‹ Manuel d'histoire des religionsChapitre 12 sur 160 · XX INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION A LA TRADUCTION FRANÇAISE

Des deux termes considérés dans les définitions précédentes, elle ne doit retenir qu'un seul, l'homme ou la société humaine, et tâcher d'expliquer, autant que possible, les pratiques et les croyances religieuses comme des gestes ou comme des rêves humains.

Nous renonçons donc à définir la religion par son objet. Mais il est malaisé de la définir en elle-même.

Le langage traite souvent la religion comme une sorte d'entité, quasi métaphysique, dont l'histoire des religions raconte les naariages mystiques avec les sociétés humaines. Doctrine, mode de sentimentalité, règle de vie, elle se transmettrait de siècle en siècle et de peuple à peuple. On parle de la religion comme on parlerait d'une église, à supposer qu'une église forme dans sa durée et son étendue un corps effectivement lié et vivant réellement d'une seule vie. La concevrons-nous ainsi comme un être à demi concret, continu et <liffus, qui s'allonge indéfiniment à travers le temps et l'espace, superposé à la vie des sociétés qu'il absorbe, mais dont il se distingue toujours, ou bien comme une abstraction représentant tout ce qu'il y a de commun aux faits religieux? La question n'est pas tout à fait oiseuse et il est bon, cette fois encore, que l'historien ou son lecteur aient conscience de leur penchant, car il influe sur la marche de l'étude et les conclusions qu'on en tire. D'un côté, les faits religieux manifestent la religion, une et indivisible, et l'histoire aura pour fin de montrer, à travers les phases qu'il faut qu'elle traverse, sa permanence et son identité. De l'autre, les faits religieux sont toute la religion; ils garderont une indépendance relative et seront étudiés pour leurs particularités; c'est le cas de la présente histoire. Nous préférons évidemment cette dernière méthode. La science des religions doit étudier les faits religieux avant d'étudier la religion, de même que la biologie étudie les faits biologiques avant d'étudier la vie. Ce n'est pas nier que, dans l'espace, il y ait souvent transmission, transport de religions et d'institutions religieuses; que, dans le temps, il y ait toujours tradition; les faits religieux sont même par essence traditionnels. La transmission et la tradition établissent une remarquable continuité entre le passé et le présent et dans toute une partie au moins du monde présent. Nous sommes à vrai dire en face d'une sorte d'antinomie : les faits religieux sont à la fois isolés et continus. Mais avant de faire la synthèse de cette antinomie, il faut prendre l'un ou l'autre des deux partis indiqués. D'ailleurs les deux

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