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Villemain, VÊloquence chrétienne au iv* siècle.
C'est dans la première moitié du iv« siècle qu'elh^ >,. révèle presque subitement. L'occasion immédiate (|ui lui donna l'essor fut Tarianisme. Préparée par los docteurs du siècle précédent aux questions les plus ardues, la thi-ologie chrétienne est amenée alors, par la controvers.' d'Arius, à définir son dogme fondamental, celui de la divinité du Christ. Dans cette discussion, les passions entrent en lutte autant que les idées; le monde entier en .-^i remué; il n'est pas surprenant que des hommes supérieurs aient reçu de là un ébranlement moral qui mit en jeu toutes les ressources de leur génie. Le concile de Nicér-, qui formule, en 325, le dogme de la consubstantialitr, marque une date dans l'histoire littéraire aussi bien quf dans l'histoire religieuse.
Le défenseur le plus illustre de l'orthodoxie, au mili.ii de ces luttes ardentes, fut Athanase d'Alexandrie^. Né dans cette ville vers 295, il se donna, tout jeune encore, au service de l'Église. Simple prêtre au concile de Nicée, où il avait accompagné son évéque, il y joue déjà, à trente ans, un rôle de première importance. En 328, il devient luimême évêque d'Alexandrie. Depuis cette date jusqu'à sa mort en 373, sa vie n'est plus qu'agitation incessante. Mélr avec passion aux luttes du jour, il en subit les alternatives, triomphant lorsque l'orthodoxie triomphe, renversé el proscrit lorsque l'arianisme prend le dessus. Il est trois foi< exilé ou obligé de fuir. Il rentre trois fois dans sa métiopole, oii il exerce une sorte de royauté, grâce au nombre et à l'enthousiasme de ses partisans. Jamais chef de parti n'a plus payé de sa personne. Sa vie n'a été qu'action <'t combat.
Il en est de même de son éloquence. Ses principaux écrits, les seuls dont nous ayons à tenir compte ici, sont des apologies ou des attaques plus ou moins passionnées.