PÉCDENARD, De Scholü Remensi decimo saeculOf
LA SCIENCE ECCLÉSIATIQUE. 405
Cambridge furent les plus illustres. En Hollande, saint Willibrod fonda l'école d' Utrecht, qui devint célèbre sous Grégoire, Ludger et d*autres. Les monastères d'Egmond et d'Amelund avaient probablement déjà leurs écoles.
2^* Écrwains ecclésiastiques latins.
Le meilleur écrivain ecclésiastique de cette époque est sans doute le vénérable Bède (-f 735). Il possédait toutes les connaissances de son temps. Renommé comme docteur, auprès duquel un grand nombre d'étudiants venaient puiser la science, il laissa de plus après lui une série de travaux destinés à renseignement. Longtemps ses homélies ont servi à la prédication, et ses ouvrages exégétiques ont été étudiés jusqu'à nos jours. Mais c'est comme historien qu'il s'est acquis le plus de mérites. Bède peut être appelé à bon droit le Père de l'histoire anglaise. Son ouvrage célèbre en ce genre est VHistoria ecclesiastica gentis Anglorum ^ .
S. Boniface (f 755) a laissé surtout des lettres et des sermons^.
Paul Diacre (Warnefried, -j- 797) composa sur l'ordre de Charlemagne un homéliaire, dans lequel il réunit pour chaque dimanche et jour de fête les principales homélies des Pères grecs et latins — travail qui rendit aux évéques et aux prêtres un inestimable service. Il ' s'est acquis une grande réputation par son Historia gen tis Longobardorum ^.
. Alcuin (+ 804), élève de Bède et diacre d'York en Angleterre, fut appelé par Charlemagne à la cour et placé à la tête de l'école du palais. Là, puis à Saint-Martin de ïours où il s'était retiré, il travailla avec une grande
1. p. L., XC-XCV. — K. Wbrker, Beda der Ehnoûrdige und seine Zeit, Vienne, 1875. —2, Mon,Germ,, EpUt,, ni, 131-431; P. L.,LXXXIX. — G. KCRTH, Saint Boniface, Paris, 1908. — 3. Mon, Qerm,^ ScripL rer, Longob.y 1S78. - P. L., XCV.
activité à Tœuvre de civilisation des Francs. Il fut pendant plus de vingt ans le principal acteur dans le mouvement intellectuel du temps. Il corrigea le texte de la Vulgate d'après d'anciens manuscrits, écrivit au sujet du culte des images et contre FAdoptianisme. Il composa le premier catéchisme, en mettant la doctrine chrétienne sous forme de questions et de réponses ; on lui doit un traité des vertus et des vices, un traité sur Tâme, des vies de saint Martin, saint Willibrord, saint Waast, sans compter un grand nombre de Lettres, Il fut très apprécié comme savant par ses contemporains et de même par la postérité ^ .
Ludgrer (•}• 809) écrivit la vie de Grégoire d'Utrecht 2.
Amalaire de Metz (f vers 837) est connu comme écrivain liturgique par son livre, beaucoup lu. De eccle^ siasticis officiis, La Régula canonicorum et le livre De institutione sanctimonialium ^ lui appartiennent également, du moins en partie.
Claude de Tupîn (•{• 839) obtint quelque renom comme exégète'*.
Ag^obard de Lyon (f 840) fut un des hommes les plus savants de son temps. Il travailla et écrivit pour réconcilier Louis le Débonnaire avec ses fils, et montra non moins de zèle contre la puissance croissante des Juifs et contre TAdoptianisme ^. Son école episcopale fut brillamment dirigée par le diacre Florus, à la fois théologien et poète, à laquelle doit beaucoup la littérature du Martyrologe*.
1. p. L., C-CI. — Hamelim, Essai sur la vie et les œuvres d'Alcuin, Paris, 1877. — ToRREiLEs, Le mouvement théologique en France depuis ses origines jusqu'à nos jours ^ Paris, 1901. — G. J. B. Gasroin, Alcuin, his life and his works, Londres, 1904. — Cf. F. Yernet, art. Alcuin, dans le Dict. de ThéoU cath. — 2. P. L., XCIX, 752-770. —Pertz, Script., XV, 63-79.-3. P. L., CV. — Cf. Hefele, IV, 10 ss. — D. Morin, art. Amalaire, dans le Dict, de ThéoLcath. et Ren. Bénéd,, 1891, 433-442; 1892, 337-351 ; 1894, 241-943; 1896, 289-294. — 4. P. L., CIV, 609-927. — F. Vernet, art. Claude de Turin, dans le Dict. de Théol. cath. — 5. P. L., CIV. — Mon. Germ., Script. , XY .-- J. B. Martin, art. Agobard, dans le Dict. de Théol. cath. — P. Ghevallârd, S. Agobard, archevêque de Lyon, Lyon, 1869. — 6. P. L., CXIX. — Cf. Dom QUENTIN, Etude sur les Martyrologes historiques, Paris, 1908.
Jonas d'Orléans {f [844) s'employa avec ardeur à restaurer le bon ordre et les mœurs et composa un traité en faveur du culte des images contre Claude de Turin (De cultu imaginum adv, Claud. Taur. Apologia) ^ .
Ëgfinhard (-J- vers 848) est connu par ses Annales et sa Vie de Charlemagne^ dont il était le conseiller intime dans les affaires importantes de FÉtat 2.
Walafk*ied Strabon (f 849), abbé de Reichenau où il donnait l'enseignement à Féôole claustrale, a laissé des Commentaires sur la Bible^ qui étaient très recherchés comme Glossa ordinaria. Il se fait remarquer de plus par ses travaux liturgiques et hagiographiques [Liber de exordiis et incrementis rerum ecclesiasticarum)^ mais surtout par ses poésies [De visionibus Wettiniy Hortulus^)»
Altflried (f 849) composa une vie de saint Ludger^.
Haymond d'Halberstadt (f 853) s'est acquis quelque mérite comme historien, on lui doit aussi le Breviarium hist. ecclesiasticae. Haymond est connu également comme commentateur de la Bible*.
Raban Maur (f 856), abbé de Fulda et archevêque de Mayence, est appelé le réformateur de renseignement et de la science en Allemagne. Il écrivit des Commenttaires sur l'Evangile de saint Matthieu et sur l'Ancien Testament; une sorte d'encyclopédie en 22 livres De Universo; le livre qui a eu beaucoup de succès De in» stitutione clericorum et quelques poésies *.
Servat Loup (f 862), abbé de Ferrières-en-Gâtinais, intervint dans la lutte au sujet de la prédestination; il a été déclaré « l'écrivain le plus poli en ce ix® siècle"^ ».
Paschase Radbert (-f 865), abbé de Corbie, prit
1. p. L,y CVI. — K. Ahelung, Leben und Schriften des Bischof Jonas von Orléans, Dresde, 4888. —2. Mon, Germ.^ Script, t. II. —P. L., CIV. — Theulet, trtd. fr., Paris, 1840-1843. — 3. P. L., CXIII-CXIV. — Mon, Germ., Poet,, II. — 4. Mon, Germ., Script,, 11, 403-425. — 6. P. L., CXVI-CXVIII. — 6. P. L., CVII-CXII. -^Der Katholik, 1902, t. II; Bibl. Stud. XI, 3, Frib.en-Br., 1906. -- 7. Histoire littéraire de la France, t. V. -- P. L., CXIX.
408 DEUXrÈME ÉPOQUE. — PREMIÈRE PÉRIODE.
part à la controverse sur TEucharistie {De corpore et sanguine Dominï]^ donna des explications sur saint Matthieu et sur Jérémie, écrivit des vies de saints et une défense de la virginité de Mariée
Ratramne (f vers 868) fut dans la lutte eucharistique l'adversaire de Paschase. On connaît de lui les traités : De praedestinatione Deiy Contra Graecorum opposita et De natintate Christi. Dans ce dernier livre il atteste avec conviction que la Mère de Dieu demeura vierge à la naissance du Christ^.
Enée de Paris (f 870) est surtout connu par son ouvrage Contra Graecos, qui est pourtant inférieur à celui de Ratramne, dont nous venons de parler ^.
Otfried de Weissembourgr (f vers 875) fut célèbre par son Harmonie des És^angiles ^ écrite en vieil-allemand et en vers allitérés. La même forme, avec plus de profondeur, se retrouve dans l'œuvre de Héliand, en vieux saxon ^.
Scot Erigrène (-j- vers 877) fut un penseur profond et un écrivain d'une riche formation intellectuelle. Originaire d'Irlande, il vint en France sous Charles le Chauve et dirigea l'École du Palais. Il se mêla aux principales controverses de son temps, surtout celles qui regardaient la prédestination et la sainte Eucharistie; mais il eut le malheur de tomber dans des erreurs paa-^ théistiques. Son ouvrage principal porte le nom de De dinsione naturae, dans lequel il explique la procession du Saint-Esprit selon la doctrine de Photius *. Il traduisit les écrits du pseudo-Denys TAréopagite et les fit ainsi connaître à l'Occident.
1. p. L., GXX. — Ernst, Die Lehre des H, Paschaiiuê Rctdbertus^ Frib.-en- Br., 1896, — 2. P. L.J CXXI, 9-336. — A. Naegle, Ratramnui und die hl. Eucharistie, \ienne, 4903. -- 3. P. L., CXXI. 685-768. — 4. Ed. PiPER, Frib.-en- Br., 1884. — Mg. de E. Pfeiffer, 1905. — 5. Y. Mohler, Heliand, poema Saxonicum saeculi noni. Etude critique et traduction littérale^ Paris, 1898. — Beliand, alts&chsiche Evangeliënharmonie, éd. Schmeller, Munich, 183(K. — Piper, Die altsâchsiche Bibeldichtung, Stuttgart, 1897 sa. -r 6. P. £., CXXII. Cf. Frank, Dict. de PhiL — Saint-René Taillandier, Scot Erigène^ Paris, 1843. — J. Huder, Johannes Scotus Erigena, Munich, 1861. — E. Christ- LiEn, Leben und Lehre des Johannes Scotus Erigena, Gotha, 1860.
Anastase le Bibliothécaire (f 879) se rendit recommandable par la traduction des Actes des VIP et VHP conciles œcuméniques, par son travail Historia tri-' partitUy dans lequel il a réuni les œuvres de Nicéphore Calliste, de Théophane et de Syncelle, par sa traduction de vies des saints, d'actes des martyrs, etc. *.
Hincmar de Reims (-j* 882) fut, par ses actes comme par ses écrits, un des hommes les plus célèbres de son époque. Champion redoutable de la doctrine et de la liberté de rÉglise, il prit part à presque toutes les questions du temps. Il laissa après lui des écrits sur la prédestination, TEucharistie, le droit canon, Thistoire contemporaine, qui révèlent plutôt de nombreuses lectures qu'une grande originalité de pensée. Il semble avoir été surtout homme d'action, et comme tel il est assurément la plus haute personnalité de son siècle *.
Notker Balbulus (-J- 912), moine de Saint-Oall, est le père des séquences liturgiques. Quelques-uns lui attribuent le célèbre répons : Media nta in morte sumus. Il composa en outre ties commentaires sur la Bible, un martyrologe et d'autres travaux concernant l'histoire ^.
Régrinon de Prfim (f 915) écrivit une Chronique et le livre célèbre De synodalibus causis et disciplinis ecclesiasticis *,
Radboud d'Utrecht (f 977) composa des travaux sur saint Suitbert, Amelberge, Lebouin et Servais ; on lui attribue quelques séquences composées, semble-t-il, avant celles de Notker*.
Atton de Verceil (f 960) se fît connaître comme exégète et orateur et écrivit des commentaires et des homélies *.
1. p. L,, GXXVIf-GXXIX. — Lapôtre, De Ana»ta%io bibliothecario, Paris, 1884. — BARDERHEWER, m, «14. — 2. P. L., CXXV-CXXVI. — Mon, Germ., Pœt., ni, 409-480. — H. ScHRôRs, Hinkmar Erzbischof von Reims, Frib. en. Br., 1884. — P. FouRTïiER, Hincmar^ archevêque de Reims, dans La France dans Vhistoire, Paris, 1896, p. 101 ss. — 3. P. L., CXXXI. — Mon. Germ,, ScripLjlh — 4. P. L., CXXXII. — Mon, Germ,, Script,, I, 1836 ss. — 6. P. L., CXXXII. — Analecta BoK., 1. — 6. P. L., CXXXIV. — Verschaffel, art. AtUm, dans le DicU de Théol, cath.
Luitprand de Crémone (f 970) montre trop de partialité dans son Historia imperatorum et regum et son Antapodosis *.
Rathier de Vérone (f 974) censura les défauts de son temps avec zèle, mais non sans exagération, dans ses Praeloquiorum libri VI y De contemptu canonum, fn^ çectway Epistolaey etc. ^.
Rosivithe (f 984), religieuse deGandersheim(Saxe), eut un grand talent de versification. Elle écrivit des comédies, des hymnes en Thonneur des martyrs et des saints, une poésie De gestis Othonis I^.
Gerbert (Silvestre II, f 1003), moine d'Aurillac, étudia en Espagne, puis à Reims, devint archevêque de cette ville, puis de Ravenne, après avoir été précepteur de l'empereur Otton III. Devenu pape, il eut, le premier, Fidée de la croisade. Il était pour son temps très expert en mathématiques, en sciences naturelles et en astronomie. Il composa aussi des œuvres théologiques : De corpore et sanguine Domini, De informa^ tione episcoporum^ De dignitate sacerdotali, EpU stolae, etc.''.
Notker Labéo (-j* 1022) traduisit en vieil-allemand le Psautier, le Cantique des cantiques, le symbole de saint Athanase et d'autres écrits ^.
Hermann Contract (-i- 1054), moine de Reichenau, se distingua par son érudition, écrivit une très bonne Chronique et différents livres sur la musique, l'astronomie, etc. Il passe aussi pour être Fauteur du Saisie /?«gin a et de VAlma Redemptoris Mater ^.
S. Pierre Damien [f 1072), évoque d'Ostie et cardinal, est un des premiers théologiens de cette période. On lui attribua environ 60 écrits, combattant la simonie,
1. P, L., CXXXVI. — Mon, Germ., Script., III. — 2. P. L., CXXXVI. - 3. P. L., CXXXVII. — Mon. Germ., Script., IV. — Ed. P. v. Winterfeld, Ber lin, 1902. — 4. P. L., CXXXIX. -- Havet, Lettres de Gerbert, Paris, 1889. - 6. SCHERzius, Thesaurus Antiq. teuton., t.I.-- P. Piper, Die Schriften Notkers und seine Schule, Frib.-en-Br., Tûbiogue, 1889-83. — 6. P. £,., CXLIII -- Mon. Germ., Script., \, 67-133.
LA SCIBNCfi ECCLÉSIASTIQUE. 411
le concubinage, Tavarice, etc., ou concernant Pascétisme, les vies des Saints et la théologie dogmatique. Quelquesuns rangent la séquence pascale Victimae PaschalifeiTmi ses 225 cantiques et prières ^
Lanfranc du Bec (f 1089) fut un promoteur de renseignement et un écrivain plein de talent. La plus grande partie de ses œuvres comprend des commentaires sur la sainte Écriture et sur la théologie dogmatique : De Corpore et Sanguine Dominiy De celanda confessione. Il écrivit en outre sur l'histoire de son temps ^.
On doit encore citer pour cette période le cardinal Hambert (-j- 1061) comme défenseur de l'Église ^ ; Adam de Brème (f 1068) comme historien^ et Lambert de Hersfeld {f 1077) auteur de célèbres Annales^.
3^ Vue d'ensemble pour l'Orient.
A partir du commencement du viii® siècle, on vit dominer en Orient en matière d'exégèse les Catenae. La Bible fut expliquée au moyen de sentences des Pères, ajoutées les unes aux autres sans beaucoup de travail. On pense que le XIX® canon du synode in Trullo favorisa cette tendance*. Ce qui est hors de doute, c'est que ce grand nombre de Catenae témoignent un manque d'originalité et d'activité intellectuelle ^. Pour l'étude du dogme, on constate peu de progrès. Dans la discussion sur la procession du Saint-Esprit la plupart des auteurs répétaient ce que les Pères avaient déjà dit. Ce point de doctrine ne reçut pas de plus amples développements parce qu'on avait des Pères favorables et d'autres opposés au Filioque. L*ascétisme, l'éloquence chrétienne et l'hagiographie furent traités d'une manière
1. p. Lm CXLIV-CXLV. — R. BiROM, Saint Pierre Damien, Paris, 1908. — 2. P. L., CL. — Mg. par Longüemare, Paris, 1902. — 3. P. L., CXLIII. — 4. P. L., CXLVI.— Mon. Germ., Script., VII. — 6. Afon. Germ., Script., III, 23-263. — 6. Hefble, III, 333-334. — 7. Krumbacher-Eubhard, 2« éd., 206-218.
plus neuve, mais n'arrivèrent pas à égaler les grands modèles des siècles passés. La théologie fut portée par saint Jean Damascène et Photius à une remarquable hauteur, et bien que, sous de tels maîtres, elle ne languît pas entièrement et inspirât toujours de Tintérêt, il est certain pourtant que le malheureux schisme fut funeste non seulement à la vie chrétienne, mais également à la science ecclésiastique.
k^ Écrwains de l'Église grecque,
Jean Damascène (-f 749) fut le principal défenseur contre Ticonoclasme [trois apologies pour le culte des saintes images) ; il est de plus un des plus grands théologiens de FÉglîse grecque. Son œuvre capitale porte le titre de IItix^ Y^cóacoc (source de la science) et comprend trois parties : Dialectique, Des hérésies, où 103 hérésies sont décrites, et De la foi orthodoxe, traité dogmatique complet, composé avec beaucoup de concision, de clarté et de méthode. Cette dernière partie de son ouvrage fut traduite en latin au xii' siècle, et fut en haute estime auprès de Pierre Lombard et de saint Thomas d*Aquin. Il écrivit encore un Dialogue contre les manichéens. Contre l'hérésie des nestoriens, des traités sur la nature composée (contre le monophysisme), sur les deux {volontés du Christ et aussi probablement les Parallèles sacrées. Les 13 homélies qui portent son nom ne sont pas toutes authentiques ^ .
Théodore Studite (-j- 826) prit part à la controverse des iconoclastes [Antirrhétique en trois livres), mais sa vie fut surtout active sur le terrain de Tascétisme [Grande et petite catéchèses, Lii^re des Panégyriques), Ses 221 Lettres sont précieuses pour l'histoire de TÉglise 2.
Nicéphore (-j- 829), patriarche de Constantinople,
1. P.C., XCrv-XCYI.— Pargoire, Véglise Byzantine, p. 371-374. — Ermoüi, S, Jean Damascène, Paris, 1908. — 2. P, G., XCIX. — Pargoire, p. 371-373*
LA SCIENCB ECCLÉSIASTIQUE. 413
défendit également le culte des images dans ses Apolo^ gétiques, Antirrhétiques et Témoignages des Pères. Il serait également digne, pour son Histoire abrégée de 602 à 769 et sa Table chronologique d'Adam à Michel II, d'être rangé parmi les historiens K
Théodore (-j- ix® siècle), 'évêque d'Édesse, est connu par son écrit : Centum capita practica. Ses autres travaux n'ont pas été publiés ^.
• Photius (-{-'SQl), le trop fameux patriarche, fut également un savant et un écrivain ecclésiastique célèbre. Son plus important ouvrage théologique est VAmphilochia, ainsi nommé parce que les écrits qui y sont réunis sont adressés à Amphilochius de Cyzique. Les 324 dissertations traitent de la philosophie, du dogme, de l'exégèse, etc. Nombreux sont ses commentaires sur la sainte Écriture. De ses homélies, qui se distinguent par leur éloquence, une petite partie seulement nous a été conservée. Une œuvre très précieuse est sa Bibliothèque en 280 chapitres, dans laquelle un nombre égal de livres, perdus pour la plupart, sont analysés, jugés et partiellement transcrits, Il existe encore de lui un Lexicon d'antiquités classiques, etc. Le Nomocanon n'est très probablement pas de lui^.
Léon VI le Sag^e (-j- 911), empereur byzantin, écrivit une série d'homélies, de panégyriques, dont 19 ont été imprimés, et d'autres ouvrages^.
Siméon Métaphraste (*f x'^ siècle), rassembla, retoucha pour le style et la forme des Vies de saints et de martyrs. On l'a accusé & tort de fausseté. Ce qu'il y a d'invraisemblable dans ses écrits doit être mis à la charge de ceux dont il a reproduit le récit sans critique suffisante. On a encore de lui quelques Sermones de mori^ bus, etc.^.
1. P. G., C. — PiTBA, SpicHeg, Solesm., I, 302-503; IV, «33-415. — C. de Boor, Nicephori opuscula historica, Leipzig, 1881. — 2. Possincs, Thesaurus asceticuSy Paris, 1604. — 3. P. G., CI-CI V. — K. E. Zachariae von Sikgen- THAL, Mém, de VAcad. imp. de Saint-Pétersb,, VII sér., t. 32 (1885). — 4. P. G., CVII. — 6. P. G., CXIV-CXVI. — Ehrhârd, Die Legendensammlung des saints Metaphrastes.Festchrift, etc., Frib.-en-Br., 1897. —Anaf. Bott,^ 1897.
Àh DEUXIÈME ÉPOQUE. — PREMIÈRE PÉRIODE.
Siméon (-j- 1042), appelé le iheologus junior et moine au couvent de Studion, a laissé après lui un grand nombre d'ouvrages qui pour la plupart n'ont pas encore été imprimés. De ce qui a été publié, il faut mentionner Orationes 33, Capita practica et theologica 152 * .
Nicétas (-j- xi® siècle), surnommé Stethatos, fut ramené à Funité romaine par le cardinal Humbert, après qu'il eut d'abord écrit contre les Latins. Ses livres ascétiques sont De purgatione animi^ etc., dans lesquels sont traités les trois degrés de la vie spirituelle, et nombre d'autres restés manuscrits ^.
Michel Psellos (f 1079) fut, par sa perspicacité, sa science et sa formation littéraire, le premier de son temps, et digne, d'après Krumbacher, d'être comparé à un Albert le Grand ou à un Bacon. Il écrivit sur les matières les plus diverses : sur la poésie, les mathématiques et l'astronomie, sur la philologie et l'archéologie, etc. Dans le domaine de la théologie il composa un commentaire sur le Cantique des cantiques. De omnifavia doctrina capita 157. De daemonum energia^.
Théophilaçte (f xi'^ siècle) est connu pour ses commentaires ^ ; ainsi que son contemporain Euthyme Zyg^abenas (xi^ siècle), qui composa de plus une Panoplie dogmatique, réfutation de toutes les hérésies '.
S 87. — L'Art chrétien ^
1*" L'art byzantin continua comme par le passé à fleurir en Orient. Mais on comprend aisément qu'il dut
1. p. G., CXX. — 2. p. G., CXX, 8oi-101î. —3. P,\G., CXXII.— 4. P. G.» CXXIII- CXXVl. — 6. p. G., CXXX. — 6. F. X. Kraus, Gesch, derchristU Kunst, II, 1, Frib.-en-Br., 1897. — Dr. Ad. Fâh, Geschichte der bilbenden Kûnste, Frlb.en-Br., 1897. — Reusens, Éléments d* archéologie chrétienne^ 2« édit., t. MI, Louvain, 1885-1886. — R. Borrmann-J. Neuwirth, Geschichte der Baukunst, II : Die Baukunst des Mittelalters, Leipzig, 190*. — H. Brrgner, Handbuch der kirchlichen Kunstaltertûmer in Deutschland» Leipzig, 1905. — Ampère, Hist, litt. de la France, t. JII. — Ruprich-Robkrt, L'architecture normande aux XI* et XII* siècles en Normandie et en Angleterre, â vol., Paris, 1890. — RÉvoiL, Uarchitecture romane dans le midi de la France,
avoir peu d'influence sur Farchitecture occidentale, quand on réfléchit à Tantipathie toujours croissante entre rOrient et TOccident. A part l'Italie, qui par Venise et par le sud conservait des relations avec Byzance, les autres pays de l'Occident laissent voir à peine quelque trace de l'art byzantin. Sous les Carolingiens, sous Otton II et même après, on y apporta à la vérité de nombreux objets d*art de Constantinople, mais ceci exerça bien peu d'influence sur le génie artistique de ces pays. En Sicile on rencontre de magnifiques mosaïques byzantines, ainsi qu'à Torcello et à Venise. En style byzantin est la petite église La Cattolica, auprès de Stilo en Calabre, Santa-Fosca à Torcello, S.-Zaccaria et surtout S. -Marco à Venise. Les architectes des cathédrales de Torcello, Murano et Grado se trouvaient probablement davantage sous l'influence de l'architecture de Ravenne. 2^ L'art architectural, dans l'empire occidental, reprit une nouvelle vie sous le règne des Carolingiens ^ . Déjà avant cette époque, la Gaule avait vu surgir plusieurs basiliques, parmi lesquelles il faut mentionner la belle église de Saint-Servais, à Maêstricht ^, bâtie par saint Monnlphe (vi* siècle); le baptistère Saint-Jean (vi* siècle) à Poitiers ; la chapelle Saint-Laurent de Grenoble (vii^^ siècle); la crypte de Saint-Paul, à Jouarre; l'abside de la cathédrale de Vaison ; deux petites cryptes à Saint-Maximin (Var) ; quelques substructions de la cathédrale de Chartres, etc. Toutes ces constructions ont la forme romaine, mais la renaissance caroling'ienne y ajouta un certain cachet de tradition nationale ^. La preuve en est non seulement dans les palais et villas de Charlemagne et de ses premiers successeurs, mais également dans les chapelles et églises de ce temps. Le grand empereur fit bâtir des églises de forme octogonale à Ni-
1. Cf. Camille Enlart, Manuel d* archéologie française^ I, Architecture religieuse^ Paris, 1902, p. 155 ss. — 2. Dr. P. Doppler, Le Grand temple de S. Monulphe, l'Eglise de S.-Servais à Jlfaë«/rtc/i^ Extrait du Bulletin XXXII de la Gilde S.-Thomas et S.-Luc, 1903. — Cf. Camilij; Enlart, L c, p. 114 ss. — 3. Krals, /. c, II, 1, p. 5 ss.
4ie DEUXIÈME ÉPOQUK. — PREMIÈRE PÉRIODE.
mègue et à Aix-la-Chapelle. Bien que cette dernière rappelle saint Vital de Ravenne et les églises de Lombardie ^ on remarque cette particularité, que les travées du mur extérieur ont été doublées, ce qui en augmente et la beauté et la solidité K Le grand progrès de l'architecture durant la période carolingienne consista dans un plus ample développement de la basilique, qui parfois prit la forme proprement dite d'une croix {crux im^ missa) : églises de Fulda (819), de Saint-Gall (830), de Hersfeld (850), de Werden (875); ou reçut également un double chœur : églises de Centula (798), de Fulda (819), de Saint-Gall (830) à Reichenau, de Hildesheim, Trêves, etc.; d'autres possédaient une double nef transversale : Saint-Pàntaléon de Cologne (980), Saint-Michel de Hildesheim (1033) ; quelquefois on y ajoutait un second transept auprès du chœur situé à l'occident : cathédrales de Worms(1016), d'Augsbourg (994), deSaint- Emmeram à Ratisbonne ^ (xe-xi® siècles).
3° Quelques-unes de ces églises datent déjà du temps de l'architecture romane, qui atteignit son apogée avec le xi^ siècle, après avoir été préparée par l'art lombard ^, carolingien et post-carolingien. L'architecture était bien déchue au x® siècle^ à cause du malheureux état politique et social dans lequel languissait le pays sous les derniers Carolingiens. L'Allemagne s'épuisait; l'Italie était appauvrie. Au xi® siècle la situation s'améliora et l'art reprit une nouvelle vie. Le chapitre connu De innos^atione ecclesiarum in toto orbe^ de
1. G. T. RivoiRA, Le origini de Varchitetlura lombarda e délie sue principali derivazioni net paesi d^Oltr'alpe, t. MI, Rome, 4904-1907. — 2. c (Karolus) plurimae pulchritudinis basilicam Aquisgranl extruxit, auroque et argento et luminaribus adornavit. Ad cujus structuram, cum columnas et marmora aliunde habere non posset, Roma atque Ravenna devehenda curavit. > Eginhard, Mon, Germ.y Script., II, 457. — 3. Quoique l'architecture carolingienne ait laissé moins de traces chez nous, il faut citer la crypte de l'église de S.-Quentin, l'église S.-Christophe à Suèvres (Loir-et-Cher), l'église de Germigny-les-Prés (Loiret) consacrée par Théo, dulphe en 806; les deux cryptes de S.-Avit et de S.-Aignan d'Orléans, la crypte de S.-Germain d'Auxerre (84Ö-850), etc. — 4. Camille Enlart, l. c, p. 499 ss. — 5. Hist, lib., III, c. 4. Historiens de la Gaule (Bouquet), t X.
L'ART CHRÉTIfiN. 417
Rodolphe Glaber (1044) nous fait savoir qu'on bâtissait alors non seulement davantage, mais aussi mieux.
L'architecture romane était en pleine floraison. Le caractère propre du roman^ le distinguant du style des basiliques, consiste dans la voûte. La lourde voûte demande une bâtisse plus robuste. D'où l'aspect étroit, lourd, écrasant mais impressionnant de l'église romane ; de là aussi l'effort vers la verticale, tandis que dans la basilique régnait surtout la ligne horizontale. Nonobstant sa lourde structure, le roman annonce déjà l'élan vers le ciel, qui atteindra sa plus haute perfection dans le gothique. Désormais un clocher est de rigueur; la crypte, connue déjà auparavant, fit surhausser le chœur; le pilier supplante peu à peu la colonne ; les chapiteaux sont d'ordinaire ornés de plantes et d'animaux, le symbolisme s'éloigne davantage du genre chrétien primitif.
Au point de vue du développement historique de ce style, on distingue- d'ordinaire le roman primitif, le plein 'épanouèssement et la transition. Plus haut nous avons signalé plusieurs églises appartenant à la première classe.
Il faut citer en Allemagne les cathédrales de Spire (xi® siècle), de Mayence et de Worms (xi-xii® siècle); du plein épanouissement, se signalent en Hollande Notre- Dame à Maêstricht, et l'église de Rolduc (xi-xii® siècle) ; le style de transition est également bien représenté par Notre-Dame de Ruremonde, le portique méridional Saint-Servais, et en Allemagne les cathédrales de Limbourg et Bamberg (xii®-xiiie siècles).
En France, cette division ne peut se faire ; les plus célèbres églises du temps sont Saint-Front de Périgueux (934), la cathédrale d'Angoulême (1017-1120), Saint- tîitienne de Caen (1064), Saint-Eutrope de Saintes, la cathédrale du Fuy, Saint-Sernin de Toulouse, Saint-Hilaire et Notre- Dame de Poitiers. Il faut se borner aux principales, l'énumération complète est impossible ^ .
1. Pour la liste des églises romanes en France, cf. Enlart, U c, p. 417-433»
En Angleterre, on divise les styles de ce temps en anglo-saxon et normand. Parmi les plus beaux monuments, il faut citer la cathédrale de Cantorbéry, celle de Saint-Albans, les églises de Glowcester, Durham, Ely, Chichester, etc.
4"" Comme ornementation des égalises on employait en premier lieu la peinture murale. Que celle-ci ne fût pas délaissée à l'époque carolingienne, cela ressort des écrits contemporains. On nous parle d'un Christ sur le trône à Centula, d'une Naissance du Christ à Frisingue, d'un Datfid entre quatre chanteurs à Salzbourg. Louis le Débonnaire fit orner la chapelle d'Ingelheim de scènes de l'Ancien Testament. On voyait reproduits dans l'église de Saint-Gall la jeunesse, les miracles et la passion du Sauveur. Les monuments ne peuvent gaère nous renseigner là-dessus; car rien pour ainsi dire n'a été conservé ; il en est de même dés vitraux peints qui existaient dès lors * .
A Tépoque romane proprement dite, la peinture à fresque était florissante. Elle était ordinairement symbolique. On peignait opposés l'un à l'autre le type et l'antitype. Souvent on y adjoignait des légendes ou des inscriptions destinées à l'instruction des fidèles. Ekhart lY en composa pour son abbaye de Saint-Gall (975-984) ainsi que pour la cathédrale de Mayence^. Le dessin était généralement très simple. Voulait-on représenter une scène de plein air, on l'indiquait au moyen d'une simple tige surmontée d'une fleur conventionnelle. Aucune idée d'imitation dans la peinture des bâtiments, des rochers, des vagues et des nuages. Les images étaient sur un fond de couleur imiforme, l'une à côté de l'autre et sans souci de la perspective. On n'aimait ni le réalisme, ni le couleurs vives; on préférait les teintes douces, et l'on cherchait surtout à donner de l'expression aux figures. On peignait non
1 . Vita II Ludgert, Mon. Germ,i Script,., II, 433 : « Aurora jam rubescente et lucepaulatim per fenestras irradiante imagines in eis factas monstrare digito coepit ». — 2. Wattenbach, Deutschlands Geschichtsquellenr ,«« éd., I, 3œ». — Michel, Histoire de l'art, t. I, Paris, 1905.
seulement les murs, mais aussi les colonnes, les bases et les chapiteaux, presque toujours en polychromie. Des traces de cet art subsistent encore en France, en Allemagne, etc., par exemple dans la cathédrale de Toumay, à Saint-Géréon de Cologne, etc. Les fresques de Saint- Clément de Rome (xi'' siècle) sont célèbres entre toutes ^
5"" La sculpture contribuait aussi à Tornementation des églises. L'intérieur comme Textérieur des édifices romans étalait une grande richesse de peintures et de sculptures. Tout devait contribuer à édifier et à instruire^. Le style de transition s'efforçait principalement à orner les portails de sculptures, et à y placer un grand nombre de personnages. Le tympan au-dessus de l'entrée comportait presque toujours un Christ assis ^. On peut dire en général que la sculpture de la période romane n'arrivait pas à se défaire des vieilles formes hiératiques. Dans les sujets de grandeur naturelle se fait sentir surtout le manque de naturel dans la tenue et la draperie, de vie dans l'expression, qui est la plupart du temps froide et rigide. Tous ces défauts disparaissent cependant dans, les petites figures des diptyques, des reliquaires, etc. L'orfèvrerie d'autre part était alors dans tout son éclat ^.
6° En Italie et dans les autres contrées, riches en marbre, on employait pour le pavement des églises un procédé analogue à la mosaïque, appelé opus alexandrinum ^ . Il consistait dans l'assemblage de pièces de marbre, de diverses formes et dimensions, parmi lesquelles le porphyre rouge et vert dominait. On aurait cru voir un riche tapis. Dans le nord de l'Europe, on se
1. Reusens, 2« éd., I, 408 8s. — 2. < Mens hebesad Terum per materialia surgit, Et demersa prius, bac visa lace, resurgit. * Scger, abbé de saiut- Denis, cité par Reosens, I, 596. — 3. On lit sur le magniûque tympan de Same-Servata àHaëstricht :
t Haec domus orandi domus est peccata layandi f t Hoc subeas limen purgare volens homo crimen f t Intus peccatis lavacrum dat fons ptetatis f
4. J. Uelbic, chez Reuseüs, Eléments d: Archéologie I, ö66.— 6. Cf. Enlirt, 704 ss.
servait de carreaux peints qu'on disposait en figures géométriques et qui imitaient assez bien Vopus alexandrinum. Souvent le sol était couvert défigures symboliques ou même d'images des saints des deux Testaments. 11 en était ainsi par exemple à Saint-Géréon de Cologne, à Saint-Remi de Reims, et dans beaucoup d'églises de l'ordre de Cluny. S. Bernard s'éleva avec beaucoup de force contre cet usage. « Et pourquoi, demande-t-il, ne respectons-nous pas du moins les images des saints ? Pourquoi les met-on sur le pavé, foulé par nos pieds?... Et si vous refusez d'épargner les images des saints, du moins ne gaspillez pas vos couleurs. Pourquoi ornez-vous ce qui doit être bientôt sali et pourquoi peignez-vous le pavé^ ? »
l"" L'autel roman avait d'ordinaire la forme d'un large rectangle. La table en était supportée par une bâtisse en maçonnerie ou par des colonnettes. L'autel qui était en pierre recevait souvent un revêtement en or et en argent; on l'ornait d'émaux, de ciselures ou de peintures. Saint- Ambroise de Milan possède un magnifique antipendium (835). De même le célèbre Pa/a d'oro de Venise, qui a «ervi plus tard de rétable, était à l'origine destiné à faire un antipendium (x® siècle). La cathédrale de Ratisbonne et l'église de Bastogne (xii® siècle) ont encore un autel roman sur colonnettes (xii® siècle). Il reste peu d'autels de ce temps qui aient un cïborium : ceux de Ra venue (812), de Parenzo en Istrie, de Saint-Marc de Venise et de Saint- Ambroise de Milan (xi® siècle). A la fin du XI® siècle on commença à employer les rétables. Ils servaient à édifier le prêtre à l'autel; leur ornementation comportait des ouvrages en émail, en peinture ou en
i. s. Bernard, Apologia ad Guilielmum Sancti Theodorici abbatem, P. L., CLXXXU, 914 ss. « Utquid saltem sanctorum imagines non revereremurf quibus utique ipsum, quodpedibusconculcatur, scatetpavimentum ? Saepe spuitur in ore Angeli, saepe alicujus sanctorum facies calcibus tunditur transeuntium. Et si non sacris his imaginibuSy curvel non parcitur pulchris coloribus ? Cur décoras quod mox foedandum est ? Cur deptngit •quodnecesse est conculcari?Quid ibi valent venustae formae^ ubi pulvere maculantur assiduo ? »
sculpture. La plupart cependant étaient à l'origine en or, en argent ou en cuivre doré. Derrière ces rétables on plaçait très souvent les reliquaires que Téglise possédait. Quelquefois le reliquaire servait lui-même de ré table. Plus tard cependant on disposa assez fréquemment un second autel au chœur à Fendroit où l'abside s'arrondit, pour y placer les reliques des saints.
8** L'architecture romane n'a connu ni déclin ni dégénérescence. Aspirant toujours vers une plus haute perfection, elle aboutit finalement au style ogival, qui est connu sous le nom de gothique. Le nord de la France vit s'accomplir cette transition dès le xii® siècle, tandis que l'Allemagne produisait encore des chefs-d'œuvre romans un siècle plus tard.
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DEUXIEME PERIODE
DE 6RËG0IRE VII A BONIFAGE VIII (1073-1303)