Vers
^- Vers 303.
rf
HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE fiRECOl E
L*ÉLÉGIE ET l'iAMBE
Je nie joue dans la douceur de ma jeunesse: car longtenijensuite, sous la terre, quand j'aurai perdu la vie. je resterai ci. ché comme une pierre sans voix, loin de l'aimable lumière .In soleil; et alors, quoique bon, je ne verrai plus rien».
On voit assez, par tous cos passages, l'originalité fr;i|ipanle du penseur et du poète. Ce misanthrope, ce pesMiniste écrit une langue vigoureuse, pleine de saveur. Il n i guère celte imagination brilhinle ((ui n'est que le jeu d'un' fantaisie d'ai liste; mais il a très souvent rimaginalieii forte qui vient de la passion, et qu'on trouve, par exem|.l chez un orateur véhément, chez un Démosthène. Sa phra^ , dans les sentences, s'adapte volontiers à la mesure ex.h t.du disti.iuo; mais dès que la |)ensé<' cesse d'être uih maxime, elle excède sans scrupule et déborde, avec un.liberté d'allure (|ui caractérise les anciens élégiacpi.-. Théognis avait d'ailleurs conscience d'être un artiste. Il écrivait lui-même son nom dans le prologue de ses élégi ^ pour qu'on ne fût pas tenté de les lui dérober 2, et, diii»» une autre pièce, il promettait à Kyrnos la gloire (pidonnent les beaux vers immortels ='.
9. Phocylide. — Le Milésien Phocylide, selon Suid.. était contemporain de Théognis. Nous ignorons sa v mais le souvenir de ses vers paraît avoir été très vivaiil dans l'antiquité. Phocylide n'est déjà plus un auteur d'él gies proprement dites : c'est un (jnomique au sens propre «lu mol. Il aime à enfermer des observations morales et d préceptes dans des vers ou dans des distiques détacli»-. Ces distiques sont le plus souvent élégiaques, mais il av.nl aussi usé de l'hexamètre seul. Par une préoccupation as-/ singulière, il avait écrit son nom eu tête de chacune de - ^ sentences; elles commençaient presque toutes jiar < mots: Ka'. toôe <l>foxuXîÔ£0). C'est là un procédé de versili-
i. Vers 567-570.