‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 99 sur 205 · LES MÉTROPOLITAINS · texte numérisé non relu

LES MÉTROPOLITAINS

Avant le pseudo-Isidore, était en vigueur le recueil de Denys le Petit S qui dans sa première partie donne 401 canons de divers synodes et dans la seconde les décrétâtes de 348 à 498. Charlemagne introduisit comme recueil officiel une édition augmentée de cet ouvrage (802) ; la Collectio hispanica fut par là même exclue de l'empire franc. Entre 846 et 852, parut la nouvelle collection répandue sous le nom Hlsidorus Mercator et ordinairement nommée Collection pseudo-lsidorienne. A côté de celle-ci, parurent deux autres collections composées de même pour la majeure partie de pièces falsifiées : les Capitulaires de Benedictus Levita^ et les capitula Angilramni^\ toutes deux montrent les mêmes tendances que la collection du pseudo-Isidore. Ces recueils contiennent beaucoup de ce qui se trouve dans les fausses décrétales. Quel est le rapport de dépendance entre ces divers recueils? Ceci est incertain. Le recueil du pseudo-Isidore est conservé dans deux recensions : la plus longue contient un prologue, la donation de Constantin, les 50 canons apostoliques, 59 lettres pontificales, de saint Clément à saint Miltiade (88- 314), les canons des anciens conciles depuis celui de Nicée jusqu'au IP de Séville, sous saint Isidore, les décrets depuis saint Silvestre 1«' jusqu'à Grégoire II (314- 731). L'avant-dernière division est tirée de la Collectio hispanica y la dernière Testen partie. Environ 100 pièces sont falsifiées et formées d'authentiques décrétales et canons ou tirées de la sainte Écriture, des Pères, etc. : la forme est controuvée, et les décisions des derniers temps sont attribuées aux papes d'une époque antérieure. Le recueil fut probablement déjà employé au concile de Soissons (853) et assurément dans celui de Quiercy en 857. Il était déjà connu en Italie à la fin du ix® siècle, mais n'inspira pas beaucoup de confiance jusqu'à la fin du XI® siècle ^.

1. p. L., LXVIL — 2. Mon, Germ.j Leges ^ H, 2, p. 47-158. — 3. Hinschiüs, op. cit. ~ 4. Dans une plus ou moins grande mesure, la falsiflcation passa

3° Les évéchés en France, où les villes étaient encore peu nombreuses, étaient généralement très étendus ; les évéques avaient donc besoin d'auxiliaires ; ceux-ci recevaient la consécration episcopale et portaient le nom de chorévêques. En Orient^ ces derniers étaient vraiment évêques et indépendants jusqu'au iv® siècle, où ils furent privés de leur caractère épiscopal et soumis aux évêques des villes, puis ils disparurent peu à peu au viii^ siècle ; au contraire, en Occident ils se multiplièrent surtout après Tan 700, ayant toujours la consécration episcopale, assistant Févéque dans son administration et même le remplaçant dans les parties éloignées du diocèse. A partir du ix° siècle on voit peu à peu le nombre des chorévêques diminuer, d'abord en France, puis en Allema-^ gne ; la cause peut en être dans la réforme d'alors qui s'ajouta aux anciens canons ; et , selon quelques-uns , dans l'influence du pseudo-Isidore. En Angleterre, les chorévêques ne disparurent qu'au xii® siècle *.

L'administration partielle des évêchés passa alors aux archidiacres qui faisaient surtout les visites et surveillaient le clergé 2; au ix® siècle on en rencontre plusieurs dans un seul diocèse ; plus tard et peu à peu, les évêchés se partagèrent en archidiaconés ; les archidiaconés en archiprêtrés ou doyennés. Ce partage, qui existait déjà au diocèse de Reims sous Hincmar (845-882), ne devint général qu'au xi® siècle.

4<» Les visites du diocèse avaient pour but de veiller à ce que le clergé remplit bien ses fonctions, d'exhorter

dans d'autres recueils : Collectio Anselmo dicata (883-897) ; Libellus de synodalibuscausisetdisciplinis de Reginon dePrûm (f 915); Decretum oa Collectarium de Burchard de Wonns (f 1025) ; Collectio Anselmi Luœenais (f 1086) ; Collectio Cardinalis Deusdedit (1086) ; et de là indirectement dans le Décret de Gratiën. Le premier qui douta de l'authenticité fut Nicolas de Cusa, puis Jean Torquemada, et beaucoup d'autres au xvi* siècle ; Blondel lutta vivement à ce sujet contre le jésuite Turrianus. Les frères Ballerini et Hinschius prouvèrent longuement et savamment la falsiûcation. — 1. Rev. d'hist. ecclés,, 1906. -— Saltet, Les Réordinations, Paris, 1907, p. 109 ss. — 2. Gréa, Étude historique sur les archidiacres^ Bibl, de Vécole des Chartes^ 3« série, t. II. — A. Schrodeh, Die Entwicklung des Archidiakonais bis zum U Jahrhundert^ Augsbourg, 1890.

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