TENTATIVES D'UNION AVEC L'ORIENT
1118) entretint, il est vrai, des rapports avec Pascal II, mais il ne reconnut ni la primauté du pape, ni la doctrine catholique de la Procession du Saint-Esprit. Les relations devinrent meilleures sous Tempereur Jean Comnène (1118-1143) ; à cette époque, le Patriarche Léon Stypiota (1134-1143) désira lui-même vivement Tunion. Mais tous les efforts vinrent se briser contre la nécessité d'accepter la primauté du pape. Eugène III et Adrien IV ne furent pas plus heureux dans leurs tentatives ^ : Pendant les luttes de Barberousse contre l'Église, l'empereur Manuel Comnène (1143-1180) noua des relations avec Alexandre III, dans l'intention de devenir en même temps empereur d'Occident. Le pape, bien qu'il fût en butte à de violentes persécutions, ne put ni ne voulut consentir à cette proposition. Il ne rompit cependant pas les négociations, mais continua d'insister sur la nécessité de l'union. L'acceptation de la primauté du pape et du droit d'appel à Rome en étaient les premières conditions. Le patriarche Michel III demeura ferme dans son obstination et lança au pape le nom injurieux d'hérétique.
Après la fondation de Y empire latin (1204), l'empereur grec et le patriarche s'établirent à Nicée. Pendant que la haine contre les intrus d'Occident allait sans cesse grandissant à Constantinople, l'empereur, à Nicée, tâchait, par suite de vues politiques, de gagner Rome en sa faveur^. Ce fut probablement à l'instigation de l'empereur que le Patriarche Germain écrivit à Rome au sujet de l'union. Grégoire IX leur envoya quatre légats, pris dans les deux ordres de saint Dominique et de saint François; ils n'obtinrent rien, les avantages politiques étant le principal mobile des Grecs K Les mêmes intentions guidaient Michel Paléologue, qui, après la conquête de Constantinople (1261), tâcha de s'attacher à Rome, chaque fois qu'il était menacé par
1. Mansi, XXI, 648. — p. L., CLXXXYIII, 1580 S. — 2. P. G., CXL, 293- 298. — S. VALHÉ, c. 1382 S. — 3. Mansi, XXIII, 47 ss., 55 s. ; les négociations, XXIII, 279-319. — S. VailHÉ C. 1388.
une croisade. L'union se fit au concile général de Lyon J274). Mais le nouveau patriarche Jean XI eut à soutenir contre les schismatiques une lutte désespérée, dans laquelle le pape Jean XXI l'encouragea et le fortifia. Paléologue, très favorable d'abord à l'union, se prit à faiblir le jour où la politique occidentale ne le contenta plus. Nicolas III s'en défia et Martin IV prononça en 1281 contre lui l'excommunication. Déjà il songeait à renouveler le schisme, quand, en 1281, la mort vint le frapper \ Son fils Andronique révoqua aussitôt l'union ; Joseph, ancien patriarche schismatique, vint remplacer Jean XI, qui demeurait fidèle à Rome. Ce dernier s'était opposé, de toutes ses forces, pendant huit ans, à chaque noavelle tentative pour introduire le schisme. Il passa quatorze ans en exil et mourut en 1298^.
2^ Depuis l'année 596, l'Arménie s'était détachée de Rome et vivait dans l'hérésie monophysite ^. On avait fait beaucoup d'efforts pour ramener le pays à l'unité. Mais les tentatives de Rome, aussi bien que celles de Constantiûople, échouèrent. Vers 1080, Grégoire VII envoya au catholicos arménien une lettre dans laquelle il l'exhortait à supprimer les coutumes hérétiques^; ce fut en vain. Les croisades opérèrent un plus grand rapprochement. Sur ces entrefaites, les schismatiques grecs se mirent également à travailler derechef les Arméniens, surtout Manuel Comnène; mais celui-ci mourut pendant les négociations (1180). Plus heureux que les Grecs, le pape Célestin III réimit à l'Église romaine une grande partie des Arméniens (1198). Innocent III gagna en 1203 toute l'Arménie à Rome^. Les querelles qui suivirent entre ce pays et le duc de Tripoli, favorisé par Innocent, amenèrent une opposition contre le légat du pape. L'Arménie tomba sous l'interdit; l'union cepen-
1. Raynald, Annal., ad an. 1876 ss. — S. Vailhé, c. 1396. — Mansï, XXIV, 183 8s. — 2. y. les ouvrages de Jean, P. G., CXLï. — 3. Voir § «4, 4. — L. Petit, art. Arménie (HisL relig.), dans ie DicU de Théol, cailu — 4- iî«f- 0istr., lib. vni, 1.— JAFFÉ, Reg, 5171, M73. — 6. Potthast, lUg., 871, 87Î, 008, 920, 1689, 1690, 2374, 2430.