‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 10 sur 205 · JÉSÜS-CHRIST FONDATEUR DE L ÉGLISE · texte numérisé non relu

JÉSÜS-CHRIST FONDATEUR DE L ÉGLISE

Bebber, Belser, etc.). Mais il semble que Jésus a prêché deux ans et demi ou trois ans. Or comme il commença sa vie publique environ à Tâge de trente ans \ l'année de sa mort est très probablement entre 780 et 783 U.C. Quelques Pères (Tertullien, Lactance et saint Augustin) pensent que le Christ est mort le 25 mars. Les modernes placent sa mort entre le 20 mars et le 7 avril, le 14 ou plus probablement le 15 Nisan ^.

4"" Les renseigrnements des non-chrétiens au sujet du Christ ne sont pas nombreux ^ :

a. La lettre du Syrien Mara à son fils Sérapion place le Christ à côté de Socrate et de Pythagore et l'appelle le a Roi sage » ; par sa condamnation à mort, les Juifs ont hâté leur ruine; le Christ cependant continue à vivre dans la nouvelle loi qu'il a donnée. La plupart des historiens mettent en doute l'authenticité de cet écrit qui vit probablement le jour entre 73 et 160 après Jésus-Christ ^.

b. Aussi peu authentique est la correspondance du prince Abgar d'Édesse avec Jésus-Christ. Abgar demande la guérison d'un mal, le Christ lui répond et lui promet, après son retour à son Père, de lui envoyer un disciple ^.

Sont certainement apocryphes les Actes de Pilate *, récit postérieur de la condamnation, des souffrances et de la résurrection de Jésus, ainsi que la lettre de Lentulus ^ qui décrit la physionomie extérieure du Christ.

c. Quelques écrivains romains font mention du Sauveur et de son œuvre : Pline ®, Tacite ^, et selon quelques-

1. s. Luc, III, as. — 2. RealencycL f, proL Theol., IX, i-43. — 3. A. Har- NACK, Gesch, der altchri^t. Lit.^ I, II, p. 846, 880.— 4. Harnack, Gesch. derallchr. Literatur, I, 763. — 5. Cf. ces lettres chez Eusèbe, Hist. Eccl., I, 13. — R. A. Lipsius, Acta Apostolorum apocrypha, Leipzig, 1891, p. 279 ss. — J. Pa- RisoT, art. Abgar ^ dans le DicL de Théol. Cath, — J. Tixerost, Les origines deV Église d^Èdesse et la légende d* Abgar, Paris, 1888. — Cf. pour Mara et Abgar, Rubens Duval, La littérature syriaque, 3« éd., Paris, 1907, p. 95 ss. — 6. Evangelia Apocrypha, éd. Tischendorf, Leipzig, 1876, p. 210 ss. — 7. Fabricids, Codex Apocryphorum, I, p. 301 ss. — 8. Ep,, X, 97. — 9. Annal, XV, 44.

uns, Suétone \ Lampridius 2. Mais ni ce dernier, ni Lucien, ni Celse, ni les autres ennemis du christianisme ne méritent créance au sujet de la personne du Christ.

d. On ne doit pas dire la même chose du célèbre témoignage de Flavius Josèphe ^. Tous les codices le contiennent, à l'exception d'une seule version hébraïque. Josèphe desfait parler du Christ, puisqu'il fait une mention honorablede Jean-Baptiste, parlede Jacques et à cet endroit * nomme de nouveau le Christ. D'ailleurs le style dupassage est tout à fait conforme avec celui de Josèphe. On n'est pas absolument obligé d'admettre que l'indifférent éclectique déclare ses propres sentiments dans ces expressions favorables; il parle, en se plaçant au point de vue des chrétiens. Le passage est donc substantiellement authentique ; mais il a pu être retouché par une main chrétienne dans la deuxième moitié du m® siècle.

e. Tous les évangiles apocryphes sont les fruits d'une imagination exaltée et mêlent la fiction à la réalité. Les principaux sont : l'Évangile de saint Thomas, celui de Nicodème, le Protévangile de Jacques, le Livre de Jean sur la mort de Marie, l'Histoire de Joseph, l'Enfance de Jésus, enfin deux Livres sur la naissance de Marie ^. Ils sont intéressants comme témoins de l'état des esprits à l'époque qui les vit naître.

S 2. — La fondation et la première expansion de rÉgUse^.

1<* Jésus-Christ est le fondateur de l'Égrlise. Sans

1. Claude, 25; Néron, 16. — 2. Vit, Alex, Sev., 29, 43. — 3. Antiq. Oud,, XKÏ, III, 3. — EusÈBE, HiiU Eccl,, I, ii. Dem, Ev,, III, 5.-— A. Be- RENDTs, Die Zeugnisse vom Christentum im slavischen « De bello Judaico » des Josephus, Texte und Unters., N. F., XIV, 4, Leipzig, 1906. Cf. Anal, BolUf XX (1906), p. 181 8S. — Revue Biblique, 1898, t. VII, p. 150-1Ö2 à propos du mémoire de Th. Reinach, àBnslSi Revue des Études Juives, 1897, t. XXXV, p. 1 ss. — 4. Antiq, Jud., XX, ix, i. — 5. Ceux-ci et d'autres ont été édités par FABnicius, Tiiilo, Tischesdorf dans le Codex Apocryphorum et Evangelia Apocrypha, — Cf. Mamgenot, art. Apocryphes {Livres)^ dans le Dict. de Théol, Cath, — 6. Les quatre Évangiles, Les Actes des Apôtres,

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