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Leges, II

Les fêtes étaient fort nombreuses ; plusieurs pouvaient tomber le même jour. La plupart répondaient à la vie de la nature, au cbangement des saisons, à la végétation, au labourage, à la culture de la vigne. Il faut tenir compte aussi des rapports des fêtes et des mythes, auxquels correspondaient une partie du i:ituel ou qu'on représentait dramatiquement. Il y avait aussi des anniversaires historiques, comme à Athènes, celui de la bataille de Marathon.

Les noms dés mois âttiques étaient presque tous empruntés aux fêtes principales. C'étaient, en commençant à la fin de juin : Hékatombéon, Métageitnion, Boédromion, Pyanepsion, Maimaktérion, Poseidéon, Gamélion, Anthestérion, Elaphébolion, Munychion, Thargélion, Skirophorion.

La déesse principale d'Athènes était Athéna, à qui étaient consacrés les deux grands temples de l'Acropole (l'Erechthéion et le Parthénon) sans oublier la colonne d'Athéna 7rpd[xa.^oç. C'est en son honneur qu'on fêtait les Synoikia où l'on célébrait l'union des bourgs de l'Attique. Ces Synoikia étaient la préparatiqn aux Panathénées, qui avaient lieu au mois d'Hécatombéon. Le nom de ces dernières indique déjà leur caractère de fête de confédération, comme celui des -Panioma, des Panachaia, des Pdmboeotia. On les célébrait tous les ans, mais avec un éclat exceptionnel tous les quatre ans (grandes Panathénées). Elles étaient accompagnées de jeux : luttes gymniques où le vainqueur recevait en prix une amphore d'huile de l'olivier sacré, concours musicaux, courses de chars, etc. Sous Pisistrate, on y récitait les poèmes homériques. Les processions y tenaient une grande place : c'était d'abord un cortège aux flambeaux qui partait de la statue d'Eros, et aux grandes Panathénées, la procession du peplos que représente la frise du Parthénon. Cette étoffe, tissée par des dames athéniennes [Ergastinai), était de couleur jaune safran et, sur le fond, était brodé quelque épisode du mythe d'Athéna, peut-être sa victoire sur les géants. Les quatre Arrhephoroi, fillettes de sept à onze ans, qui étaient pendant un an consacrées à la déesse, avaient commencé le travail neuf mois auparavant, le jour d'Athéna Ergané. Elles doivent leur nom d'Arrhéphores (porteuses de rosée) à une cérémonie des Skirophories ; dans cette fête, elles portaient, au temple d'Aphrodite Iv xt^tt^), une ciste dont le contenu restait caché (à7rdp^7)Ta) et en rapportaient une autre au temple d'Athéné. La procession du péplos était formée des principaux citoyens, de jeunes filles porteuses de corbeilles {Kanephoroi) , de métèques chargés de vases, des animaux destinés aux sacrifices, merveilleusement parés, des vieillards les plus beaux portant à la main des branches d'olivier [Thallophoroi), et du péplos lui-même porté sur "un char, en forme de navire muni de voiles. — On célébrait encore à Athènes plusieurs fêtes d'Athéna. Le dernier jour de Pyanepsion, tombait la fête d'Athéna Ergané qu'on célébrait en même temps que celle d'Héphaistos et qui, pour cette raison, s'appelait XaXxeTa; nous n'en savons rien de plus. En Thargélion (mai) c'étaient les Plynteria et les Kallynteria, originairement fête d'Aglauros, plus tard d'Athéna. Ces fêtes marquent, dit-on, le retour du beau temps : explication douteuse. Il est certain que l'on nettoyait, à cette occasion, le

sanctuaire et la statue de la déesse, on renouvelait ses ornements et l'on plaçait des figues devant la statue. Citons enfin les Skirophoria, au début des chaleurs de l'été, pendant lesquelles on procédait à des cérémonies purificatoires. Pendant la procession, un parasol (axtpov) protégeait la prêtresse d'Athéna contre l'ardeur du soleil.

Les fêtes d'Apollon étaient particulièrement nombreuses dans presque toute la Grèce. Les Daphnephoria, processions de porteurs de lauriers apoUiniens, étaient fréquentes. A Sparte, dont nous ne connaissons pas beaucoup de fêtes, on célébrait en l'honneur du dieu les Hyakinthia et les Karneia. A Delphes, des fêtes représentaient son voyage au pays des Hyperboréens (àTToSyifxta) et célébraient joyeusement son retour. Les Athéniens prenaient part tous les ans, par une théorie solennelle, à la fête de Délos : la légende du retour de Thésée, vainqueur du Minotaure en Crète, y était associée. A Athènes même, il n'y avait pas moins de cinq mois qui devaient leur nom à des fêtes d'Apollon, et chaque mois le premier et le septième jour lui étaient consacrés. Les Hecatombaia fêtaient Apollon dieu de l'été, les Metageitnia, Apollon dieu de la concorde entre voisins, les Boedromia, Apollon dieu secourable. Aux Pyanepsia, on lui apportait les prémices, des légumes cuits et Veiresione, branche d'olivier garnie de figues, de gâteaux, de flacons d'huile, de miel, et de vin, portée processionnellement au temple du dieu par un jeune garçon. Au mois de Munychion, à l'ouverture de la navigation, on célébrait les Delphinia en l'honneur d'Apollon qui calme la mer agitée de l'hiver. Les Athéniens commémoraient alors l'expédition de Thésée en Crète, les Grecs, le voyage des vaisseaux crétois conduits à Delphes par Apollon. La fête principale du dieu, à Athènes, était celle des l'hargelia, qui tombait à la même époque que la fête de Délos, en mai. Elle consistait en offrande de prémices, processions et chœurs. Mais en même temps on célébrait des cérémonies expiatoires pour fléchir le dieu de l'été torride et des épidémies ; un homme et une femme étaient, dit-on, pris comme boucs émissaires (cpapii-axoi) promenés par la ville et jetés à la mer. Les fêtes de Dionysos étaient extrêmement nombreuses. Citons d'abord les 0?,chophoria, une fête dont les pratiques ne sont pas très transparentes, mais qui consistait surtout à apporter dans le temple d'Athéna, au moment de la maturité de la vigne, les dons du dieu du raisin. En hiver, aux environs de décembre, on célébrait, à la cB.im^B.gne^les petites Dionysiefi, Aiovuo-ia ■vh. 5C0CT.' àypouç ^ On sc réjouissait du vin nouveau, on faisait des cortèges phalliques, des libations de vin (Ôeot'vto.) et l'on sacrifiait un bouc. La tragédie et la comédie sont sorties des chœurs graves ou joyeux de ces fêtes. Elles comportaient des farces et des jeux : on dansait sur une outre glissante [askôliasmos]', on se balançait aux arbres; à ce propos, la légende racontait que lorsque le dieu avait apporté le vin à Icare du demie d'Icaria celui-ci eh offrit à ses voisins qui dans leur ivresse le tuèrent; sa fille Erigone s'était pendue de chagrin. Dans la ville, on célébrait une fête du pressoir, les Lenaia^ en janvier, avec des processions. Plus solennelles

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