Ep., 47; De benef., III
2. Un des derniers ouvrages qui traitent ce sujet en détail est celui de J. Kreyher, L. Annseus Seneca und seine Beziehungen zum Urchristenthiim, 1887. Il donne toute la bibliographie, ouvrages généraux et livres spécialement consacrés à la question. Cependant il omet d'indiquer Ch. Aubertin, Sénèque et saint Paul, études sur les rapports supposés entre le philosophe et l'apôtre, 3* éd., 1872. Le livre de \V. Ribbeck, L. Annseus Seneca der philosoph, und sein Verhâltiiiss zu Epikur, Plato und dem Christenihum, 1887, reprend la question et dirige les recherches dans un meilleur sens. lUbbeck nie avec raison l'existence des rapports entre Sénèque et le christianisme, et recherche dans ses ouvrages l'influence de la philosophie païenne.
3. Cf. E. Westerburg, Ursprung der Sage, dass Seneca Christ gewesen sei,i%Zi.
accidentelle que Poppée, étant Juivev dirigea la colère, de l'empereur contre les chrétiens. La situation tout à fait effacée du christianisme dans le mondé, à cette époque, est encore une raison qui rend très invraisemblable rinfluènce de cette religion sur Sénèque.
Epictète fut un tout autre homme que Sénèque. C'était un Phrygien. Esclave d'un rnaître cruel, plus tard affranchi, il enseigna à Rome, puis à Nicopolis, après l'expulsion des philosophes par Domitien. A Rome, il dut se faire des eniiemis par sa façon d'interroger les gens sans ménagement sur le salut de leur âme. Il prenait constamment pour exemple la aatsucTiç de Socrate. Nous connaissons la doctrine d'Épictète par son disciple Arrien, qui nous Fa transmise dans les SiaTpiSat, dont il nous reste quatre livres sur cinq, et, d'une façon plus abrégée, dans râYyeipt'Biov, petit abrégé de la morale. Nous trouvon s chez Epictète à la fois l'inflexibilité du stoïcien et la liberté de langage du cynique .^ La richesse et la complexité de la vie civilisée n'avaient sur lui aucun attrait. Il né lui coûte pas beaucoup de rhettre d'accord sa vie avec sa doctrine. C'est une espèce de saint; Celse l'oppose à Jésus. Chez lui également la philosophie est tout entière dirigée dans le sens de raction. Cependant il rend certaines idées fondamentales du stoïcisme avec plus de fidélité que Sénèque et Marc-Aùrèle. Par exemple il attache beaucoup de prix à la notion de la Providence (Ttpovota), qui dirige tout, même l'infime et le mauvais, de telle sorte que, partout dans le monde, on peut découvrir de l'harmonie. Il ne faut pas se plaindre de la divinité, qui nous envoie le malheur pour exercer notre vertu, de même que les monstres qu'Héraclès eut à combattre développèrent sa vigueur. L -indifférence au mal et la dureté stoïciennes ont pour explication théorique la distinction, qui revient sans cesse dans VEncheiridion, entre les choses qui sont en. notre pouvoir, et celles qui ne sont pas en notre pouvoir, mais qui par suite ne nous concernent pas [xk ê^'7)[xtv et xà oux Icp' 7)[jtTv) Une maxime fondamentale, qui contient toute la doctrine d'Epictète, dit : aMh/po x<û k-Kéypu ^
Marc- Aurèle nous est connu par sa correspondance avec son maître Fronton, et les douze livres de son journal. Le journal contient ses réflexions sur lui-même (rà eiç iaurdv), qu'il écrivit sous sa tente de général, au cours de ses guerres contre les populations du Danube. Il y remercie ses maîtres et ses éducateurs, et surtout la Providence divine, qui ont fait de lui ce qu'il est. Il s'y prescrit ses devoirs d'homme et de Romain, et accoutume son âme au repos intérieur parmi l'agitation du monde, et à l'idée constante de la mort. Sa bonté était teintée d'égoïsme, son principal souci était son propre salut et sa propre quiétude morale ; le mal du monde ne lui inspirait que des soupirs, si même il s'en apercevait. Il a rempli les devoirs de sa charge sans enthousiasme, et même sans intérêt. Comme chef d'État, il fut mesquin et sa politique manqua de largeur et même d'idéal. Il fit un peu de philanthropie, il s'inquiéta des enfants abandonnés, il promulgua une loi contre les délateurs, et fit