‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 45 sur 264 · Vers · texte numérisé non relu

Vers

tpur plus que de poète inspiré. Les fragments qui nous restent de Phocylide ne renferment rien de bien notable: .'«•st plutôt net, sensé, judicieux que profond ou spirituel. \r plus célèbre des dictons de Phocylide est celui-ci, souvent imité:

Voici ce que dit Phocylide : les gens de Léros ne valent pas cher; ce n'est pas l'un ou l'autre par hasard qui est mauvais, c est tout le monde, sauf Proclès ; et encore Proclès est de Léros.

On voit ici le disti«|ue élégiacjue aboutir à la forme épi- :!rammalique, dont nous avons maintenant à dire un mot.

10. L'épigramme. — Etymologiquement, une épigramme est une inscription. Deux sortes de monuments ont surtout répandu en Grèce l'usage des inscriptions : d'abord les tombeaux, ensuite les offrandes faites aux dieux dans les jtmples. Sans croire à l'authenticité de certaines vieilles inscriptions en vers dont parle Hérodote et qui auraient été contemporaines de l'Age héroùiue', il est certain que l'usage des inscriptions métriques était fort ancien. Archiloque en avait composé en vers élésiatjues. L'emploi du distique élégiaque dans l'épigramme fut une trouvaille d'artiste : le distique est la forme par excellence de ces petites compositions; il »'ncadre et détache la pensée à merveille ; c'est une sorte de médaillon qui est parfaitement approprié à la mise en valeur d'une pensée courte et liue. Au temps où nous en sommes, l'épigramme n'est pas (Micore satirique, sinon par exception : elle est très simple, très naturelle, avec je ne sais quoi de ferme et de large dans le dessin qui lui donne parfois la beauté d'une médaille d'Athènes ou de Syracuse.

Beaucouj) de poètes connus composèrent des épiirrammes. Le plus célèbre fut Simonide de Céos, dont quelques épigrammes sont en efl'et d'une extrême beauté. Nous en avons sous son nom un peu plus de quatre-vingts,

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