LA SAINTE MESSE ET LA COMMUNION
neuvième heure (3 heures de Faprès-midi) et aussitôt après la nuit de Pâques commençait ^ .
, 4<» Auparavant presque tous les fidèles recevaient la sainte Gommunion à chaque messe; depuis Tapparition des messes privées, il n*en fut plus de même, et les communions diminuèrent beaucoup. Un synode allemand, tenu au viii® siècle, se plaint de cela et cite pour modèles les Grecs, les Romains et les Francs « qui chaque dimanche reçoivent la sainte communion ^ ». Le synode de Châlons en 813 et celui de Tours en 858 exigent la communion trois fois par an; celui de Mayence, en 950-954 , se contentait déjà de deux fois^. La communion hebdomadaire fut cependant instamment recommandée. En 692, le concile in TruUo prescrivit qu'on recevrait la sainte Eucharistie sur la main et non sur un plateau ou patène ; en Occident au contraire, on la recevait sur la langue. On donnait encore la communion sous les deux espèces ; le vin, au moyen d'un chalumeau (fistula). Plus tard, en Orient, et un peu plus tôt en quelques endroits dans l'Occident, on trempait le pain consacré dans le vin consacré et on distribuait le tout avec une petite cuillère ; ce qui fut pourtant défendu en 675 au concile de Braga. Assez longtemps dans le moyen âge, on conserva l'usage de distribuer aux enfants les saintes espèces qui restaient. Le concile in TruUo avait déjà défendu de mettre les saintes espèces dans la bouche des morts et saint Boniface renou- . vela cette défense *. En Occident, dès le vm' ou le ix« siècle, on se servait pour la sainte messe de pains azymes, tandis qu'en Orient on conserva les pains fermentes*. L'usage s'introduisit peu à peu de faire les
1. Don Càbrol, Introduction aux études liturgiques^ Paris, 190". — Proust, Die abendlândische Messe vom fûnften bis achten Jahrhundert^ Jtfünster, 1886. - 2. Hefele, HI, 734. — 3. Hefele, IV, 603. — 4. Statuts Synodaux^ can. âO; Hefele, ni, 585. — 5. Mabillon {Dissert, de azymo ac fermentaio, 1674) pense qu'en Occident le pain azyme a toujours été employé. — Voir au contraire Sirmono, Disquisitio de azymo; Opp.^ t. V. — • Tûb, Quartalschr.y 1906, p. 95-109. — Dom Cabrol, art. Azymes dans le Dicl. d'arch. chrét. et de lit.
Hosties [oblata, formata) sous forme de petits disques ronds. Souvent aussi le dimanche on distribuait à ceux qui ne communiaient pas du pain bénit (eulogîa).
S 80. •— Chant ecclésiastique et Prédication ^.
i** Le chant ecclésiastique fut mieux organisé et perfectionné par saint Grégoire le Grand qui réunit les mélodies les plus usitées, en ajouta de nouvelles, et composa V Antiphonaire en plaçant les neumes au-dessus du texte. De son école de chant sortirent des maîtres qui instruisirent le monde entier dans le chant liturgique : parmi les missionnaires envoyés en Angleterre par le grand pape, se trouvaient des chantres exercés, qui fondèrent l'école de Kent. Au vu® siècle, Tévêque d'York, Benoît, se rendit cinq fois à Rome pour conformer la liturgie et le chant à la liturgie et au chant romains. Sous Pépin le Bref, le chant grégorien pénétra en Gaule : le pape Etienne III (768-772) établit à Reims une école de chant. L'usage du chant grégorien fut général en Gaule et en Germanie sous Charlemagne. Diverses écoles fleurirent et furent protégées par Louis le Débonnaire et Charles le Chauve. Ici et là, reparaissait pourtant le chant Ambrosien ^ de date plus ancienne; au xi® siècle, des chanoines de Ratisbonne s'adressèrent même à un certain prêtre, Martin de Milan, pour lui demander un Antiphonaire noté. La confusion des divers chants fut augmentée encore par l'usage de chanter de mémoire, la plupart du temps ; et, par suite, de changer beaucoup le
±. Paléographie musicale^ t. l8s.,Solesmes, 1889 ss. —Wagner, Einfûhrung in die Gregorianischen Melodien, 2« éd.,1*"" p.,Fribourg,i9(M. — D. Güéram- GER, Inst, liturg., 2 vol., 1840-1842. — Dom Gobel, Gesch. der Katechese im Abendland vom Verfall des Katechumenats bis zum Ende des Mittelalr ters, Kempten, 1880. — Probst, Geschichte der katholischen Jf^atechese, Breslau, 1886. ~ Wiegand, Das HomiliarunvKarls des Grossen, etc., Leipzig, 1897. — DoM Cabrol, Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, t. I, Paris, 1907 ss. — 2. Cf. DoM Gatard, art, Ambrosien {chant) dans le Dict, d'arch, chrét. et de lit.