‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 58 sur 264 · c.iiaj.. VI · texte numérisé non relu

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LA POÉSIE MÉLTOIE

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un chœur, a tenu pendant deux ou trois siècles dans la vi. artistique de la (irèce. Le lyrisme d'apparat est tils .1 la cité. Pour le comprendre, il faut songer toujours à .. no filiation. C'est la vie sociale, telle quelle existo dan. l, cité grecque, qui lui fournit les occasions de se déplov.,. les sujets qu'il met en œuvre, les sentiments qui l'anini. iit. les ressources nécessaires à son exécution. Nous avon> .lit déjà les principaux genres du lyrisme d'apparat. Ces iit'iins correspondent à des manifestations diverses de la vif i • li gieuse ou profane danslacité,ettoujoursàdesmanifestatinns

dun caractère public ou quasi public : fêtes des dieux H l.s héros, fêtes princières, fêles privées même, mais auxcui. ILde nombreux citoyens s'intéressent ou s'associent. O ju.' chante le lyrisme d'apparat, c'est le passé mylbi.iueou \vMn. riquedelacité,cesontlesémotionsquianimeniràme(n!l. -

tivedu peuple. Les idées particulières du poète, néccssi.iivment raresdailleursen un tempsoù la tradition règne en IV

en souveraine sur les esprits, n'ont pas à se faire joui . m personne sefface. Il est la voix de la communaul.. I.i personne même du héros de la fétç, s'il s'agit d'un.' L i* privée, tend à se fondre dans le personnage collectif .i»- la race à laquelle il appartient, du groupe politique don! li -t membre/ Les sentiments, les passions de rindivi.ln n-" sont rien dans l'émotion de tous. Si l'individu lM.'.^.<lt l'oublier, l'appareil même de la f»He le lui rappelbiiM. ;< commencer par ce chœur qui doit exécuter l'ode d'ai»|'"al. et qui se compose de citoyens, de jeunes gens ou de j« «m.lilles appartenant souvent aux premières familles .1' !-• cité. Ainsi tout converge vers la même fin : expressi.-; 1" sentiment collectif, sous une forme musicale et pur juqui, [.ar sa grandeur, sa noblesse, sa gravité, répiuid'- < I' solennité des circonstances.

Autant le lyrisme de Lesbos ou celui d'Anacréon et .k'i»» simples de forme, autant celui-ci va être riche et m. i:"'* fique. Là, une courte strophe, des combinaisons mélrMif^^

constantes, un style presque populaire, un dialecte étroitement local suffisaient : ici, les stroplies vont s'amplifier et se diversifier à l'infini; le style deviendra de plus en [«lus éclatant ; les dialectes locaux, peu à peu éliminés, >. ront remplacés par un dialecte littéraire de couleur (l<.rienne, mais savamment mêlé d'éléments divers, et notamment de souvenirs épiques. Ce progrès, né de la force des choses, sera l'œuvre des générations successives. Tandis que la strophe alcaïque ou sapphique apparaît tout d'abord comme un moule parfait pour l'inspiration lesbienne, la grande triade pindarique est le terme d'une longue suite de trouvailles qui sortent les unes des autres par une évolution régulière. Les genres mêmes du lyrisme dapparat ne naissent pas tous à la fois : ils sortent peu à peu du mouvement de la vie soeiale et des progrès de lart. De là des périodes diverses dans l'histoire de ce Ivrisme : — d'abord celle des fondateurs, ïbalétas pour le l'.'an et l'hyporchème, Alcman pour le parlhénée, Arion pour le dithyrambe ; — ensuite l'âge des grands progrès leehniques de Stésicbore, avec l'apparition de Thymne liéi oïque, puis de Tencomion ; — enfin la période de perfection, avec les maîtres de l'ode triomphale ou épinicie, Simonide, Pindare, Bacchylide.

l ne grande partie des œuvres lyriques qui ont charmé la dr^ce pendant ces trois siècles a disparu. Pindaie et, depuis p«*u, Bacchylide restent seuls avec un ensemble de poèmes encore imposant. C'est donc à eux surtout que nous pouritns demander des informations tout à fait précises sur la ii;»iiire de cette poésie.

9. Thalétas : le pe'an et l'hyporchème. — Thalétas était <l*M.urtyne, en Crète. L'auteur du De âiusica le fait vivre au début du vii« siècle. On racontait qu'il vint à Sparte sur 1 ordre d*u;i oracle, pour organiser des fêtes religieuses desliii»-es à mettre fin à une peste'. II apportait de son pays

'• Flijstarque, De Alusica, 42.

180 UlSTOinE DE l.\ UTTKBATIHE .iRECQrK

natal l'usage des rythmes à cinq temps (le .■.■.•tiqu.. H le néon) et des mélodies d'un caractère nouveau, qu il n.Hiul en œuvre dans des péans et des l.yporch.'mos, exécul.- |.ai la jeunesse de Sparte. I.e mérite littéraire de ces p.Mui.s nous est tout à fait inconnu. I.a seule chose cerlan.e, • • -l l'importance du rôle que lui attribuait la tradition, a In, ,1 à ses disciples: car il fonda une sorte d'école. Et ce i..|.. ..„ ellel. fut san. doul. .on^i.léndde. Avec les rythn.-:,

cinq ten>|.s, la nuisique entrait dans une voie toute -

velle • elle sorlait eulin hardiu.eni du dactyle .'t de 1 Ilmimètre encre d..minants chez. Terpandre; les vieux m..,il,> étaient brisés; toute une poésie plus souple, plus riche, |,lus brillante apparaissait. Il est remarquable que la ..l. ..u s-onéra cette révolution musical.^ et littéraire est celle .•,„,. la m-emière en (;rèce, atleignità la plénitude de l'orgaiu*

lion civique et donna au reste de l'hellénisme le sent m

d'un "enre de vie collective absolument dilTérent .le .lu, des royautés homériiiues.

10 Alcman : le parlhénée. - Con.u.e Thalélas, .m''

Terpandre, comme Tyrtée, .\lcman est encore un élra,,.^ Né à Sardes (probablement de race grecque', vers lea»butdu v,r siècle, il vint aussi à Sparte, sur l'ordre ,1 un oracle, suivant les uns. comme esclave, selon daun- Sparte est alors un .entre politique etiittéraire qui atli, • L • musiciens et les po.'-tes de tous les pays, par 1 .la ■ ses fél..s religieuses et civiques. Alcman y vecnl vi. ux. et Y composa de nombreuses poésies.

Ses œuvres formaie.U six livres. 11 ne nous en resl. "• des fragments. Quel.iues-uns appartienu..nt à des h>n .proprement dits, d'autres probablement a des peaus hyporchèmes, à desscolies. Les anciens lui attr.bucn des chants d'amour. Mais la partie la plus célèbre .L compositions, . 'était le re.ueil de ses l'arthénée». ■ On appelait ainsi, comme le nom l'indique (r.fO.v:

l. Fragm. '2'i.

LA POÉSIE MELUJIE

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-aoOiviov), une sorte tle poème lyrique exécuté par un chœur (le jeunes lilles. Certains hyporchèmes aussi, comme ceux ,lo Délos, taisaient appel à ce genre de clwrur. Mais le parlhénée n'était pas un hyporchèmc; il n'en avait ni la mimique expressive ni la danse rapide; c'était une variété du pt'oso- (lioH, c'est-à-dire du chant de procession, (-e chant, naluitllenient grave, s'adoucissait et se parait <le grâce quand (étaient des jeunes lilles qui l'exécutaient. Sparte était la filé par excellence des chceurs virginaux ; avec ses fêtes en riiunneur d'Arténiis et d'Apollon, avec l'éducation gymiia.'^lique qu'elle imposait aux Jeunes lilles, elle avait à la fois les occasions nécessaires et les éléments de ces chœurs. Il fallait seulement (|u'un artiste se rencontrai pour tirer l>inti des circonstances et fonder une tradition.

Ce fut le rôle d'Alcman, (jue la nature de son génie poéti.pie y avait comme prédestiné. Il fixa, pour ainsi dire, le lypt' charmant du parthénée,(iui ne cessa dès lors de tenir une grande place dans le lyrisme de la Grèce et qui inspira .1" nombreux chefs-d'œuvre aux n»aîtres de la grande rpixpie, les Simonide, les Pindare, les Bacchylide.

Les anciens nous parlent peu des innovations proprement musicales d'Alcman : il est cependant probable que Temploi (lu mode lydien, si convenable à la jeunesse virginale de -- lueurs, dut se répandre grâce à lui. En tout cas, ses I' i .rmes métriques et rythmiques furent importantes. De plus en plus, le mèlre s'assouplit. Les dactyles s'associent iuiK Irochées, comme dans les vers des Lesbiens. Le tétraint'lre et le trimètre s'unissent en systèmes uniformes ou en ii'>pl»es d'un dessin varié. La strophe, souvent très courte ' ii">re, parfois s'amplilie. Et surtout le moule rythmique - in.Mlilie d'un poème à l'autre : à la place du schéma inva- ' iable des Lesbiens, nous voyons api»araître la variété des ::i.inds poèmes lyriques postérieurs. Tout cela est encore i!'^ simple, très voisin de l'origine : mais l'orientation est în'ii'juée nettement, et on comprend que les théoriciens de

l'antiquité aient attribué à Alcman une sorte de révolution

musicale.

Ce qui caractérisait son inspiration, en poésie et -ii musique, c'était la grâce, la douceur spirituelle et fainili. i.. Nous ne pouvons plus juger de sa musique, mais il di il lui-même d'une manière charmante: «Jasais tous les ch;.iii> des oiseaux. » Et ailleurs il allirmait que c'étaient les [.• idrix, dans la campagne, qui lui avaient appris à chanln'. Impossible de mieux définir la grâce libre et neuve de >.mélodies. — Sa poésie était comme sa musique, pi. m, d'élégance et de tendresse.

Il avait composé i)our son propre compte, dil-on, .1chants d'amour, peut-être des chansons dans le goùl !- Lesbiens. Quelques-uns de nos fragments peuvent venir h là. Mais il n'avait pas besoin de composer une chaii-ii d'amour proprement dite pour exprimer ses sentiinriih. Même dans les hymnes aux dieux, il préférait les my!!i'gracieux et tendres aux mythes héroïques ; etsurtout si -ii poème était exécuté par desjeunes filles, il savait y répan. il -.

comme une atmosphère légère et lumineuse, la galaiil* i aimable dont son àme aimait à s'enchanter. Dans les y-nthénées, c'était tantôt Alcman lui-même qui parlait en - ii nom et tantôt les jeunes filles qui étaient mises en sr»' • . ainsi que dans une sorte de drame. Des deux faron-^. «i sensibilité gracieuse du poète se manifestait. Jusque il.ias sa vieillesse, son imagination était restée galante m i^ fadeur :

Mes membres refusent de me porter. 6 jeunes lilles, ô «In ^ chanteuses aux voix charmantes ! Ah! si je pouvais èlr: le céryle, qui, sur la fleur des vagues, vole sans crainte av.alcyons, bel oiseau sombre de la nier prinlaniùre- !

Cette imagination riante n'a rien de commun avec '"ardeurs de Sappho. Il ne semble pas qu'Alcman ait jar

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