ILy XV, 190 et suiv
mêler aux luttes humaines sont assez bas : c'est le désir de venger une offense, ou Tamour porté à des favoris ou à des fils dont ils essayent de ruiner les ennemis. Zeus accorde pendant quelque temps la victoire aux Troyens parce qu'il veut être agréable à Thétis ; Poséidon en veut à Ulysse à cause du Cyclope et aux Phéaciens parce qu'ils reconduisent leurs hôtes en sûreté sur la mer.
Au sommet du Panthéon homérique est Zeus, le fils de Kronos, père des dieux et des hommes. Il se vante d'avoir une telle puissance que tous les autres dieux réunis ne peuvent rien contre elle, et il fait trembler l'Olympe *. 11 y règne comme règne sur terre le monarque à qui il a confié le sceptre *. Partout, dans l'État comme dans la famille, Zeus protège les institutions établies ; aussi l'appelle- t-on ôeu((rcioç, Ipxeîoç. Dans VOdyssée il est aussi le protecteur des mendiants, des étrangers et des suppliants. — Son épouse Héra joue dans V Iliade un rôle capital, mais ne se rencontre que rarement dans VOdyssée, On la nomme Tcdtvia, poG^riç, ^^ôxoîjloç, elle est la déesse du mariage et de la naissance, les Charités forment sa suite. Elle se distingue par la part énergique qu'elle prend à la lutte contre les Troyens et ses disputes avec Jupiter. — Dans les deux épopées on rencontre le puissant dieu Poséidon. Il aime à rappeler qu'il est né en même temps que son frère Zeus, mais il est forcé de reconnaître Tautorité supérieure de ce dernier. Poséidon apparaît, aussi bien dans l'assemblée des dieux que dans la lutte entre les Grecs et les Troyens ou dans les voyages d'Ulysse, comme un puissant seigneur qui sait se faire respecter. — Hadès, le troisième Kronide, est bien moins fortement dessiné. C'est le dieu sombre du monde souterrain, à|jLeiXi/o;, àSa[ji3t<rroç, l'inexorable, qui en conséquence n'est l'objet d'aucun culte. — On peut supposer que Perséphone àyauTi^ est son épouse, en la voyant nommée à côté de lui ; cela n'est cependant pas entièrement prouvé et l'on ne trouve pas de traces chez Homère du mythe de Korè, à moins que l'on n'y veuille voir une allusion dans Tépithète de xXutottwXo; appliquée à Hadès. Il est remarquable que Zeus, avec l'épithète xaTa;^0<Jvtoç, est une fois nommé à la place de Hadès '. — Déméter ne se rencontre qu'occasionnellement dans Homère; Zeus nomme Déméter « à la belle chevelure » parmi ses épouses; le pain est le « pain de Déméter ». — Il est question un peu plus fréquemment, mais rarement en somme, de Dionysos. Homère sait qu'il est né de Sémélé, et connaît le mythe du roi thrace Lycurgue, qui périt pour avoir poursuivi les nourrices de Dionysos, et celui d'Ariane *. Homère est étranger cependant au cycle de conceptions et de pratiques religieuses au centre duquel trônaient Déméter, Korè et Dionysos.
Plusieurs des enfants nés de Zeus et de différentes mères sont placés au premier rang dans le panthéon. Zeus a de Héra Ares et Héphaistos, dont les natures ont plus d'un contraste. Ares n'est pas seulement belliqueux, il est emporté et méchant; en compagnie d'Enyo, la meurtrière, il souffle