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LA FONDATION DE L'ÉGLISE

doute il se soumit à la loi de Moïse et il ne prêcha personnellement qu'au peuple Juif; mais son Évangile devait être annoncé au genre humain tout entier, son Église était appelée à embrasser tous les peuples. Le petit troupeau que Jésus rassembla autour de lui en Palestine devait, tout en gardant son unité, se répandre par toute la terre. Il accorda donc à Pierre et, sous lui, aux Apôtres, le triple pouvoir d'enseigner, de gouverner et de sanctifier les âmes, et en môme temps il imposait aux fidèles le devoir de se soumettre et d'obéir à cet enseignement. Cette autorité, ainsi que Tobéissance qui lui est corrélative, devait se perpétuer à travers les siècles; elle constitue l'essence même de l'Église.

Jésus donna aux Apôtres le pouvoir d'enseigner quand il leur dit après sa résurrection : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fus et du Saint-Esprit' ». Le pouvoir de gouverner l'Église avait déjà été promis à Pierre par Jésus durant sa vie mortelle ^ ; il lui fut conféré après la résurrection, lors de l'apparition près du lac de Tibériade^^. Le pouvoir d'admettre de nouveaux membres dans l'Église et aussi de les sanctifier fut conféré par le Maître, quand il institua les sept Sacrements. Cette institution eut lieu en partie avant et en partie après la mort de Jésus-Christ.

Il suit de là que l'Église ne fut pas fondée seulement lors de la descente du Saint-Esprit. Si l'on appelle parfois la première Pentecôte le jour de la naissance de l'Église, ce ne peut être que dans un sens large, en ce que la jeune Église, pleine de l'Esprit-Saint, commença par « la Vertu d'en haut » et la prédication de Pierre sa première grande expansion vitale.

Épitres. — I. Döllinger, Christenthum und Kirche zur Zeit ihrer Grundlegung, 2« éd., Ratisb., 1868. — C. M. SCHNEiDERt Das Apostolische Jahrhundert, Ratisb., 1889-1890, 1-2. — H. Lesêtre, La Sainte Église au siècle des Apôtres, Paris, 1896. — G. Semeria, Venticinque anni di storia del cristianesimonascente^Kome, 1900.— L. Dvceesve, Histoire ancienne de V Église, t. l, Paris, 1906. — P. Rose, Actes des Apôtres, Paris, 1904. — Le Camis, Lceuvre des apôtres, 3 vol., Paris, 1905. — 1. S, Matth., xxviii, 19. — 2. S. Matts., XVI, 1619. — 3. S. Jean, xv, 15-17.

2'' La Commanauté de Jérusalem. Le jour de Tascension de Jésus-Christ, l'Église comptait à peu près 600 membres * . Ils se réunirent à Jérusalem au nombre de 120 environ avec Marie, Mère de Jésus, pour se préparer à la venue du Saint-Esprit. C*est alors que sur la proposition de Pierre, les Apôtres comblèrent la place laissée vide par la défection de Judas. Ils invoquèrent l'Esprit- Saint, puis recoururent au sort pour décider entre deux hommes vertueux : Joseph Barsabas et Matthias. Le sort favorisa ce dernier, qui dès lors fut compté parmi les douze.

Des faits prodigieux accompagnèrent la venue du Saint- Esprit et la prédication des Apôtres^ ; ils firent connaître au dehors Texistence de l'uglise du Christ. Trois mille Juifs, accourus à Jérusalem de différentes provinces, reçurent le baptême et rapportèrent à leurs patries la doctrine du salut ^.

A Jérusalem la prédication et les miracles opérés par les Apôtres*, notamment la guérison du boiteux à la porte du temple, produisirent une si profonde impression^ que le nombre des croyants s'éleva à 5.000^. L'Église persévérant dans la doctrine des Apôtres, dans la fraction du pain et dans la prière, vivait dans une sainte communauté de biens '^. L'Esprit-Saint bénissait cette heureuse disposition. Aussi quand Saphire et Ananie essayèrent de tromper saint Pierre sur le prix de la vente de leur champ, ils furent punis à la parole de FApôtre par une mort subite^.

Or la communauté s'accroissait toujours. Des plaintes s'étant élevées, parce que les veuves des Juifs grecs n'étaient pas si bien traitées que les autres, les Apôtres choisirent sept hommes pleins de l'Esprit de Dieu et leur confièrent le soin des pauvres et le service des agapes. Telle fut l'institation des diacres^. Les Apôtres

1. Actes, I, 15; I Cor,y xv, 6. — 2. Actes, i ss. — 3. Actes, ii, 41. — ^, Actes, II, 43. — 5. Actes, m, 1 ss. — 6. Actes, iv, 4. — 7. Actes, ii,42 SB.— 8. Actes, V, 1 ss. — 9. Actes, vi, 1 ss. Quelques-uns pensent qu'il y afait déjà des diacres pour les Hébreux.

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