‹ Manuel d'histoire ecclésiastique;Chapitre 152 sur 205 · LES CHANOINES RÉGULIERS · texte numérisé non relu

LES CHANOINES RÉGULIERS

g 108. — Les Chanoines réguliers ^

1^ La règle de Chrodegang de Metz laissait aux chanoines qui suivaient la vie canoniale, non seulement la possession, mais aussi Padministration de leurs biens. A la longue, comme Texpérience Ta d'ailleurs démontré, cette pratique était incompatible avec la vie commune. Aussi les conciles romains de 1059 et 1063 insistèrent auprès des chapitres pour que les biens fussent possédés en commun. Leurs désirs furent écoutés. Des deux traités de saint Augustin, Sermones de moribus clericorum (355 et 356) et Epistola 211 (al. 109) ad sororum ^ on tira une règle qui porte le nom de règle de saint Augustin. Un grand nombre de chapitres suivirent au XII® siècle cette règle, à laquelle ils ajoutaient les trois vœux solennels ordinaires. Au début chaque chapitre fut indépendant, mais bientôt se formèrent différentes congrégations, qui ont produit beaucoup de bien dans TÉ- ^ise de Dieu^.

Quelques-unes méritent d'être mentionnées ici : la

1. Voir les ouvrages d'easemble cités plus haut, Heimbccher, Heltot, Henrion, etc. — Martere, Consuetudines canonic. reg. sec, reg, S. Augustini; De antiq, EccL ritibus, t. III, 306-3ao. — Annales Praemonstrat,, «vol., Nancy, 1734-1736. — Uiraeüs, Chron. ord. Praeinonstr,^ Colon., 1613. — 0. Maoelaine, HisL de S. Norbert, Lille, 1887. — Zak, Der H, Norbert, Herrvon Gennep, Stifter desPrâmonstratenserordent, Vienne, 1900. — Hegula et œnstitutiones F. ordinis eanonici S. crucis. Gestel S. Hichaelis, 1868. — GoDErRiDDs a Lit, Explanatio Constitutionum ordinis fratrum Cruciferorum, Soi., I<î3i. — Hermams, Annales canonicorum reg. S. Augustint ordinis S, CruciSj 3 vol., Silvae Ducis, 1858 — H. Russel, Chronicon ordinis S, Crucis, Col., 1635.— Verduc, Vie du Père Théodore de Celles, Périgieux, 1632. — 2. P. L., XXXIII, 960-965. — S. Augustin écrivit cette lettre comme ligne de conduite générale pour le monastère de femmes que dirigeait sa propre sœur. L'adaptation à un monastère d'hommes se fait très facilement; elle fût opérée de bonne heure, puisqu'on la trouve dans la Régula ad servos Dei que S. Benoit d'Aniane (8âl) a publiée dans son Codex regularum, P, L., XXXII, 1377-1354. — Cf. D. Besse, art. Augustin {Règle de Saint) dans le Dict, de Théol. cath, — 3. Aua. Miraeüs, Origines canonic, reg. ordinis S. Augustini, Col., 1615 ; — Codex regularum et constitutionum clericorum ord. S. Aug., Anvers, 1638.

congrégation de la Mère de Dieu à Ravenne (1117); les chanoines de Latran (seconde moitié du xi*" siècle) ; la congrégation de Saint-Rufus (1039); les chanoines du Saint-Sépulcre à Jérusalem (1114); la congrégation de Saint-Maurice dans le canton du Valais (xii® siècle) ; la congrégation de Marbach près de Colmar (1090); la congrégation des Antonîtes (1298) ; la congrégation de Saint-Victor à Paris (commencement du xii® siècle) ; la congrégation de Sainte-Croix à Coïmbre (1132); les Gilbertins en Angleterre, fondés par saint Gilbert (f 1189), qui avaient des monastères doubles (1146); les Frères du Saint-Esprit à Montpellier (xii® siècle) ; la congrégation de Sainte-Geneviève à Paris (seconde moitié du XI® siècle) ; plusieurs sortes de Croisiers en Italie, en Bohême, en Pologne, en Espagne et en Portugal, qui parurent tous au temps des croisades. •

2« Mais le plus important des instituts de chanoines réguliers fut celui des Prémontrés ^ , fondés par saint Norbert. Issu de la noble lignée de Gennep à Xanten (Rhin inférieur) (1080-1082), il devint chapelain de Tempereur Henri V et chanoine de Cologne. Jeté par la foudre à bas de son cheval, au cours d'un voyage en Westphalie, il dit adieu au monde et se fit ordonner prêtre (1114). Il parcourut difTérents pays en prêchant la pénitence, et en 1120 il établit à Prémontré (Praemonstratum), près de Laon, un monastère de chanoines réguliers; Il lui donna la règle de saint Augustin avec un costume de couleur blanche. Le nouvel institut devait joindre la vie active à la vie contemplative, et s'appliquer à la prédication, au soin des âmes et à la cultm^e des sciences. Il fut approuvé en 1126 par Honorius IP. Lorsque Norbert fut élevé la même année sur le siège de Magdebourg, il vit son ordre se répandre rapidement en Allemagne. Les Pays- Bas, FAngleterre, PEcosse, le Danemark, la Suède et

1. RicHOu, Essai sur la vie claustrale et l'administration intérieure dans l'ordre de Vabbaye de Prémontré, au XIP et au XIII" siècle (Ecole des Ch.y 1875). — 2. Potthast, Reg., n. 5232.

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