Cité par Porphyre, De abstin., II
à accuser d'impiété Phidias, Euripide, Aristote. Mais les exilés d'Athènes trouvaient un refuge sûr dans la plupart des autres pays grecs. Dans les procès de religion intentés à plusieurs philosophes, à Anaxagore, à Protagoras, à Socrate, il s'est agi surtout des dangers que courait la religion publique, le culte de l'État ; à vrai dire, nous ne pouvons pas expliquer en quoi ces hommes-là justement étaient plus dangereux que beaucoup d'autres; les raisons politiques durent souvent Jouer le plus grand rôle. Le culte variait en Grèce suivant les lieux et nous ne savons pas ce qui se passait dans un grand nombre de sanctuaires. Du reste les fouilles des temples nous apportent sans cesse de nouveaux renseignements. Nous ne sommes informés avec une certaine précision que sur le culte athénien.
Les Grecs avaient encore à l'époque historique beaucoup de bois (aXcroç) et d'enceintes (Tép.£voç) sacrés et des autels (ptop-dç) en plein air, comme nous en rencontrons chez Homère. Les temples (vadç, îspdv) étaient en général isolés par une clôture quelconque (epxoç, TrepiêoXoç). Beaucoup étaient situés sur des hauteurs, sur. les acropoles des cités, et cette position n'était pas choisie pour des motifs ^Durement esthétiques. Le temple était environné d'un respect religieux; la pureté y était le premier devoir; aucun criminel ne devait y pénétrer; des choses que l'on souffrait ailleurs dans les temples, notamment les relations sexuelles, étaient criminelles chez les Grecs ^ L'accès des sanctuaires était souvent interdit ou limité : personne ne pouvait entrer dans l'enceinte de Zeus Lycien en Arcadie ; les prêtres seuls avaient le droit, à certaines époques, de pénétrer dans le temple d'Athéna Polias à Tégée; ailleurs, certaines classes d'hommes étaient exclues, comme les Doriens du temple d'Athéna sur l'Acropole d'Athènes. A cause de leur caractère inviolable, les autels et les temples ojffraient un asile (a(7uAov) aux débiteurs, aux fugitifs et aux esclaves. Dans la salle intérieure d'un grand nombre de temples {0'/)c7aupdç) on conservait aussi les trésors de l'État et l'argent des particuliers. Bien que les lieux consacrés fussent séparés de la vie ordinaire, le sacré et le profane se coudoient facilement. Sur l'agora, dans la salle du conseil, au gymnase, dans la maison d'habitation, d^ans les rues, sur les chemins, dans des coins et aux limites s'élevaient des autels, des hernies^ des statues représentant 'Kan'a irpuTavTTtç, les ôeoi àyuteTç, 'Exàr-ri TpioStTiç, Zeùç ô'pioç, etc. Dans une foule de temples d'ailleurs, l'accès était libre à qui voulait sacrifier ou simplement contempler l'idole.
Les temples s'élevaient en général au-dessus d'un soubassement et formaient un quadrilatère long, couvert d'un toit à pignon. Les restes de cette architecture et des œuvres de l'art plastique nous permettent d'apprécier l'importance de ces monuments. Sans doute pour s'en faire une idée vivante il faut appeler à l'aide l'imagination; le revêtement polychrome des temples et des statues devait en particulier produire une impression plus vive que celle que nous donnent les ruines décolorées ou les copies des monuments.
Les temples étaient tournés en général du côté du soleil levant, la statue