L.\ POÉSIE .MÉl.lnlE
quelque amoureux; mais peu importe : qu'elle parle sous son nom ou sous celui d'un personnage plus ou moins fictif, c'est toujours son ame (|u'elle exprime. Or l'aine qui vil dans ses vers est ardenle et passionnée :
Je désire et je brûle.
L'amour me torture, dompteur des membres, doux et aiiier à l.i fois, monstre invincil)le.
l/ainour «liranle mon ânic. pareil an vent de la montagne qui <:i])at sur les chênes i.
El surtout ce j>assage,oti la douceur des images dans les piemiers vers fait un si vif contraste avec la peinture intense de l'émotion physique dans les derniers :
Celui-là me paraît égal aux dieux (jui s'assied devant toi, et, (le tout près, entend ta voix si douce.
Ton rire aimable, qui fond mon cœur dans ma poitrine. Dès (|ne mon regard t'aperçoit, la voix me manque,
Ma langue se sèc*he, un feu suhtil court sous ma peau, ma vue se trouble et mes oreilles bourdonnent;
.le ruisselle de sueur: un treinblenicnt me saisit tout entière; ma couleur ressemble à celle de l'herbe, et je me sens presque mourir-.
Os admirables vers, imités jtar Théocrile, traduits par ("atulle, puis [»ar Hacine,sont restés comme le type éternel de l'amour violent et profond (jui s'empai^e de tout l'être, qui le dessèche jusqu'aux moelles et qui devient comme une torture physique.
Les Épithalamcs semblent avoir tenu, dans l'œuvre de Sappho, une place importante. A en juger par les fiagments, on y trouvait moins de passion que dans les autres odes, mais plus de naïveté pittoivsque. Nulle part Sappho ne -'•si tenue plus près de l'art popidaire. Avec une habileté consommée, mais discrète, elle en reproduisait l'allure courte et presque enfantine, les répétitions de mots, les