‹ Manuel d'histoire de la littérature grecque à l'usage des lycées et collèges [microform]Chapitre 78 sur 264 · Fragm. 6L · texte numérisé non relu

Fragm. 6L

DÉBITS DE LA PHILOSOPHIE ET DE l'hISTOIRE 225

Le plus sage des hommes, à côté des dieux, n'est qu'un singe ' .

Ce qui manque à Héradilf, c'est ce que l'art pourra donner, l'habileté à ménager ses richesses et à les faire valoir. Mais il possède déjà les dons essentiels que rien ne

remplace.

b'Anaxagore (début du V siècle) nous possédons dixsept fragments, dont un de près d'une page. Diogène Laërce dit d'un de ces morceaux qu'il s'y trouve de l'agrément et de la grand«'ur. La douceur vient surtout du dialecte ionien, dont se servait Anaxagore. Quant à la grandeur, elle naît du fond des choses. La personne de l'écrivain semble avoir été aussi complètement absente de son livip qu'elle pouriait l'être d'un livre de géométrie: nulle passion, nulle imagination mémo, si Ton regarde au détail <le l'expression. Il ne discute pas : il énonce des vérités certaines en styh' d'oracle. Ses contemporains l'appelaient par raillerie VlnteUirjencc'^; l'épigramme est juste, et elle indiquo bien le caractère élevé, clair, froid, de son style. Dioiîène d'Apollon ie, moins grand par la pensée, a déjà plus d'habileté technique (lue ses prédécesseurs, plus de celle souplesse dialectique qui sait expliquer les idées et qui est l'une des qualités essentielles de la prose. Dorien de naissance, il emploie le dialecte ionien, qui était alors celui de la prose philosophique, et le manie avec une simplicité vraiment gracieuse. Lui-même d'ailleurs en avait le sentiment, car les premières lignes de son ouvrage appelaient l'attention du lecteur sur la nouveauté de son style : '^ Il me semble qu'au début de tout discours, il convient de présenter un principe assuré dam un langage simple et grave, »

6. L'art d'écrire chez les philosophes poètes. — Tandis que la prose en était encore à balbutier, la poésie avait déjà

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