LES PARTIS ITALIENS BT LE SCHISME D'ANAGLET
tablit bientôt cependant Dans le concile général il fut également question d'Arnaald de Brescia. Celui-ci avait étudié à Paris sous la direction d'Abélard, possédait de grands talents et surtout une éloquence qui emportait les cœurs, mais avec cela un caractère inquiet et turbulent. Il se croyait appelé à prêcher contre le clergé et prétendait que ses membres ne pouvaient rien posséder, que tout appartenait à l'empereur et qu'un évèque qui possédait des regalia ne pouvait se sauver. Le concile le déposa de son canonicat, le bannit de l'Italie et lui imposa silence*. Arnauld s'en alla en France et soutint Abélard dans sa lutte contre saint Bernard. En Tan 1145 il vint à Rome, favorisa les tendances révolutionnaires des Romains, mais fut exécuté par Frédéric Barberousse^ (1154).
Innocent II devait encore voir à la fin de sa vie les Romains se soustraire à son autorité, proclamer la Repu bliqae (1143) et placer à leur tète le patrice Jordan. Le pape fut impuissant à réprimer ces tentatives d'indépendance civile et mourut la même année (1143). Le nouveau roi de Rome Conrad III de Hohenstaufen (1138-1152) refusa de lui porter secours. Les deux papes suivants, GélesÜn II (1143-1144) et Luclas II (1144-1145), régnèrent trop peu de temps pour rétablir la paix. Engrène III (1145-1153), disciple de S. Bernard, dut même s'enfuir de Rome. Une réconciliation eut lieu, mais fut de courte durée. Affligé de l'intolérance des Romains, Eugène III se rendit en 1147 en France et en Allemagne. Saint Bernard écrivit aux Romains une lettre pleine de réprimandes : « Vos pères ont subjugué la terre, vous vous faites la risée des peuples. L'héritier de saint Pierre est expulsé du siège et de la ville de saint Pierre... Qu'êtes-vous devenue maintenant, ô Rome! Un corps sans chef, un visage sans yeux, un front qu'environnent des ténèbres'. »
1. Otton de FRi8iNGüE,De gfe«<i« Frederici, 11,30. Pertz, XX, 403. — 2, Vi- CANDARD, Arnauld de Brescia, Rev.desQuest, hist., XXXV (1884), 51-H4. — F. Vbrret, art. Arnaud de Breicia^ DicU de ThéoU\ cath. — 3. EpisU «43.
Le pape tint des conciles à Paris et à Trêves, où il fît un examen des révélations de saint Hildegarde de Bingen et lui écrivit une magnifique lettre ^ , Après le concile de Reims '^, le pape partit par Crémone pour Tusculum et Rome, célébra la Noël 1149 au Latran, mais fut bientôt forcé de quitter Rome pour la troisième fois (1150). Conrad 111 ne vint point à son secours et mourut en 1152. Son successeur promit dans le Traité de Cons' tance (1153) d'amener les Romains à se soumettre. Eugène III mourut la même année, avant Texécution de cette promesse^.
Anastase IV (1153-1154) ne régna que peu de temps.
Dans la suite les Guelfes et les Gibelins jouent un grand rôle dans la politique. Ils surgirent sous Conrad III à Toccasion d'un différend entre les Guelfes et les Waiblingen (Hohenstaufen). Un peu après, ces partis passaient en Italie sous le nom de Ghibellini et Guelfi, Les premiers constituaient le parti impérial, et reconnaissaient bien la suprématie spirituelle du pape, mais voulaient en même temps que celui-ci fût soumis, comme roi temporel, à l'empereur. Les seconds donnaient au pape une certaine puissance suprême dans l'empire, même par rapport au temporel : ce dernier parti exagéra aussi quelquefois, porta moins d'intérêt au maintien de l'empire et lutta pour l'indépendance des cités; tandis que les Gibelins favorisaient davantage le règne universel [monarchia uniçersalis) de l'empereur.
S 92. — Les papes dans leur lutte contre Frédéric Barberousse et Henri VI. Le JLV concile général^.
1** Après la mort d'Anastase IV, le cardinal Nicolas
p. L„ CLXXXH, 439. -> 1. Mansi, XXI, 737 s. — 2. Sur ce synode d'Eugène, cf. MANsr, XXI, 711 ss. - Hefele, V, 503 ss. — 3. Son culte fut approuvé en 4872. Cf. Civ, cattoL, VI II, 3, n. 638, p. 399 s. — 4. DucheSNe, Lib. Pontife n, 388 88. — Wattewch, Vitae RR, PP., t. II. — Jaffé, Rcg., t. II, p. lOi S3.