A consulter
Welcker, A^.schyleische Triloffie, Darmstadt, 1824 ; Die griechische Tragœdifin, Bonn, 1839, t. 1 ; G. Hermann, Opuscula, t. H ; Patin, Etudes sur les tragiques grecs, t. 1 déjà cité ; Westphal, Prolegomena zu ALScftglus Tragœdien, Leipzig, 1869; Weil, Etudes sur le drame antique, déjà cité ; en outre, les notices jointes aux éditions des Fragments d'Eschyle énumérées plus loin.
nous apparaîtrait bien plus clairement encore si les œuvre^ des grands lyriques du vu*' et du vi* siècle nous étaient
mieux connues.
Nous savons, pour un certain nombre de ces pièces, qu'elles éUiient groupées en tétralogies, c'est-à-dire assemblées en séries formées de trois tragédies (trilogie tragique) et d'un drame satyrique. Il y a là un fait curieux, (lui soulève plusieurs questions, malheureusement presque insolubles.
C'était, nous l'avons vu, la règle des concours tragiques, dès le temps d'Eschyle, que cha«|ue poète concurrent, aux grandes Dionysies, fît représenter une de ces séries. Le mènn' usage s'est maintenu pendant tout le v« siècle. Mais nous ne pouvons ni affirmer qu'il fût en vigueur en dehors d'Athènes, ni dire quand et comment il avait pris naissance. En outre, certaines de ces séries se composent de pièces connexes, c'est-à-dire fondées sur une même donnée générale, qu'elles développent comme autant d'actes successifs. C'est ce qu'on peut appeler la tétialoyie liée, pur opposition à la tétralogie libre, formée de pièces indépendantes. Faut-il admettre que toutes les pièces d'Eschyle étaient, ainsi qu'on l'a quelquefois pensé et soutenu, assujetties à ce mode rigoureux de groupement ?
Si les chiffres donnés plus haut sont exacts, on voit d'abord (ju'ils ne se prêtent pas même à la reconstitution d'un nombre exact de tétralogies. D'après cela, il est déjà probable, en tout cas, qu'Eschyle avait composé une dizain»' de tragédies indépendantes, soitcju'elles eussent été représentées en dehors d'Athènes, soit qu'elles appartinssent à un temps de sa vie où le règlement en question n'était pas encore en vigueur. Restent un très grand nombre de pièces qui ont été certainement groupées trois par trois. Mais ces groupes constituaient-ils tous des trilogies liées? Il paraît certain que non. Car nous en connaissons au moins un, celui dont faisait partie la tragédie des Perses, qui ne se
ESCHYLE
prête pas à une combinaison de ce genre. Toutefois, c'est là probablement une exception ; et la plupart des pièces d'Eschyle ont dû être réunies en groupes analogues à VOrestie. Nous en sommes assurés pour un certain nombre, et nous avons lieu de le croire pour beaucoup d'autres, parce qu'elles appellent en quelque sorte d'elles-mêmes ce genre de combinaison. Que cet usage soit antérieur ou non à Eschyle, qu'il l'ait créé entièrement ou simplement régularisé et perfectionné, on est autorisé, en tout cas, par la manière dont il l'a pratiqué, à le considérer comme un des traits caractéristiques de son art. L'ampleur de la trilogie répondait à la grandeur naturelle de sa pensée, à la fécondité ordonnée de son imagination, et aussi, comme nous le verrons, à sa philosophie des choses divines et humaines. En outre, elle donnait au poème tragique quelque chose de la majesté de l'épopée, et par là elle convenait admirablement à la noble ambition du poète.
3. Pièces subsistantes ^ — Les sept tragédies subsistantes sont, en suivant l'ordre chronologique, tel qu'il est attesté pour cinq d'entre elles et tel (ju'il nous paraît le plus probable pour les autres : les Suppliantes, de date incerUiine; les Perses (4*2) ; les Sept Chefs devant Thèbes (467) ; Prométhée enchaîné, pièce sans doute postérieure de peu à la précédente ; enfin Agamemnon, les Choéphores, les Euménides, constituant ensemble VOrestie (458). — Les Suppliantes, tragédie d'une structure presque élémentaire et où