‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 60 sur 264 · lltMttdolo. I · texte numérisé non relu

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LA POÉSIE MÉLiyUE

« proèmes '>, des nomes citharédiques, du genre de ceux Terpandre : car il avait pu connaître à Lesbos l'école «le Terpandre, et la légende que nous venons de rappel(M- 1' montre exécutant un nome. De ces deux mille vers, dont beaucoup peut-être étaient apocryi»lies, il ne nous resl.» rien, qu'un court morceau dénué d'authenticité. Nous ih pouvons donc que former des conjectures sur la natun- !. son rôle dans la transformation du dithyrambe.

Arislote nous apprend que le dilhyrambe primitif était un poème fort simple, avec des strophes régulières et un nfrain. Le nom de Toavixô; yopo;, qu'on lui donnait (|uel.pirfois, fait voir que le chœur était souvt^nt formé de personnages décuisés en satyres à pieds de bouc (Tpavo;, buin Suidas prétend qu'Arion imagina le premier d'intiodnuv dans le chœur un groupe de satyres récitant des vers non chantés. C'est peu probable, car on eût été dès lors li-r près de la tragédie proprement dite. Il est plus vraisemblable que l'originalité d'Arion consista surtout à fair.' du dithyrambe populaire, aux stn>|)hes courtes et au relVam bruyant, un poème plus savant, accompagné d'une mus), plus belle, et surtout un poème d'une exécution soin tueuse, grtlce à la magnificence de Périandre.

12. Stésichore : l'hymne héroïque et la « triade » Avec Stésichore, nous sortons de la période des déb pour entrer dans celle des progrès décisifs.

Stésichore naquit, selon la tradition la i>lus répandu- ^ Himère, en Sicile. Il vécut environ quatre-vingts ans, dan^ la seconde moitié du vn« siècle et la première du vi«. S ii nom, (\u'\ signifie « maître de chœur »>, n'était peutqu'un surnom : il s'appelait Tisias, selon Suidas Sa vi. -' à peu près inconnue. On disait qu'il avait raconté v habitants d'Agrigenle, pour les mettre en garde contre if tyran Phalaris, la fable du cheval qui veut se venger du c< t Une légende bizarre, qu'on lit déjà chez Platon, rapport ni qu'ayant raconté dans un poème la faute d'Hélène, il av ni

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été frappé de cécité, mais qu'il avait alors chanté la palinodie et qu'il avait retrouvé la vue. Ce qui est sûr, c'est que Simonide, un demi-siècle après sa mort, parlait de lui lomme d'un classique et le nommait dans ses vers à côté

illlomère.

Ses poèmes formaient vingt-six livres, c'est-à-dire un ensemble trois ou quatre fois plus considérable que celui des poèmes d'Alcman. On citait de lui des péans, des .liants d'amour, des poèmes u bucoliques » et enfin des hymnes. Ces poèmes « bucoli(iues » n'étaient probablement on\-mèmes (jue des hymnes dune espèce particulière: mius y reviendrons. Quant aux hymnes proprement dits, ils Inrniaienl certainement la partie la plus étendue et à tous éizaids la plus importante des œuvres de Stésichore.

On sait que le mot In/niue était le terme générique par lequel on désignait toute poésie chantée en l'honneur des dieux. En un sens plus restreint, c'était un chant exécuté jKir un chœur immobile, aux sons de la cithare. Cette immobilité du chœur (qui n'excluait peut-être pas certains mouvements sur placer distinguait l'hymne du péan, de riiyporchème, du prosodion, du dithyrambe.

l ne première innovatiim de Stésichore fut de consacrer >.•> hymnes non plus à célébrer un dieu, mais à raconter des mythes épiques. Ceux dont les titres nous sont parvenus ne s'appellent pas « Hymne à Zeus »> ou « Hymne à Alhénéo; ils sont intitulés: VOrestie, la Génjonéide, la Chasse au sanglier, etc. On dirait, selon la juste remarque de Hergk, des titres de rapsodies épiques; ce sont des épopées musicales où les aventures des héros se déroulent en larses tableaux. VOrestie formait deux livres. Ces grandes compositions étaient évidemment destinées aux fêtes solennelles que les villes de la Sicile et de la Grande- C.rèce célébraient en l'honneur de leurs prétendus fondateurs, les héros grecs du siège de Troie, dont les Retours aventureux avaient été racontés par les poètes cycliques.

Lne réforme capitale dans les rythmes et les mMi -. répondit à ce changement dans la natnre de l'hymn.'. I.,i petite strophe loiiaédique des anciens poèl«'S lyriques «Itv. nait insuftisante: Stésichore construisitde longues stri»pli où les memhres dactyli(|ues, diversrnient associés aux épitrites (- u - - , formaient des combinaisons amph's i magniti.iues. De plus, ces strophes agrandies se ctuiilinèrent à leur tour les unes avec les autres, de manier.- k former des groupes plus vastes : Stésichore invenla 1 1 triade, ou groupe de trois stro|dies étroitement unirs. Son procédé était aussi simple «luingénieux : après deux strophes exactement semblables (la strophe et lîmlistrophe), il en introduisait une troisième (répodc .lui ofl'rait des mètres différents et qui, par consé(|uenl, chantait sur un autre air. On voit l'effet pro.luit : daboi.l, toute monotonie disparaît; de plus, la stnqdie cesse dï-liv l'unité essentielle de l'ode : elle abandonne ce rôle à ! i triade, plus étendue, plus capable de supporter les ami»!-développements d'une sorte d'épopée lyrique. D'un sn 1 coup, la puissance de développement du lyrisme était Inplée, et même plus que triplée, si l'on songe «|ue «haiiii • strophe en particulier s'était agrandie. Cette trouvaille .1. génie lixait d'une manière définitive le cadre essentiel «lu poème lyrique : malgré les exceptions, on peut dire que 1 1 triade devint la forme classique du lyrisme grec d'appai V.

Il serait bien intéressant de savoir comment Stésichni avait remi)li ces vastes cadres. Malheureusement, il nnous reste de ses poèmes «|ue quelques titres et <l.fragments. Aux titres cités plus haut, ajoutons : les ./" pour Pélias (à l'occasion de ses funérailles), Cerbère, Kt/ni" , Skylla, Hélène avec la célèbre Palinodie, VEuropie, Ériphulles Iletours. On voit que les mythes épiques formaient i fond de ces poèmes. Nul doute, d'ailleurs, que, tout ■ i «'inspirant de la tradition, il ne gardât toute liberté «lan^ l'arrancom.Mit des détails : ses variations sur Ihistoii.

LA POÉSIE MÉl.lnUE

dllélène suffiraient à le prouver. Nul doute non plus que sa manière de raconter ne fût fort différente de celle des poètes épiques. Les récits de l'épopée sont suivis et cir- , Dijslanciés; ils ont leur fin en eux-mêmes. !.«' lyrisme, au contraire, rattache ses récits à une occasion particulière, la fête qu'on célèbre; il fait allusion aux choses contemporaines et présentes, qu'il ne perd jamais complètement de vue ; de plus, il ne procède pas, <lans sa narration, avec im.' régularité miiiulieus»' : il suppose les faits déjà connus, A vole hardiment dun sommet à un autre. Les fragments ,|<. Stésichore sont tnq» courts pour nous permettre d'en iu::er pleinement, mais ils laissent «'Utrevoir ((uelque chose de ces caractères, qui sont d'ailleurs nécessaires a pr/on.

Le stvle de Stésich(»re nous est un peu mieux connu .|u.' son art de composition. Nous voyons que son dialecte «^st im dorien littéraire et i;énéral, qui ne se rattache plus qu'indirectement au dialecte local : il est panhellénique comme le fond même de son inspiration. Son vocabulaire rappelle sans cesse celui de l'épopée. Sa phrase, un peu surabondante parfois, est ample et facile, riche en épilliètes. S'il avait su se borner, dit Quintilien S il eût été légal d'Homère. Le morceau le plus étendu qui nous reste (les Hymnes est un fiagment de six vers où s'aperçoit quelque chose de cette abondance brillante : c'est un passage où il est question de la coupe d'or dans laquelle le Soleil navigue à travers l'Océan pendant la nuit, et à l'aide (le la(|uelle Héraclès était allé chercher les bo'ufs de (lérv(m :

llélios. fils d'Hypérion, monta dans la coupe d'or, afin d'arriver, par delà fOcêan, jusqu'aux abîmes sombres de la nuit sacrée, vers sa mère, vers son épouse qu'il avait eue vierge encore, et vers ses chers enfants; de son côté, le fils de Zeus, à pied, marcha vers le bois qu'ombrageaient d'épais lauriers'-.

Uevenons aux poèmes dits « Bucoliques ». Élien dit que

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