‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 111 sur 205 · SACREMENTS, CULTE ET VIE LITURGIQUE · texte numérisé non relu

SACREMENTS, CULTE ET VIE LITURGIQUE

S 79. — La sainte Messe et la Communion ^

1** Pendant cette période, la ütupgcïe^ de Constai^tinople domina dans l'Église d'Orient et peu à peu absorba et supplanta toutes les autres. L'Occident avait, depuis le iv® siècle, deux liturgies : la romaine et la gallicane; la première était suivie à Rome, dans le sud de ritalie et en Afrique ; la seconde, dans les autres pays de l'Occident. La romaine s'étendit de plus en plus, se mêla à la gallicane et forma avec elle les différentes liturgies de l'Occident. A cause des continuelles relations avec Rome, la liturgie romaine finit par l'emporter; néanmoins ce ne fut pas sans peine, en raison de l'attachement aux liturgies nationales et locales.

2** Les efforts de Charlemagne, de Nicolas II, et d'aU' tres encore pour introduire à Milan la liturgie romaine n'eurent pas le résultat désiré. Dans l'empire franc, elle fut adoptée sous Pépin le Bref^ et sous Charlemagne. En Espagne, la tentative d'Alexandre II (1064)

1. DucHESNE, Origines du culte chrétien^ 3* éd., Paris, 1903. — Ebner, Qwe?lenund Forschungen zurGeschMnd Kunstgesch, des Missale Romanum im MiUelalter, Frib.-en-Br., 1896. — Funk, Abh, und Unters,, 1. 1, 293-308, Der Kommunionsritus ; III, 85-134, tjber den Kanon der röm. Messe; lil, 134- 143, Die Anfànge von Missa-Messe; — Tûbinger Quartalschr,, 1906, p.95- 109. — 2. Krieg, Die liturgischen Bestrebungen im Karolingischen ZeitaU ter, Frib.-en-Br., 1888. — 3. Mon. Germ,, Leg,, sect. II, t. ï, c. 80 ; Cf. iôtd., p. 80. — Hefele, III, 564, can. 13.

ne réussit pas ; mais Grégoire VII y introduisit la liturgie romaine, laissant seulement subsister à Tolède, dans six églises, la liturgie mozarabe-gothique. L'Angleterre s'était, bien auparavant, unie au rite romain, rendu universellement obligatoire au synode de Clovesho ^ (747) ; l'Ecosse et l'Irlande ne s'y prêtèrent pas aussi facilement : la première reçut la liturgie romaine par l'entremise de la reine sainte Marguerite (•{- 1093) : la seconde, par les efforts de l'évêque saint Malachie au XII® siècle. Tandis que partout ailleurs les liturgies nationales et locales disparaissaient devant la liturgie romaine, apparut au milieu du ix® siècle, en Moravie, la liturgie slai>e de saint Méthode qui tomba pourtant en désuétude au x« siècle, par suite de l'invasion des Magyars.

3° Relativement à la célébration de la sainte Messe, il y eut, à partir du vu® siècle, une modification notable : jusqu'alors la messe était célébrée seulement en présence du clergé et des fidèles, mais ensuite les messes privées entrèrent en usage. En France, les jours déjeune, chaque prêtre était obligé de dire trois de ces messes : Tune de die^ une autre pro s>ins et la troisième pro defunctis ^. Le synode de Seligenstadt défendit de célébrer plus de trois messes par jour (1022) 3. Personne ne devait dire la messe sans servant [missae solitariae)^ ni hors de l'église sans permission expresse ^. Les oblations, qui auparavant consistaient en pain, vin, raisin, huile et encens, furent parfois présentées en argent; surtout quand le prêtre devait célébrer la sainte messe à des intentions déterminées ou pour les défunts^. La messe des présanctifiés avait lieu tous les jours de jeûne en Orient, excepté le samedi, le dimanche et le jour de l'Annonciation ^ ; en Occident, le vendredi saint seulement ; le samedi saint ' la messe était dite après la

1. Hefelé, III, 564, can. 13. — 2. Synode deDingolfing (932); de Mayence (vers 950). — Heffle, IV,ö92,603. — S.Hefele, IV, 672. — 4. Hefele, IV, 64,513- 514. — 6. H. Thürston, Stipends for Masses^ The Month, 1908, p. 13. — 6. Conc. Trul., c. 50. — 7. Hefele, Beitrage, II, 290 ss. — Conc. de Rouen (4072).

Page 1