‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 107 sur 205 · LA LUTTE EUCHARISTIQUE · texte numérisé non relu

LA LUTTE EUCHARISTIQUE

Hincmar convoqua le concile de Quiercy (853) qui accepta les thèses suivantes :

Quod iina tantum sit praedestinatio Dei. Quod liberum arbitrium per gratiam sanetur. Quod Deus omnes homines velit salvos fieri. Quod Christus pro omnibus hominibus passus sit ^

Avec cela, la paix ne fut pas rétablie. En 855 suivit le concile de Valence^ qui rejeta plusieurs propositions de Scot Érigène et du concile de Quiercy; en 859, celui de Langres ^, où le concile de Valence fut partiellement rétracté ; le concile national de Savonnières (juin 859) n'amena pas la paix. Alors Hincmar écrivit un livre, De praedestinatione Dei et libero arbitrio *, dans lequel il accorde une double prédestination, mais non dans le sens de Gotteschalk. On pourrait dire, concède Hincmar : « Electi praedestinati sunt ad vitam et nta illis » ; et i^ poena praedestinata estreprobis », mais non « reprobi adpoenam ». En 860, au concile deToucy,onne s'accorda pas sur la question de la prédestination, mais la paix fut rétablie. On se soumit à rjE/?/5^o/a synodalis^ d'Hincmar qui contient seulement les vérités admises par les deux partis.

S 74. — La lutte eucharistique ^.

1^ Le IX® siècle vit aussi s'élever une controverse au sujet de la sainte Eucharistie. On ne mettait pas en question la présence du Christ sous les espèces du pain et du vin, mais seulement le mode sous lequel Notre-Seigneur réside dans le saint Sacrement. Paschase Rad-

1. Hefele, IV, 187. — Cf. Denzinger, éd. IX, p. 96 ss. — 2. Maksi, XV, 1 ss. — Deuzinger p. 97 ss. — 3. Mawsi, XV, 537. — 4. P. L., CXXV. — 5. Hjncmak, EpisU 24 ; P. L., CXXVI, 422 ss. — 6. Ernst, Die Lehre des H. Paschasius Radbertus von der Eucharistie, Frib.-en-Br., 4896. — Sciiwane, Hist. des dogmes, t. V, p. 489 ss. — A. Naegle, Ralramnus und die H, Eucharistie, Vienne, 4903. — Batiffol, Études d*hist. et de Théol, positive, 2« série, 3« édit., p. 354. — TURMEL, Hist, de la théol. posit., p. 306 ss.

'à66 DEUXIÈME ÉPOQUE. — PREMIÈRE PÉRIOBB,

bert, moine et plus tard abbé de Corbie (844-851), écrivit pour l'instruction des Saxons son livre De coi-pore et sanguine Domini^, Il traita avec parfaite orthodoxie du saint mystère et dit en particulier ceci : « Et ut mirabilius loquar, non alia plane (caro), quant quae nata est de Maria et passa in cruce et resurrexit de sepulchro » (cap. i).

Vers 853, Raban Maur adressa un livre à l'abbé Egil de Prüm et combattit la proposition de Radbert en disant que le corps du Christ dans le saint Sacrement est bien réellement (naturaliter) le même que celui qui naquit de la Vierge Marie, mais non pas le même quant à la forme et à l'apparence [specialiter] ^. Quoique Paschase Radbert n'eût rien dit contre cette doctrine, il apparut cependant à plusieurs que certaines de ses expressions pourraient être prises dans un sens capharnaïte, à savoir que les espèces visibles seraient le corps du Christ ^. Il n'est pas certain que Scot ürigène ait écrit contre lui, mais il est sûr qu'il a énoncé beaucoup d'erreurs sur ce sujet. Il disait selon Hincmar... « quod sacramentum altaris non verum corpus et verus sanguis sit Dominiy sed tantum memoria veri corporis et songuinis ejus* ». D'autres encore en accusèrent également Scot Érigène^.

2° Ratramne, moine de Corbie comme Paschase Radbert, écrivit contre ce dernier un livre De corpore et sanguine Domini^ et distingua pour le Christ une présence tombant sous le sens et une présence sacramentelle; il opposa la figure et la i^érité du Sacrement et insista sur la différence formelle entre le corps physique et le corps eucharistique du Christ. Ratramne est obscur. Il est malaisé de déterminer avec certitude, d'après ses écrits, ni sa propre doctrine, ni l'opinion de ses adver-

1. p. L., CXX, 1267-1369. — 2. Dicta cujusdam sapienh's de corpore el sanguine Chriatif P, L., CXII, IWO, 1514. — Don Monns, Rev, Bénédictine, janvier 1908. — 3. Cf. Franzelin, De Eucharistia, Thés. 10. — 6. HiacHARt de Praedestinatione, c. 31. — 4. Adrewald. De corpore et sanguine Christin P. L., CXXIV. — 6. P. L., CXXI, 403 88.

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