‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 133 sur 205 · CONFLITS ECCLÉSIASTIQUES EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

CONFLITS ECCLÉSIASTIQUES EN ANGLETERRE

Henri II (1156). Tout en menant une vie pure et chrétienne, il favorisa le césar opapisme de. son souverain, au point que son évêque dut même Tavertir de prendre à cœur, comme chancelier, les droits de l'Église ^ Il en devint le zélé défenseur dès qu'il fut élevé à la demande de Henri II au siège archiépiscopal de Cantorbéry *, Tout d'abord, le roi céda, par amour pour lui. La première lutte s'ouvrit au synode de Westminster (1163) où Henri essaya de diminuer le prmlège du for et exigea : a, qu'un officier royal fût adjoint à l'archidiacre pour juger les clercs; — b. que tout crime grave, puni de la dégradation ecclésiastique, fût soumis ensuite au juge séculier. Thomas s'y opposa. Le roi céda sur le second point, mais exigea en échange la promesse d'observer les anciennes coutumes du royaume. Le primat et, par lui, tous les évoques n'acceptèrent que « pour autant qu'elles n'étaient pas contraires aux droits de l'Église et du clergé ' ». Le roi irrité essaya tous les moyens pour les faire céder, il présenta même de fausses lettres pontificale§. Thomas supprima donc la clause, mais la remplaça par ces mots « bona fide » (de bonne foi). Le roi s'en montra d'abord satisfait.

2"^ En janvier 1164 eut lieu rassemblée de Glarendon. Le roi fit examiner les consuetudines antae, ordonna de les rédiger en seize articles et exigea leur acceptation. Les évêques agirent sur leur primat qui, cédant sous la pression, consentit à observer les coutumes bonafide^. Les principaux articles étaient les suivants : 1. Les litiges au sujet du patronat relèvent de la cour royale de justice. 3. Les ecclésiastiques, cités devant le tribunal civil, ne pourront être protégés par le for ecclésiastique. 4. Les évêques et autres vassaux ne pourront sortir du royaume sans la permission du roi. 7, Les tenants de fiefs et les serviteurs du roi ne peuvent encourir de censure sans la permission du roi.

1. JcMGMAMM, DisserU sel, in Hist. eccL^ t. V (Ratisb., 188o), p. i62. — -2. Les raisons du cbangement, ibid,., p. 163-464.— 3. « Salvo ordme no- ,8/ro et jure Ecclesiae ». — 4. P. L., CXC, 393 ss.

Sans approbation royale personne ne peut aller en appel à Rome. 12. Les bénéfices vacants des cvêchés sont dans les mains du roi; l'élection pour le siège vacant doit se faire avec sa permission, dans sa chapelle ; l'élu doit prêter, saU*o ordine suo \ le serment de vassal et le serment de fidélité avant le sacre.

Thomas ne s'était soumis qu'avec certaines conditions, mais sa conduite fut considérée comme une acceptation. De même que les autres évêques, il avait été faible. Mais quand Alexandre III l'ejeta dix des articles proposés -, Thomas prit tout de suite la défense de la sentence du pape, et s'imposa, lui-même, en punition de sa trop grande condescendance, la suspensio a sacris. Le pape cependant le consola et lui ordonna de dire la sainte messe ^. Quant à Henri, il accusa de haute trahison le prélat qui protesta, lui demanda de quitter le pays, et, malgré son refus, s'enfuit en France au mois d'octobre 1164. Comme Alexandre III refusait de déposer l'archevêque , Henri confisqua ses biens et menaça de passer à l'antipape Pascal III, mais trouva de l'opposition chez les évêques. Le courageux confesseur reçut du pape la légation sur toute l'Angleterre, à 1 exception de York (1106), excommunia, pour cause de vol de biens ecclésiastiques, beaucoup de grands du royaume et condamna les articles de Clarendon. Accusé faussement à Rome, Thomas baissa quelque temps dans la faveur du pape. Bien que le 2 février 1170, il menaçât encore Henri de l'interdit, une réconciliation eut lieu le 22 juillet de cette même année. L'archevêque retourna à Cantorbéry, et y fut reçu avec joie. Mais bientôt les seigneurs du royaume, pris d'ambition, regrettèrent le fait, et. plus que tous les autres, le trop royaliste archevêque de York, qui dit : « Tant que Thomas vivra, la paix ne régnera pas en Angleterre ! » Quand le roi apprit ces paroles, il s'écria plein de

1. MANsi, XXI, 1187 ss. — p. L., CXC, 3fö SS. — Ibid., 17 ss. — Hffelf.» V, 623 ss. — 2. Ma NSI, XXI, 874 ss. — P. L.. CXC, 20 et 230, fragnu 10. — 3. Maksi, XXI, 1193.

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