Fragm
DÉBUTS DE LA PHILOSOPHIE ET DE l'hISTOIRE 229
l'Kcole d'Élée, furent avant tout des disputeurs, les premiers maîtres de Véristique. On i»eut dire que Parménide, quoique vraiment poète à beaucoup d'égards, était bien digne d'avoir de tels disciples.
Empédocle, comme Xénophane, avait composé divers ouvrages. Né à Agrigente, en Sicile, dans le premier quart du v siècle, il appartenait à une illustre et i iche famille. Il refusa, dit-on, la royauté. Sa curiosité était universelle. Il connut tous les systèmes de ses prédécesseurs. Il fut ingénieur, médecin, mystique, et, à ce qu'il semble, un peu charlatan : ses propres vers nous le montrent entouré d'une pompe bizarre, promettant la guérison de tous les maux et se donnant pour un dieu'. Un pareil personnage prétait à la légende : on lui prêta mille aventures étranges. Sa mort fut racontée de diverses manières : la tradition la plus connue est celle qui le fait périr dans le cratère de l'Elna, où il s'était lui-même précipités. Aristote nous aitj.r.'ud (ju'il avait alors soixante ans^. Il avait composé des chants de purification (KaGapixo-:). un poème sur la méd»'« ine, d'autres ouvrages moins importants, et en outre un poème Ihpi çya£w;, en trois livres probablement. De tous ces vers, fort nombreux, quatre cent cinquante environ sont arrivés jusqu'à nous.
La terminologie de son système, avec ces forces personnili.es qu'il appelle l'Amour et la Discorde, avec son Sphji'ros arrondi qui est l'Être un et multiple, immobile et changeant, étonne d'abord et semble bizarre. Elle ne saurai! faire oublier la puissance de son esprit, l'ampleur facile de son exposition, l'éclat même de son style. Voici un fragment, ingénieux et pittoresque, qui est d'un abord moins rébarbatif.
Quand les peintres, savamment instruits dans leur art, font un tableau pour l'offrir à un dieu, ils prennent dans leurs mains