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LES SACREMENTS, LA VIE RELIGIEUSE ET MORALE

S 112. — Les sacrements ^

1^ Au début de cette période, le mot Sacrement il'avait pas encore la signification exclusive qu'il reçut plus tard ; c'est ainsi que Hugues de Saint- Victor appelait sacrement la réception de Teau bénite ou des cendres bénites et assimilait la consécration d'une église au sacrement de Tordre 2. Godefroy de Vendôme, dans rénumération des sacrements, citait le baptême, la confirmation, Textrême-onction et la sainte Eucharistie^. Sigebert de Gembloux [j- 1112) n'en comptait que trois *^ tandis que le concile de Londres (1237) nommait les sept sacrements, les principaux ^. Cependant rhabitude d'employer le mot Sacrement dans le sens actuel s'étendit de plus en plus, surtout depuis la lutte contre les Cathares. Otton de Bamberg, le premier,

1. SciiANz, Die Lehre von den Saeratnenten der Katholischen Kirche, Frib.-en-Br., 1893. — P. Pourrat, La Théolog. sacramentaire. Étude de théologie positive, Paris, 1907. — Th^ujiofer, Handbuch der Kath, Liturgik, 2 voL, Frib.-en-Br.,1883-t894. —Franz, Die Messe im deutschen Mittelalter, Frib.en-Br., 1904. — EvjiEn, Quellenund Forschungenzur Gesch, undKunstgesch, des Missale Romanum im Mittelalter^Frib.'en-Br., 1896. —P. A. Kirsch, Zur Gesch. der Kathol. Beichte, Wûrtzbourg, 190î. — Kcrz, Die Kathol. Lehre vom Ablass vor und nach dem Auftreten Luthers, Paderborn, 1900. — Lépicier, Les indulgences. Leur origine, leur nature, leur développement, 2 vol., Paris, 1903. — Freisen, Gesch, des kanönischen Eherechtes, Tùb.,1888. — 2. Lib. I, De sacram, fld,, pars 9, cap. 7 ; lib. II, pars 3-4. -- 3. P. L., CLVII, 226. — 4. Pertz, YIII, p. 362 SS. — Ö. Hefele, V, 1056.

(1124), énuméra les sept sacrements Tun après Fautre'. Il fut suivi de près par Pierre Lombard (1150 environ) 2, Alain de Lille ^ et les célèbres Constitutions Synodales d'Odon de Paris (1197 environ)*.

2^» Quoique le Baptême fût encore généralement administré par triple immersion, cependant depuis le XII® siècle on suivit plutôt Tusage de faire trois aspersions ^. On se plaignait aussi du retard apporté aux baptêmes pour différentes causes, surtout les grands frais à faire pour le parrain et la marraine *, Le catéchuménat subsistait, mais devint plus court. Dans le XII® siècle, il règne encore une certaine incertitude et inexactitude pour la formule du baptême, qui pourtant fut admise d'une manière générale au xiii® siècle. Trois fois chaque année, le peuple devait être instruit sur la manière d'administrer ce sacrement"^. La Confirmation était administrée comme de nos jours. En Occident, on ne confirmait pas de suite après le baptême. Quelques synodes voulaient qu'on reçût ce sacrement à jeun, aussi put-on se plaindre de le voir négligé. Après saint Thomas, il fut statué que le Pape pouvait déléguer un prêtre pour administrer la Confirmation*.

S'^ Après saint Grégoire VII, on célébrait en général, en Occident, la sainte Messe selon la Liturgie Romaine ^. Excepté dans les cathédrales, les abbayes et les monastères, on ne récitait les Heures Canoniales avant la messe, qu'aux jours de grandes fêtes. Les oblatiens consistaient surtout en cire et en argent. Au XI® siècle, après l'hérésie de Bérenger, l'usage s'introduisit d'élever la sainte hostie après la consécration pour la faire adorer par les assistants ; et le signal fut donné avec la clochette. L'élévation du calice, commencée à

1. Herbordi vita, lib. H, c. 18. — Pertz, XX, p. 733. — 2. Lib. iV Sentent,, d. 2-3. — 3. P. L., CCX, 679. — 4. MA35SI, XXII, 673. — 5. Le concile de Ravenne (43tl) dit : Sub trina aspersione vel immerstone. Can. XI. — Hefele, VI, 4Ö5. — 6. Hefele, VI, 83«. — 7. Hefele, VI, M». ~ 8, Sum. theol.^ lli, q. 72, a. H. — 9. Comme écrivains liturgiques excellent Rapert de Deutz, Yves de Chartres, Jean Beloth, Innocent III, Guillaume Durand.

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