Olymp.y II, 154 et suiv
LA POÉSIE MÉLIQUE
ou d'une idée, il va droit à Timpression dominante, et il la rend avec une vigueur concentrée et brève. Un trait, un mot lui suffisent; mais ce mot est pénétrant, ce trait brille comme la foudre. La vivacité de ses impressions ressemble parfois à l'émotion d'une sensibilité profonde : il ne fnut pas s'y tromper pourtant; toutes ces émotions se jou<'nt dans la région supérieure des idées générales et des belles images : son lyrisme, pour employer l'expression grecqu»-, est hésychastique ; il a plus de haute raison et moins de sensibilité vraie queSimonide. L'absence d'analyse fait paraître son style rapide; mais, d'autre part, comme aucune passion ne l'entraîne vers un but désiré, le mouvement général de sa pensée est d'une ampleur noble et magnifique. Horace le compare à un fleuve débordé*. L'image est belle et juste. Ce torrent, aux eaux vastes, agitées, profondes, représente bien l'immense déroulement de ce style synthétique, tumultueux parfois dans le détail, mais aninit' dans l'ensemble d'un mouvement large et imposant.
Le dialecte de Pindare est ce dorien général et littérair»qui est devenu, depuis Stésichore, la langue consacrée ilu lyrisme d'apparat.
Son vocabulaire est d'une extrême hardiesse. Il abonil»' surtout en images, en métaphores brillantes, en périphrases expressives, en épithètes, en alliances de mots neuves et saisissantes. La nature visible tout entière se réfléchit dans son imagination; mais en même temps sa pensée, déjà philosophique, pénètre la nature et la spiritualise. L'abstrait et le concret se mêlent dans son style de la manière la plus surprenante, le rendant à la fois plastique et philosophique, imagé et général. Parlant des Symplégades, c > rochers qui se resserrent l'un contre l'autre pour étoufiVr les navigateurs, il dit: <« l'inexpugnable mobilité des piern s qui se rapprochent ». Ailleurs, Jason invoque « les élans, rapides conducteurs, des vents et des flots». Il aime aussi à