Olymp., I
D'où viennent à Pindare ces hautes idées? Est-ce de l'orphisme? ou du pythagorisme? ou de quelque autre doctrine philosophique? Sa théologie n'a pas un air de secte ou d'école ;elle n'a rien d'ésotérique. Mais il a certainement lu Xénophane et il a subi, comme tant d'autres nobles intelligences de son temps, l'influence générale exercée sur les conceptions religieuses par les progrès de la pensée
grecque.
Même esprit dans sa morale : il suit la tradition en l'épurant. La faiblesse de l'homme est grande; elle n'est point sans espérance. Avec l'aide des dieux, l'homme peut arriver au bonheur et à la gloire.
Êtres éphémères, que sommes-nous, que ne sommes-nous pas? L'homme est le rêve d'une ombre. Mais quand les dieux dirigent sur lui un rayon, un éclat brillant l'environne, et son existence est douces
Pindare est rempli de fortes paroles sur les misères humaines; mais sa mélancolie n'a rien de faible ni de découragé; il est, malgré tout, le chantre de la vie heureuse. Les biens qu'il célèbre n'ont rien de raffiné : c'est la jeunesse, qu'escortent la beauté et l'amour; c'est la richesse, la puissance, la gloire. Il forme son idéal des brillants spectacles que la réalité lui offre à Olympie, à Delphes, à Némée.
La condition du bonheur, c'est la vertu, au sens antique du mot, c'est-à-dire l'ensemble des qualités intellectuelles, morales et physiques. La vertu vient des dieux. L'industrie humaine n'achève rien sans les Grâces, c'est-à-dire sans laide des dieux. Les vertus les plus belles sont celles que les dieux ont plantées de leurs propres mains dans les âmes humaines. Ce n'est pas seulement l'individu, c*est toute la race que les dieux rendent forte ou faible. Les vertus de l'individu lui viennent de sa race. Un fort sentiment aristocratique pénètre toutes ces conceptions.