir du iv« siècle la fécondité de la tr.idition hellénique fût entièrement épuisée. Et cependant il ncn est rien. Car, dans le même temps, le christianisme grec, en so rattachant plus ou moins à cette tradition, produit des œuvres remarquables. Nous devons expliquer cette différence et présenter le tableau sommaire de cette liclit' floraison, en tant du moinsqu'elle se rattache ànotro sujol.

Le christianisme, nous l'avons vu, avait d'abord emprunt'' à la tradition grecque le savoir historique, les idées et l<s méthodes de la philosophie. Il avait dédaigné l'art àpropiement parler, comme indigne de lui. Les choses changèrent tout naturellement, lorsque, d'une part, le fond de sa théologie fut à peu près constitué, et lorsque, d'autre part, il fut reconnu officiellement, c'est-à-dire au iv siècle. \\o\< il sortit des auditoires spéciaux et se produisit au gran<l jour. Ses représentants ne furent plus des maîtres parlant à quelques élèves, comme l'avaient été Clément et Origèn'-. mais des évêques, prêchant la doctrine de l'Kglise à nn public qui comprenait toutes les classes de la société. O public, il fallut le séduire, le captiver. Formés dans I •> écoles profanes, ils y réussirent en appliquant à leiii enseignement les préceptes qu'ils y avaient reçus. L'arl, qui semblait épuisé dans ces écoles, se rajeunit au sein cl églises chrétiennes, parce qu il eut à faire valoir des id et des sentiments nouveaux. En outre, les évèques, ni IV* siècle, furent appelés par les circonstances à jouer wn grand rôle dans le monde. Soit à propos du paganisnn'. toujours prêt à se relever, soit à propos de rarianisme,«nii faillit déchirer la communauté chrétienne, ils eurent h débattre les plus graves questions avec les empereurs -l

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LA FIN DE L HELLENISME

leurs représentants. L'éloquence, amollie dans les écoles, retrouva sa force, lorsqu'elle redevint un instrument d'action. Et elle la garda pour des prédications morales telles que celles de Chrysostome, qui étaient, elles aussi, des luttes ardentes, soutenues avec un zèle apostolique au nom d'une doctrine impérieuse. C'est donc par l'éclat de la parole publique surtout que le christianisme grec se fit place dans l'art littéraire. Mais ce ne fut pas par là seulement. Ce qui avait été fait avec gloire méritait d'être raconté. La religion nouvelle eut ses historiens, très inférieurs, il est vrai, à ses controversistes et à ses orateurs, mais pourtant dignes encore de quelque estime. Seulement, rien de tout cela ne dura très longtemps. Ce qu'on pourrait appeler la vertu littéraire du christianisme s'usa assez vite, pour plusieurs raisons : d'abord parce que, les meilleurs pensées une fois exprimées, il fallut bien les répéter, ce qui donna naissance, là comme ailleurs, à une routine banale et médiocre, contraire à toute originalité; ensuite, parce que deux choses destructrices de l'éloquence se développèrent bientôt en Orient : le goût des vaines disputes, des subtilités éristiques sans valeur réelle, et une tendance ascétique ou monachale, qui devait aboutir au mépris de l'art; enfin, parce que la littérature chrétienne, étant condamnée à prendre ses modèles dans les chefs-d'œuvre du 'paganisme, devait nécessairement décliner à mesure que les esprits se détachaient de l'antiquité.

Ces réflexions nous permettront de mieux comprendre l'évolution des principaux genres que nous avons à considérer sommairement.

8. L'éloquence chrétienne. — Athanase d'Alexandrie. — Allons droit à l'éloquence, sans serrer de trop près la chronologie ; car l'éloquence est le titre principal du christianisme grec dans la littérature *.

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