‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 51 sur 264 · Hérodotf. m · texte numérisé non relu

Hérodotf. m

nous la montrent amoureuse du beau Phaon et se précipitant du haut du rocher de Leucade; ce sont là des inventions de la comédie grecque. On ne saurait croire davantage aux traditions qui font de Sappho une femme perdue de mœurs : ayant beaucoup chanté l'amour, on lui attribua inutes les faiblesses, sans même distinguer entre les pas- >ions qu'elle dépeignait dans ses Épithalamcs et celles (ju'elle avait pu ressentir elle-même. La vérilé est probablement fort différente et moins romanesque. Sappho fut avant tout une poétesse: elle tenait une sorte d'école de poésie lyrique, oii des jeunes tilles, formées par elle, se préparaient à l'exécution de ses odes. D'autres écoles arfalogues et rivales sont mentionnées dans ses vers. Les IVmmes jouissaient à Lcsbos d'une grande liberté, que la Grèce plus tard ne comprit plus. Dans les écoles poétiques, tMïtre femmes artistes, des amitiés ardentes, des haines et des jalousies ne pouvaient manquer de s'élever. 11 y a de tout cela dans les vers de Sappho. La «omédie attique s'en amusa et travestit à plaisir la réalité. Que Sappho d'ailleurs ail parfois éprouvé pour son com[)te les passions qu'elle f^xprime si éloquemment, nous ne songeons pas à le nier. Ce qui est seulement certain, cVst que si elle avait été la lemme décriée que Ton dit, les Mityléniens ne lui eussent [tas demandé de célébrer dans des odes nuptiales tant de mariages légitimes et ne lui eussent pas rendu non plus l«^s honneurs dont parle Aristote <. Quoi qu'il en soit, sa uloire littéraire est au-dessus de toute discussion et ne prête à aucune obscurité.

Les poésies de Sappho formaient dans l'antiquité neuf livres, qui comprenaient des chansons en mètres divers, •l'^'s épithalaraes, des élégies, des hymnes. Il ne nous en î siérait que des débris si Denys d'Halicarnasse et Longin Il avaient eu l'heureuse i>ensée rie citer deux odes à peu

I ///"■/.. II, p. 1398. B. 1-2 Bekkei).

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près entières^. Quelle que fût la variété des poèmes tl • Sappho, cette variété semble avoir été dans la forme plii> que dans les sujets; au fond, Sappho est avant tout la pu>tesse de l'amour et de la beauté. Ce qui change, ce l l'occasion de cet amour et la nature des sentiments qui s v rattachent, tantôt |)lus personnels, et tantôt plus gén 'raux,tanlnt Joyeux et tantôt tristes. De là ces changemeiiu do rythm«\ qui dénotent un arl savant et délicat. Mais !.• maîiro de sa pensée, c'est toujours Éros, qu'elle eham • avec un inélanue original et exquis de gn^ce, de passion ■ l de naïve lé.

La beauté qu"(dl(^ célèbre est surtout riante et gracienM : c'est colle de V • aimable Aphrodite •> plulôt que de la majestueuse Athéné. u 0 pures Charités aux bras de roses, lill n de Zeus », disait-elle dans une de ses odes^. Et Philostniir, à ce propos, note que Sapjiho a pour la rose une prédile. tion déclarée, qu'elle la vante sans cesse et qu'elle aini comparer avec elle les plus belles de ses com|)agnes. > vers, dit Démétrius, sont pleins d'amour, d'alcyons, printemps. La toilette même ne lui semble pas superllii -. Elle se moque d'une rivale qui ne sait pas disposer av. . élégance les plis de sa robe 3. « Ne fais pas la Hère pour uip bague»), dit-elle à une autre*. N'est-ce pas un trait bi' i féminin que cet amour des Heurs, de la beauté brillante ! bien parée ?

Cette beauté charmante jette Sappho dans une i\vr> • tantôt douce et tantôt violente. Dans l'état de mutilation • i ses vers nous sont parvenus, il n'est pas toujours perinde savoir si c'est elle-même qui parle ou si elle fait pari r

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1. A cnsdoiix tulos. il fiiiil on ajoiifonniP huisii'iiiP (quatre slmpliPs un léof*i, récoininent retrcuivro sur tlos papyrus iO./)//-/7i//;»r/iu.î //«/«y/-/. I '• II. 8', et qui sonihlo èh*o atlrossôf à cv frèiv. r.haraxus. iloiit il ;• question ])lus haut.

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