‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 100 sur 205 · LES MÉTROPOLITAINS · texte numérisé non relu

LES MÉTROPOLITAINS

le peuple et d'entretenir les édifices ecclésiastiques. L'archidiacre arrivait deux jours d'avance pour convoquer le peuple et ceux qui ne paraissaient pas étaient excommuniés ^ . Les évèques ne devaient exiger que deux solidi^ n'avoir avec eux que 50 personnes avec leurs chevaux et ne rester qu'un seul jour dans chaque église ; par contre, les prêtres et les abbés devaient les pourvoir du nécessaire *.

Sous Charlemagne, la visite annuelle fut spécialement prescrite ^ et l'on donna à l'évêque pour sa sauvegarde un comte du pays. Au ix* siècle le Sendgericht ou justice synodale, se développa beaucoup par l'institution des échenns synodaux. Sept hommes libres, irréprochables et assermentés, désignés à cet effet, témoignaient, pardevant l'évêque, de l'état de la commune, et disaient : si tous avaient, le dimanche et les jours de fête, assisté à l'office du matin, à la messe et aux vêpres, s'il existait des abus, si le curé exhortait le peuple, si le repos dominical était observé, si chaque famille aisée nourrissait ses pauvres, etc. L'évêque portait le jugement et le comte en surveillait l'exécution ^,

5° Au commencement de cette période les clercs d'une église cathédrale vivaient en communauté, ou menaient la vie canoniale; les Bénédictins, qui avaient fondé beaucoup d'églises, donnaient l'exemple et on les imitait ; c'est ainsi que se formèrent les collèges des clianoines ^. S. Chrodegang, évêque de Metz (f 765 environ), s'aidant de la règle bénédictine, rédigea pour le clergé de sa cathédrale un règlement de vie en 34 chapitres ^ ; ce qui fut bientôt approuvé et imité. Louis le Débonnaire mo-

1. Gonc. de Tolède (653), can. i6. — 2. Gonc. de Tolède (646), can. 4; de Boissons (744). — Hefele, III, 519. —3. Voiries Captïutoirex chez Pertz, Leges., I, p. 17, 33, 188. -> Cf. J. Rot, Charlemagne^ dans La France Chrétienne dans l'histoire^ Paris, 18âS, p. 83 ss. — 4. Réginom, De Disciplina Ecclesiaslica, lib.II, c. i. — P. L., GXXXII, 280 ss. — Imbart de la. Tour, De ecclesiis rusticanis asiate carolingica, Bordeaux, 1890. — b.Pn. Schneider, Die bischöflichen Domkapitely ihre Entwicklung und rechtliche Stellung im Organismus der Kirche, Mayence, 1885, — 6. Mansi, t. XIY, p. 313. — Hef£le,IV, 19 ss.

difia ce règlement et le prescrivit en 816 ou 817 dans tout son empire *. Cependant cette vie commune dura peu de temps dans les chapitres des cathédrales et des collégiales, à raison sans doute des possessions privées. On pouvait conserver des biens meubles et jouir des revenus des immeubles; ce qui maintenait l'inégalité de la fortune et ide la considération. L'évêque Gunther de Cologne alla plus loin encore, laissant aux chanoines l'administration de leurs bénéfices. Au x^ siècle déjà, la plupart des chapitres qui menaient la vie canoniale avaient disparu; quelques-uns cependant subsistèrent, à Trêves jusqu'en 1215, à Osnabrûck 1240, à Mayence 1253 et à Wûrtzbourg jusque vers 1260^.

S 68. — Nomination, revenus et formation du clergé 3.

1^^ Les nominations ecclésiastiques appartenaient à rÉvêque ; il instituait les curés et jugeait de leurs aptitudes. Le développement du droit de patronage limitait pourtant ce pouvoir et souvent au grand dommage de la religion; un sujet « présenté » par le patron ne pouvait être refusé, s'il n'était reconnu indigne. Le grand nombre des chapelains privés, souvent peu au-dessus des domestiques, était une grande difficulté et provoquait une inconsciente opposition contre l'évèque. La protection de la noblesse et l'abus de 1' « ordination absolue » * augmentaient beaucoup les recrues du clergé errant {clerici sfagantes) et diminuaient l'autorité episcopale ; néanmoins de salutaires prescriptions corrigèrent peu à peu ce mal.

1. Pertz, Leges, I, 219. — 2. Thomâssin, VeU et Nov, discipL, t. I, I. IIX, 8, 9, 40. ~ 3. IMBÀRT DE LA ToDR, Les élections éptscopales dans Véglise de France du IX* au XI* siècle, Paris, 4891. — Hinsghids, Kirchenrecht^ t. II. — Below, Die Entstehung des ausschieslichen Wahlrechtes der Domkapitel^ Leipzig, 4884.— Philups, Kirchenrecht, III, 434 ss.; V, 760 ss. ; VU, 614 as. — Siebeugjlrtner, Schriften und Binrichtungen zur Bildung der Geistlichen, Frib.-en-Br., 4903. — 4. Celle des prêtres qui n'étaient attachés à aucune église déterminée. — 5. Concile de Paris (829), I, can. 23, 36. — Hefele, 1\% 57 ss. — conc. de Pavle (850), can. 21. — Hefele, IV, 478 etc.

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